PDS et Taxawu-Sénégal : Mêmes tares, mêmes faiblesses !

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Karim Wade va difficilement, à partir du Qatar, faire admettre sa candidature à la présidentielle, surtout si son inscription sur les listes électorales a été rejetée. Il est donc pratiquement exclu de la future présidentielle, même si ses compagnons du Parti démocratique sénégalais (Pds) ne s’avouent pas encore vaincus. Malheureusement, il n’est pas le seul à être un potentiel candidat, avec des réelles chances d’élection, à être écarté. Khalifa Sall est, lui aussi dans l’œil du cyclone.

Ce lundi, la Cour d’Appel de Dakar va rendre son verdict pour dire s’il confirme ou infirme le verdict rendu par le Tribunal correctionnel hors classe de Dakar.

S’il est condamné à 5 ans ou à plus, il devra renoncer à ses ambitions présidentielles si toutes les voies de recours sont épuisées, d’ici la fin du dépôt de candidature. Car, il lui restera, bien sûr, la voie de la Cassation.

Mais, ses partisans qui doivent se réunir demain devant la Rts en guise de protestation, ne se font guère d’illusion. La machine judiciaire est déjà mise en branle avec l’objectif clair de lui barrer la route à la présidentielle.

Les stratégies de ses avocats ne pourront pas, encore longtemps, ralentir la marche des choses. Il semble qu’ils ne sont pas les seuls à faire des calculs…

Alors, comme au Pds, il faudra, là aussi, se résoudre à adopter un Plan B. Ses partisans sont nombreux et déterminés surtout à Dakar, mais, la faiblesse de leur engagement, ce qu’il tourne autour d’un homme et non d’une structure.

Si l’idéal du candidat socialiste à la présidentielle sert de socle à leur action, il n’en demeure pas moins qu’ils ont trop misé sur un seul homme au point d’ailleurs de créer, comme au ailleurs, le culte de la personnalité.

Tout s’organise comme si, sans Khalifa Sall ou Karim Wade, c’est la fin du monde. C’est ce qu’il fallait éviter. Nos partis politiques, nos mouvements, syndicats et associations de toutes sortes souffrent de cette faiblesse : On croit à une personne, pas à un idéal.

Si le Pds fonctionnait comme un parti digne de ce nom, la personne de Karim importerait peu. Un autre aurait pu relever le défi.

Mais, s’ils continuent à s’arc-bouter autour du fils de l’ancien Président, c’est qu’ils adoptent des réflexes dénoncés supra, lesquels font que ceux qui souhaitent leur faire vraiment mal s’en prennent aux personnes ainsi idéalisées.

La preuve, Mouvement Taxawu-Sénégal n’est rien sans la personne de Khalifa Sall.

Au regard de ces douloureuses expériences, il est important, pour nos partis et mouvements politiques, d’en tirer les leçons en évitant, au maximum, le culte de la personnalité et en rendant leurs structures plus solides.

Macky Sall n’a jamais pensé en effet que c’est le Pds ou Taxawu-Sénégal qui lui pose problèmes. Il a indexé les Wade et Khalifa Sall. Parce qu’il sait que c’est là où réside la force de ces associations.

Si comme le disait le Président Obama, l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes, nos partis et mouvements politiques doivent désormais se réformer dans ce sens.

Personne n’aurait ciblé des responsables intuitu personae si ces structures fonctionnaient selon les standards normaux.

Malheureusement, en Afrique, il n’y a pas encore d’institutions fortes ni au sein de nos Etats ni au sein des associations. Tout s’organise autour d’individus. Et il suffit de s’en prendre à eux pour atteindre ses objectifs.

Assane Samb