Le Naufrage du ferry « Nyerere » jeudi passé en Tanzanie avec 247 morts, rappelle celui du « Joola » au Sénégal évoqué la veille en conseil des Ministres

Plus de 247 personnes ont péri dans le naufrage jeudi d’un ferry dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, un bilan qui s’est alourdi avec la reprise vendredi du travail macabre des équipes de secours dont les recherches avaient été interrompues la nuit. Paradoxalement, ce naufrage rappelle celui du « Joola » dont s’apprête à fêter le 16e anniversaire du drame.

Dans toutes les têtes, la même question lancinante revenait : combien de personnes se trouvaient à bord du MV Nyerere lorsque celui-ci a chaviré non loin du débarcadère de l’île d’Ukara, sa destination finale ?

Ce naufrage rappelle curieusement celui du Joola au Sénégal il y’a 16 ans et dont on parle de la célébration en conseil des ministres la veille même du drame en Tanzanie.

En effet, lors du Conseil des ministres de ce mercredi 19 septembre 2018, le Président de la République s’est exprimé sur l’organisation du 16ème anniversaire du naufrage du navire «Le Joola».

Sur ce, il a demandé au gouvernement de prendre toutes les mesures pour sa célébration dans les meilleures conditions.

«Poursuivant sa communication autour de la commémoration, le 26 septembre 2018, du 16èmeanniversaire du naufrage du navire «Le Joola», le Chef de l’Etat demande au Gouvernement de prendre, en relation avec les familles des victimes et des rescapés, toutes les dispositions en vue d’organiser, dans les meilleures conditions, notamment à Ziguinchor, les activités et cérémonies marquant la commémoration dudit anniversaire», a dit le Président de la République.

Ce n’est pas tout, car il a rappelé au Gouvernement l’impératif de «finaliser le projet du Mémorial dédié aux victimes, de renforcer le soutien social aux pupilles de la Nation, aux rescapés et aux familles des victimes, de consolider le développement économique et social durable, ainsi que le désenclavement de la région naturelle de la Casamance».

Les mêmes causes : embarcations surchargées

Le ferry assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner. Les causes de l’accident n’étaient pas établies vendredi mais de précédentes tragédies dans cette région des Grands Lacs ont le plus souvent été imputées à des embarcations surchargées et au fait que la plupart des passagers ne savent pas nager.

De fait, plusieurs témoins interrogés par l’AFP au téléphone ont rapporté qu’à l’approche de l’île d’Ukara, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire pour se préparer à débarquer. Ce mouvement aurait déséquilibré le bateau, qui s’est alors retourné. Outre ses passagers, le MV Nyerere transportait également des marchandises lorsqu’il a chaviré. La navigation peut être difficile sur le lac et elle se fait avec des navires vétustes ou mal entretenus. Les registres des passagers sont par ailleurs lacunaires et les autorités peu regardantes sur la sécurité.

En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers d’un ferry, à quelques milles marins au large de Mwanza.

Dans la nuit du 26 Septembre 2002, le « Joola » a sombré le en provoquant la mort de plus de 2 000 personnes alors qu’il était conçu pour en transporter 550, constituant ainsi le naufrage le plus meurtrier de l’histoire en temps de paix à ce jour. Il y eut 64 survivants.

Dire que rien n’est hasard dans la vie !