FRANCE : La poignante vidéo d’un enfant de 7 ans harcelé à l’école : «J’ai envie de rejoindre le Bon Dieu et de mourrir»

TEMOIGNAGE Le petit garçon raconte être frappé chaque jour par un autre élève, qui s’en prend également à son frère…

POLEMIQUES – Alors que la journée nationale contre le harcèlement scolaire a lieu ce jeudi, la vidéo d’un petit garçon de 7 ans postée sur les réseaux sociaux a été très largement partagée et provoqué une vive émotion.

Dans celle-ci, l’enfant dit vouloir « rejoindre le Bon Dieu pour toujours » et se dit harcelé. Mais, si l’enfant semble réellement souffrir d’un mal être, selon une source judiciaire contactée par LCI, cette affaire s’oriente vers un classement sans suite.

C’est une vidéo déchirante mais aussi une vidéo qui pose de nombreuses questions sur les conditions de sa réalisation. Visionnée des centaines de milliers de fois en à peine 24 heures, elle livre le court témoignage d’un petit garçon de 7 ans se disant victime de harcèlement scolaire. Une plainte a été déposée par les parents de la victime présumée. Mais, contacté par LCI, une source judiciaire affirme que « en l’état du dossier », l’affaire s’oriente vers un classement sans suite.

« J’ai 7 ans. Depuis l’année dernière, j’ai un petit garçon qui me tape tout le temps. Et aujourd’hui, c’est mon petit frère qu’il tape. J’ai dit à ma maman que j’ai envie de rejoindre le Bon Dieu et de mourir. J’en ai marre de ce petit garçon, il n’arrête pas de me taper tous les jours. Je veux rejoindre le Bon Dieu pour toujours. »

Qui a posté la vidéo ?

Une vidéo choc dans laquelle le petit garçon, qui indique également l’établissement qu’il fréquente, donne le nom de l’autre élève qui le maltraiterait depuis plusieurs mois.

Alors, comment un enfant de 7 ans a-t-il pu poster un tel document sur internet ? Contactée par LCI, la sœur du jeune enfant se défend : elle n’est pas à l’origine de la diffusion publique de ces images au grand public. Selon ses propos, la vidéo a été faite « à la demande de l’avocat » mais diffusée uniquement sur un compte Facebook privé. Ce n’est qu’ensuite qu’une tierce personne, Manuella Alduc, a repéré le document, l’a récupéré, et posté au grand public sur Twitter.

Lycéenne à Cherbourg, en Normandie, elle aurait vu la vidéo pour la première fois sur son fil d’actualité Facebook. « Particulièrement touchée », la jeune femme de 17 ans aurait alors décidé d’enregistrer la vidéo pour la partager sur son propre compte. « Le harcèlement, c’est quelque chose que je n’accepte pas et que je ne comprendrai jamais ». Attachée à ce combat qui lui « tient à cœur » elle ne s’attendait cependant pas à la mobilisation qui a suivi la diffusion des images sur les réseaux sociaux. « Je peux comprendre que certaines personnes auraient voulu que le visage de l’enfant soit flouté, mais je ne l’ai pas fait car je ne pensais pas que la vidéo allait tourner à ce point », se justifie-t-elle ainsi. Un geste qu’elle ne regrette cependant pas. « Les parents me remercie d’avoir fait ça ».

Une plainte déposée, des questions demeurent

Selon les informations du parquet de Laon, une plainte a été déposée le 13 octobre. Une semaine après, le mineur et plaignant et son frère ont été entendus. Et ce 8 novembre, ce sont l’enfant mis en cause et ses parents qui ont été entendus. Si, pour le moment, le dossier n’est pas complet et des auditions doivent encore avoir lieu, une source judiciaire proche de l’enquête, interrogée par LCI, estime déjà que ce dossier sera classé sans suite. Elle nous confie que la vidéo « démontre un réel mal être » mais « les investigations qui ont été faites, en l’état, montrent que le ressenti du mineur ne correspond pas à la réalité des faits. »

Ainsi, lorsque l’enfant évoque des violences dans la cour de récrée il s’agit, selon le personnel éducatif entendu, de « chamailleries ». Et de prendre un exemple d’une partie de foot que le garçon de 7 ans a vécu comme une agression mais qui était en réalité un tacle lors d’une partie de football. Un fait a cependant pu être avéré : une boule de neige cachée dans le cartable en début d’année. « Une blague que peut faire un enfant à sept ans » explique ainsi une source judiciaire. Mais pour laquelle le personnel de l’établissement avait toutefois fait signer à l’auteur des faits un « contrat de comportement ».

Cette même source judiciaire indique également que les enfants « ne posent pas de souci » dans l’école. Et de conclure: « La direction académique a mis en place des choses dans l’école, pour apaiser la situation, pour que l’enfant ne souffre plus. Mais nous ne sommes plus sur un volet pénal. »

Du côté de l’Education nationale, le rectorat de l’académie d’Amiens affirme à LCI que les services départementaux et la Direction diocésaine de l’Aisne avaient été alertées par cette situation au moment des faits, et qu’ils l’ont suivie « dès son signalement en apportant leur soutien et conseils à l’école ». Les parents de la victime présumée et de l’auteur présumé du harcèlement ont également été reçus par la direction de l’école qui a « mis en œuvre plusieurs mesures adaptées à l’âge des enfants », selon un communiqué de l’académie.

Très touchés par cette histoire, de nombreux internautes ont réagit sur Twitter  :

:

»  à lire aussi

 

Iris Mittenaere : elle poste un message pour sa petite soeur et se fait lyncher pour une raison bien particulière !

 

Sa soeur a donc publié un post sur Twitter pour remercier toutes les personnes qui ont réagit. On peut voir une photo de Charlie qui tient une feuille avec écrit « Merci Twitter » :

Certains ont même proposé d’envoyer des lettres à Charlie :

On envoie à Charlie plein de courage et d’amour !