ETUDE : En six ans, les selfies tuent plus que les requins

En mai dernier, le Festival de Cannes interdisait formellement les selfies sur les célèbres marches rouges. « Je trouve ça irrespectueux (…) et c’est moche neuf fois sur dix », justifiait son président Pierre Lescure. Et cela peut même vous tuer, aurait-il pu rajouter.

Telle est la conclusion d’une étude (lien en anglais) menée par une revue indienne, le Journal of Family Medicine and Primary Care parue dans leur numéro cet été : elle révèle qu’entre octobre 2011 et novembre 2017, 259 personnes sont mortes en faisant un selfie. Le selfie est donc plus dangereux que le requin, qui tue en moyenne six personnes par an.

Pour tenter de quantifier ce phénomène récent, les chercheurs ont analysé les données de la presse du monde entier en cherchant des mots-clés comme « mort par selfie »« accident de selfie », ou encore « mort et mobile », éclaire Slate. Une compilation des données forcément imparfaite et en-dessous de la réalité, selon les scientifiques. En effet, les selfies n’apparaissent jamais comme cause du décès dans les bases de données officielles. L’étude a tout de même réussi à compiler des chiffres. On constate une explosion des morts par selfie depuis 2016 : alors que seuls trois morts liées à un selfie sont répertoriées en 2011, elles bondissent à 50 en 2015, pour atteindre un pic de 98 en 2016. L’année dernière, 93 cas de selfies mortels ont été recensés..

En mai dernier, le Festival de Cannes interdisait formellement les selfies sur les célèbres marches rouges. « Je trouve ça irrespectueux (…) et c’est moche neuf fois sur dix », justifiait son président Pierre Lescure. Et cela peut même vous tuer, aurait-il pu rajouter. Telle est la conclusion d’une étude (lien en anglais) menée par une revue indienne, le Journal of Family Medicine and Primary Care parue dans leur numéro cet été : elle révèle qu’entre octobre 2011 et novembre 2017, 259 personnes sont mortes en faisant un selfie. Le selfie est donc plus dangereux que le requin, qui tue en moyenne six personnes par an.

Pour tenter de quantifier ce phénomène récent, les chercheurs ont analysé les données de la presse du monde entier en cherchant des mots-clés comme « mort par selfie »« accident de selfie », ou encore « mort et mobile », éclaire Slate. Une compilation des données forcément imparfaite et en-dessous de la réalité, selon les scientifiques. En effet, les selfies n’apparaissent jamais comme cause du décès dans les bases de données officielles. L’étude a tout de même réussi à compiler des chiffres. On constate une explosion des morts par selfie depuis 2016 : alors que seuls trois morts liées à un selfie sont répertoriées en 2011, elles bondissent à 50 en 2015, pour atteindre un pic de 98 en 2016. L’année dernière, 93 cas de selfies mortels ont été recensés..

Les jeunes et l’Inde sont les plus touchés

Sans surprise, les moins de 30 ans sont les plus touchés par ce phénomène. L’âge moyen d’une victime est de 22,94 ans. Rien d’étonnant : les personnes de cette tranche sont les plus adeptes de ce genre de photos, donc les plus exposées aux risques.

L’étude des chercheurs révèle surtout une concentration des morts par selfie en Inde. Sur les 259 cas recencés dans l’étude depuis 2011, plus de la moitié ont ainsi eu lieu dans ce pays, ce qui confirme les résultats d’une étude américaine datant de 2016. La raison ? Tout d’abord, parce le pays a une population majoritairement jeune. En 2012, selon l’ONU (lien en anglais), l’Inde comptait 704 millions d’habitants de moins de 30 ans. Mais les chercheurs indiens mettent également en avant le phénomène de groupe expliquant « que les selfies de groupe sont plus à la mode en Inde que dans les autres pays ». Cette mode entraîne une hausse du nombre de victimes par accident mortel lié à un selfie : en moyenne, en Inde, il y en a deux, contre une seule dans les autres pays.

Pour pallier cette hausse inquiétante, l’étude requiert l’instauration de « no selfies zone » (zones sans selfies), comme c’est déjà le cas à Bombay par exemple, selon le Guardian (en anglais). « Les selfies en eux-mêmes ne sont pas dangereux, mais le comportement humain qui accompagne les selfies l’est. , face à certains comportements à risques et endroits risqués où sont pris des selfies », conclut l’étude. Pensez-y la prochaine fois que vous escaladerez un muret pour vous prendre en photo devant le coucher de soleil.