Ligue des champions : Liverpool veut briser le rêve d’un triplé pour le Real Madrid

Depuis le grand Bayern des années 70, jamais une équipe n'a réussi ce que le Real Madrid est en passe de faire : remporter la Ligue des champions trois saisons de suite. Une épopée à laquelle veut mettre fin Liverpool, en finale samedi soir.

Double tenant du titre depuis que Zinedine Zidane en a pris les commandes, le Real Madrid n’a perdu aucune de ses six finales de Ligue des champions depuis en 37 ans. Voilà qui suffit à poser le défi qui attend le Liverpool de Mohamed Salah, samedi à Kiev, à l’occasion de la dernière levée de l’édition 2017-18 de la C1.

La dernière fois que le Real Madrid a perdu en finale de son épreuve fétiche, le coach de Liverpool Jürgen Klopp était adolescent, Zidane n’avait pas 9 ans, la Ligue des champions s’appelait Coupe des Clubs champions et Kiev était en Union soviétique.

Depuis 1981, et la victoire de… Liverpool au Parc des Princes, les Madrilènes restent sur six succès pour autant de finales. Le Real n’a perdu que trois fois en quinze finales de l’épreuve reine de clubs, et il devance de très loin la concurrence au nombre de victoires (12 soit autant que ses deux premiers poursuivants réunis, le Milan AC et Barcelone).

Surtout, le Real Madrid est en lice pour un rarissime troisième titre de suite, performance qui n’a plus été réussie en Europe depuis 1976 avec le Bayern Munich. Enfin, il s’agirait du cinquième sacre continental pour la star du club Cristiano Ronaldo, et du troisième en trois saisons comme entraîneur pour ‘Zizou’. Ce qui serait une première pour un coach.

Liverpool, pas un novice

Le curriculum vitae en impose forcément. « S’il y avait un marché de l’expérience, ils devraient vendre maintenant et seraient encore plus riches qu’ils ne le sont déjà », a d’ailleurs salué Jürgen Klopp en début de semaine, devant la presse. Mais le charismatique allemand, apôtre du football « hard metal » fait de pressing à la gorge et de contres foudroyants, a posé les termes du débat : au Real le vécu, à Liverpool la passion.

« C’est un avantage d’être plus expérimenté, mais on peut rivaliser avec le désir, la disponibilité, l’attitude, le travail », a-t-il clamé.

Après tout, Liverpool aussi dispose d’une solide expérience : cinq Ligues des champions remportées au compteur, dont la dernière en 2005, au terme d’une finale folle et après avoir remonté trois buts en une mi-temps contre le grand Milan AC (3-3, 3 t.a.b. à 2).

Un duel Salah – Ronaldo ?

Sa défense est parfois laborieuse ? Celle du Real n’est pas non plus un coffre-fort. Madrid peut s’appuyer sur Ronaldo, qui pèse déjà 15 buts dans cette édition de Ligue des champions ? Liverpool dispose d’un trio offensif de feu, emmené par l’Égyptien Mohamed Salah, transformé au fil d’une magnifique saison en candidat potentiel au Ballon d’Or. Dans son ombre, le Brésilien Roberto Firmino et le Sénégalais Sadio Mané réalisent eux aussi la plus belle saison de leur carrière respective.

L’entraîneur du Real, Zinédine Zidane, est adulé en Espagne malgré la saison ratée en Liga ? Klopp est déjà une idole à Liverpool, où sa science des bons mots, son aura et ses résultats font l’unanimité.

Les Reds auront peut-être même un avantage : la présence souvent massive de fans de l’équipe lors des finales. Samedi, plus de 16 000 supporters des Reds sont attendus au stade olympique de Kiev, même si l’avant-match a été parasité par les plaintes quant aux prix des hébergements dans la capitale ukrainienne.

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« Pour ceux qui vont à Kiev, j’espère que ça vaut chaque penny et tous les efforts que ça vous a coûté », a écrit sur Twitter le responsable des relations avec les supporters à Liverpool, Tony Barrett. « Pour ceux qui ne peuvent pas – et c’est le cas de beaucoup trop d’entre vous – je suis désolé de ne pas pouvoir vous aider », a-t-il ajouté.

Un dernier coup de rein avant le Mondial

Klopp et son équipe espèrent sans doute offrir à ces supporters restés sur le carreau le réconfort d’une victoire finale. Il faudra pour cela surmonter l’attente énorme et la pression autour de l’un des matches de l’année, à moins d’un mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde, à laquelle de nombreux joueurs sur la pelouse samedi entendent bien participer.

« Le battage autour de ce match est incroyable mais c’est extrêmement frustrant », a averti mardi auprès de l’AFP Terry McDermott, vainqueur du Real avec les Reds en 1981. « Les joueurs vont le découvrir, c’est la semaine la plus longue de votre vie ! » À l’époque, cela n’avait pas empêché Liverpool de battre les Madrilènes.

Mais ces derniers « n’étaient pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui », avertit quand même l’ancien avant-centre anglais. « On avait déjà joué quelques finales et on avait confiance, c’est eux qui étaient inexpérimentés ». Depuis, le Real a bien rattrapé son retard en la matière et il faudra que Liverpool fasse le meilleur match de sa saison pour espérer enrayer le rouleau compresseur merengue.