Macky Sall, facteur de violences

Les procédés, menés au pas de charge sous nos yeux, visant à se substituer au peuple souverain en éliminant des adversaires politiques par le truchement de la «loi» ont fait le lit de graves troubles de toutes sortes dans beaucoup de pays africains. Ils ont été des points de départ à l’institutionnalisation de structures et pratiques de violences durables qui ont grandement affaibli des Etats, déstructuré leurs tissus sociaux, compromis leurs perspectives d’émergence et de développement. 

L’instrumentalisation d’une colonne du pouvoir judiciaire par le président Macky Sall pour mettre hors circuit des candidats déclarés à une élection présidentielle à venir est trop grotesque pour relever du libre fonctionnement d’une institution capitale à la stabilité du Sénégal. Le caractère flagrant du détournement politique planifié et orchestré de services qui devaient être publics et impersonnels interpelle ici et maintenant en regard du potentiel de violence susceptible d’exploser d’une manière ou d’une autre, au grand dam de tous. S’il est avéré que la violence institutionnelle d’Etat en cours est illégitime, jusqu’où ceux qui en pâtissent au nom des ambitions d’une classe politicienne régnante accepteront-ils de ne pas franchir le Rubicon qui écarte de la paix sociale ?

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En cela, le futur chef de l’Etat sortant est en lui-même un puissant facteur de violences dont les aventures entamées depuis plus de six ans ont dérégulé le fonctionnement normal de la démocratie et de ses supports institutionnels. Son autoritarisme primesautier légalisé aux forceps apparaît comme une bombe à retardement en errance et contre laquelle il faudra se prémunir.

D’où la nécessité absolue et urgente que les voix présumées autorisées dans ce pays (confréries musulmanes, Eglise catholique, chefs traditionnels, citoyens encore intéressés par l’avenir du Sénégal et autres voix porteuses d’influence) se bougent pendant qu’il est encore temps ! Demain, peut-être, sera-t-il trop tard. A force de tirer encore et encore sur la corde qui étouffe les droits inaliénables de franges politiques tyrannisées par des lois scélérates, l’irréparable se produira.

La compétition démocratique autour de la conquête du pouvoir est inséparable de l’application intransigeante des principes de loyauté, de justice et d’équité. Si le cas contraire devait être vrai, le président de la république, ses sympathisants et les troubadours situationnistes qui l’accompagnent dans ses aventures doivent se convaincre alors qu’ils auront transformé le Sénégal en une vilaine démocrature dynastique du 21e siècle. Et il n’est pas certain qu’ils échappent au cataclysme, malgré tout !