Record : La Côte D’ivoire plus fort que le Sénégal en eurobond

La Côte d'Ivoire a fait un retour tonitruant sur les marchés internationaux, le 15 mars, en émettant un eurobond de 1,7 milliard d’euros. Cette opération représente la plus grosse émission d’euro-obligations jamais réalisée par un Etat africain, selon l’agence Bloomberg qui compile les données sur les émissions de titres de dette des 54 pays africains, depuis le début du siècle en cours.

La Côte d’Ivoire émet un eurobond en euro d’une maturité record de 29 ansLa Côte d’Ivoire a émis ce 15 mars un Eurobond en euros, scindé en deux tranches : une première d’une maturité de 11 ans allant jusqu’en 2030 pour une fourchette de taux oscillant entre 5,50 et 5,625%.

La seconde tranche, elle, d’une durée de 29 ans, soit jusqu’en 2048, est proposé avec un rendement de 6,875 – 7%. Cette tranche est présentée par la presse économique internationale comme la plus longue maturité jamais émise pour une obligation en Euro par un pays d’Afrique subsaharienne et l’une des plus « rentables » émises par un Etat au cours de ces dernières années.

Selon les premières informations, rapportées notamment par Reuters, le carnet de commandes  dépasse les 4,7 milliards d’euros, un chiffre également réparties entre les deux tranches.

Si les informations divergent sur le montant que compte mobiliser l’Etat ivoirien, l’on sait toutefois que cette année ce sont au total 1 310 milliards FCFA, soit près de 2 milliards d’euros, que le pays recherche sur les marchés financiers pour boucler son budget.

En début de mois, le Sénégal avait réalisé un Eurobond d’une maturité de 30 ans mais en dollars pour un montant de 1 milliard aux taux de 6,75%.

Les euro-obligations africaines ont le vent en poupe

La Côte d’Ivoire représente ainsi le deuxième émetteur d’obligations en euros en provenance de marchés émergents en 2018. Le plus important producteur de cacao au monde a suivi l’Egypte, le Nigeria, le Kenya et le Sénégal sur les marchés internationaux avant la réforme annoncée de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine qui devrait impacter les coûts d’emprunts.

En 2018, les Etats africains ont émis un total de 12,8 milliards de dollars en euro-obligations en 2018. Un début d’année fulgurant pour le marché de la dette en Afrique subsaharienne et qui est déjà à plus de la moitié des 18 milliards de dollars records que les différentes capitales africaines ont gérés en 2017 et dépassant le total de l’ensemble des obligations émises en 2016.

De plus en plus de pays sautent le pas

Le 7 mars, c’est le Sénégal qui est devenu le quatrième pays à attirer quelque 10 milliards dollars, pour 2,2 milliards de dollars de titres libellés en euros et en dollars. Face aux bons retours des marchés, Nairobi, Abuja et Dakar se sont enhardis en émettant des tranches de 30 ans, alors qu’ils se limitaient à des échéances de 10 ans.

Pour l’heure, l’Afrique enregistre les rendements les plus élevés. L’intérêt des s’explique par le fait que la dette africaine offre les taux les plus élevés du monde pour les euro-obligations souveraines. Le rendement de la dette du Continent s’établit en moyenne à 6% contre 5,5% pour le reste des marchés émergents en général et de seulement 4% pour les pays en développement de la région Asie-Pacifique.

L’Afrique du Sud prévoit ainsi de proposer 3 milliards de dollars de dette extérieure lors de l’exercice en cours. Le Ghana prépare de son côté une transaction de 2 milliards de dollars et l’Angola s’apprête également à une introduction de la même ampleur. La Tanzanie a par ailleurs obtenu une première cote de solvabilité de B1 auprès de Moody’s Investor Service. Un niveau supérieur à celui détenu par le Kenya et le Nigeria, ce qui pourrait pousser Dodoma a sauté le pas en préparant une première introduction d’eurobonds.