FRANCE : Cette vidéo montrant un abattoir d’animaux à Boischaut dans l’Indre a choqué le monde

Un nouvel abattoir dans le collimateur de L214. L’association de défense animale, qui a dénoncé les conditions d’abattage des animaux dans plusieurs abattoirs français, a publié ce vendredi soir une nouvelle vidéo. Sa cible cette fois : l’abattoir de Boischaut dans l’Indre.

Les images, que L214 affirme avoir tournées fin août/début septembre, sont insoutenables. Elles montrent des bovins qui s’effondrent dans le sang et les excréments d’animaux abattus avant eux mais aussi des animaux qui commencent à être découpés avant même d’être morts ou encore un chevreuil, encore vivant, à qui on transperce une patte pour le suspendre. Les images sont commentées par la chanteuse du groupe Shaka Ponk.

L214 dénonce par ailleurs des manquements aux « règles élémentaires en matière d’hygiène » dans cet abattoir communal, habilité à abattre des animaux de la filière bio, situé près de Châteauroux. C’est le cas d’un employé, habillé d’un simple t-shirt, sans gants, qui pose notamment un couteau ensanglanté à même le sol entre deux saignées.

Un abattoir déjà épinglé en 2016

L’établissement avait déjà fait l’objet d’une inspection des services vétérinaires en 2016 qui avaient alors relevé des manques à la réglementation en vigueur. Rien ne semble vraiment avoir changé deux ans après. « Le rapport accablant des services vétérinaires avait déjà identifié des non-conformités majeures qu’on retrouve dans cette nouvelle enquête en 2018 », explique Sébastien Arsac, le porte-parole de L214, au Figaro. L214 va porter plainte auprès du Procureur de la République. Elle demande à Super U et Carrefour qui commercialisent des viandes abattues dans l’établissement de cesser immédiatement de s’y approvisionner et à la préfecture de l’Indre de fermer l’abattoir.

L214 s’est fait une spécialité de dénoncer depuis quelques années les conditions d’abattage des animaux. Dans notre région, elle a notamment épinglé un élevage à Mayran dans l’Aveyron en octobre ou un élevage de porcs de Peyrole dans le Tarn en avril dernier. L’un des premiers abattoirs que l’association avait dénoncé à Mauléon au pays basque a vu son ancien directeur condamné lundi à 6 mois de prison avec sursis.

La vidéo montre « des animaux, déjà suspendus par une patte, [qui] sont saignés alors qu’ils sont pleinement sensibles et conscients : aucun contrôle de sensibilité n’est effectué après l’utilisation du matador (pistolet à tige perforante) censé étourdir les animaux.

Des bovins commencent à être découpés alors qu’ils sont encore vivants », décrit un communiqué de l’association. « Un chevreau ayant essayé de s’enfuir à plusieurs reprises est projeté au-dessus des autres avant d’être saigné, encore conscient, faute ‘d’étourdissement’ efficace. Un employé transperce la patte d’un autre chevreau pour le suspendre avant même de le tuer. »