Air Sénégal, 23 mois après une naissance prématurée, l’oiseau est toujours en cage

Tous les experts sénégalais, notamment ceux en transport aérien international, basés au Sénégal et dans la diaspora, sont conscients que l’émergence du Sénégal repose sur une croissance forte, durable, et inclusive.

Le Plan Sénégal émergent peut mener à cette émergence tant désirée. Au moment annoncé de la création d’une nouvelle compagnie aérienne, il y a 23 mois, nous avons alerté et souhaité que les erreurs (mauvaises personnes aux bonnes places, clientélisme, mauvaise gestion financière, technicien et commerciale) et les échecs cumulés par Air Sénégal international et Sénégal airlines édifient sur les choix à opérer quant à la flotte, aux montages financiers et au recrutement des personnels. Eviter donc toutes les erreurs passées avec mesure et davantage de discernement pour doter notre compagnie et nos aéroports d’une expertise nationale, patriotique, disponible ici et ailleurs.

Le hub ouest africain que l’on souhaite faire jouer à l’Aibd, parallèlement à l’existence d’une compagnie d’envergure internationale élevée, un pavillon fort qui, dès sa première année d’activités, dessert l’Europe, l’Amérique et toutes les grandes capitales africaines, ne se fera qu’avec beaucoup d’intelligence et un prix élevé.

Une fierté et un patriotisme réaffirmés devraient animer tous les acteurs, tous les personnels et usagers nationaux de nos outils de développement national. Comme certains pays d’Europe, d’Asie ou d’Amérique, le Sénégal peut contourner les réglementations internationales «contraires» à son émergence et «subventionner» sans état d’âme son pavillon national grâce à un fort appui économique.

Quelques barils de pétrole ou mètres cubes de gaz peuvent être troqués sur les marchés hypothécaires en contrepartie d’une importante flotte aérienne toute neuve pour relever résolument les défis d’exploitation d’une compagnie aérienne nationale moderne.

Le Sénégal n’a de portefeuille aérien que ses droits de trafic ; immense richesse qu’il faut partager souverainement grâce à d’excellents accords commerciaux à nouer intelligemment avec tous les transporteurs aériens qui le souhaitent. Nous avons nos parts de marchés à prendre ou à récupérer en fonction de ces droits réels. Contrairement à ce que l’on veut faire croire au Peuple sénégalais, le Sénégal a une pléthore d’experts dans les domaines aéronautique et aérien.

En ma modeste qualité de cadre dirigeant, ayant capitalisé 25 années d’expériences commerciales dans l’ex-compagnie multinationale Air Afrique, de Consultant prestataire de services intellectuelles dans les domaines du transport aérien, des voyages, du tourisme et de la formation, d’Auditeur d’opérations techniques, financières et comptables d’unités de missions et voyages d’institutions internationales, je ne dois pas me taire et tout au moins, je me dois d’apporter une contribution et exprimer mes profondes préoccupations, au regard de la situation actuelle qui prévaut à Air Sénégal Sa.

A mon avis, nos décideurs politiques se sont trompés, de bonne foi, en mettant au top management d’Air Sénégal Sa une équipe que seul le salaire faramineux d’agent expatrié intéresse. Le cours actuel des opérations techniques et commerciales montre et démontre une faillite avant la lettre d’Air Sénégal Sa.

Les liquidations de nos deux précédentes compagnies l’ont été sous la direction générale de personnels inexpérimentés, incompétents et peu soucieux du développement de l’industrie aéronautique au Sénégal, notamment du transport aérien. L’échec est prévisible et la création d’une 4ème compagnie aérienne envisageable. Il ne faudrait surtout pas en arriver-là. Je recommande à l’Etat du Sénégal d’écouter ses braves fils, patriotes experts avérés du transport aérien international. Rectifier le tir n’est pas tard ; demain le sera si l’on n’y prend garde maintenant.

Il faut à Air Sénégal Sa un haut cadre sénégalais, à l’image d’un Président directeur général comme feu Cheikh Fall, leader charismatique, compétent, fort et indépendant, avec des connaissances et des compétences dans le domaine, un Pdg et des managers sénégalais, véritables patriotes : – qui ont à cœur de mener à bien toutes les diligences opérationnelles, marketing et ventes nécessaires et suffisantes pour ouvrir les représentations commerciales ou délégations régionales, en fonction des plans de vol et leurs programmations linéaires ; – qui comprennent le transport aérien et la réalité concurrentielle à laquelle Air Sénégal sera confrontée ; – qui croient et savent que le capital humain est primordial pour construire une vision cohérente et un plan d’avenir, mais aussi savent comment diriger et travailler avec les différentes catégories d’employés.

J’en appelle à la responsabilité patriotique du patronat sénégalais, de nos Honorables députés à l’Assemblée nationale, de nos membres du Conseil économique, social et environnemental, du gouvernement, notamment de messieurs les ministres du Transport aérien, du Plan et des Finances, du Premier ministre et de son Excellence Macky Sall, président de la République du Sénégal, pour qu’enfin, à l’image de l’aéroport international Blaise Diagne, la Nation sénégalaise soit dotée d’une très grande compagnie aérienne forte, pérenne, viable et enviable. C’est un choix, c’est possible, c’est faisable.

 


Meissa Ndiack SECK 

Consultant Formateur certifié Amadeus, Expert commercial en Transport aérien
meissa.ndiack@yahoo.com