Sénégal, présidentielle de 2019 : et si c’était lui ?

A un ami féru de la politique et dont je tais le nom, je lui disais en substance: « Mec, je l’appelle ainsi, ne t’engage pas de suite ! Le ciel s’assombrit de jour en jour et n’est pas encore dégagé. L’on ne peut pas dissiper les ténèbres qui menacent notre horizon. Prends ton mal en patience. Réfléchis encore et entoure-toi de bons conseils parce que la politique sous nos cieux, c’est un garçon terrible ».

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A l’heure actuelle, le sénégalais lambda ne sait plus où donner de la voix. Les candidatures des présidentielles de 2019 font florès à tout bout de champ et les médias ahanent sur cela et à longueur de journée. A travers ce titre et en préambule, je me permets, rire sous cape, à travers une grille succincte d’analyses de dégager les atouts et faiblesses de quelques candidats susceptibles de s’y présenter. Et de définir à peu près et in fine qui sera l’heureux élu que choisira le peuple souverain. Souverain, je dis bien mais je me demande si ce dernier jouit de toute sa souveraineté. Question que l’on abordera dans un futur proche. Silence, on sirote le café et place aux analyses.

Abdoul Mbaye, le novice
Ephémère Premier ministre sous Macky Sall, le banquier Abdoul Mbaye, devenu politique quelques temps après sa déchéance, affine sa stratégie en créant d’abord un think-tank. Ce dernier est à l’image de son parti créé sur les fonts baptismaux de la politique. Est-il un sérieux candidat qui menace le président Sall? Il est un peu fort de café de l’admettre d’autant plus que l’homme n’a pas une base politique solide. Mais bon qui sait ?

Idrissa Seck, l’homme à la carapace dure
Il porte le sobriquet de ndamal Kadior. Il est l’homme à abattre du régime de Macky Sall. A chaque fois qu’il ouvre le caquet et du haut de son 1m60, le palais de l’avenue Roume est parcouru de secousses telluriques à l’image du goudougoudou (appellation du tremblement de terre haïtien). Ces temps-ci, il a pris ses quartiers dans la ville sainte de Touba. Mais l’on ne sait pas encore sa stratégie électorale mais l’homme est une bête politique féroce et ne lâche pas prise. Fin politicien aux dents acérées, il sait se montrer et maîtrise parfaitement sa communication. Un sérieux prétendant au titre. En effet, la bataille entre Idy et Macky, les fils putatifs du pater Wade, aura bel et bien lieu.

Malik Gackou, « Tioucc day ham lekam* » l’ambitieux
Malik Gackou, puisque c’est de lui qu’il s’agit, rêve de remplacer Macky Sall au palais et il l’a dit récemment. L’homme politique, ayant fait ses humanités en Pologne, pense qu’il est capable de supplanter le locataire du palais de la République. Lui se dit que si Macky Sall est président, il est capable de l’être et se voit déjà loin dans la course. Il est nourri au biberon de l’ambition mais est-il capable de drainer des foules ? Lui qui a laissé le boulevard à Aliou Sall, le frère de l’actuel président qui s’est emparé de la banlieue dakaroise. Mais Gackou, sait-il cet adage wolof, « Tioucc day ham lekkam » ? L’on dit que ses ambitions le perdront. Demandez à son mentor Niasse qui l’avait traité de tous les noms d’oiseaux.

Macky Sall, le trop plein de confiance
L’homme sur qui tous les regards des sénégalais sont braqués est le président Macky Sall himself. En effet, ses partisans et sa cour royale s’enorgueillissent de son fameux bilan aux couleurs du Plan Sénégal Emergent(Pse) créé sur les cendres encore fumantes de l’ancien régime. En effet, il est en train de finir les travaux entamés par Abdoulaye Wade : Diamniadio la ville du futur, le Train express régional(Ter) reliant Dakar au nouvel aéroport Blaise Diagne de Diass, la Cmu, la modernisation des villes saintes, le Pudc, le Puma et tutti quanti. Il pense que 2019 sera une promenade de santé. Mais depuis quelque temps, conscient du danger qui le guette, il remobilise ses troupes en vue des échéances et sait que son parti l’Apr est une vraie pétaudière où règne une indiscipline notoire. En effet, Macky jouit d’une certaine popularité même si son règne en cours est entaché de procès politiques et d’une mauvaise communication de son entourage. Son principal adversaire actuel est Idrissa Seck qu’il connaît bien et surtout une bonne partie du peuple qui ne le supporte plus. En effet, il rêve d’une belle victoire auréolée de gloire au 1er tour mais il oublie que le Sénégal n’est pas le pays de Poutine. Comprenne qui pourra !

Serigne Mansour Sy Djamil, le marabout-politicien qui veut exister
Lui c’est l’intellectuel doublé d’un bon politicien, le monsieur ccompeul ou toubbeul de la politique, rire. Il a récemment et indirectement croisé le fer avec Macky Sall lors d’un gamou à Louga. En effet, il cherche coûte que coûte à exister et il a raison. Parce qu’en politique, à défaut d’exister, l’on se fait enterrer facilement. D’où le buzz médiatique. Passera ou ne passera pas ? Ses chances de passer sont très minces même s’il fait partie d’une confrérie très puissante qui le soutient à bout de bras.

Ousmane Sonko, le météore de la politique sénégalaise
Sonko est la tête de gondole de la nouvelle opposition. Il est jeune et perspicace. Une gouaille qui dérange. Lui et Idrissa forment un joli tandem tirant à boulets rouges sur le régime du président actuel. Homme politique doté d’une bonne base intellectuelle doublé d’un inspecteur des impôts bien chevronné, son livre sur les malversations du gouvernement a fait mouche et a ébranlé le régime actuel. On le compare à Emmanuel Macron de par sa jeunesse et de par ses idées mais il est loin de porter les français dans son cœur et conjugue le patriotisme au sénégalais. Le contraire de Macky Sall qui a fourgué tous les marchés à la France. Mais il faudra se méfier de lui lors des élections de 2019. Sa faiblesse, c’est qu’il bénéficie d’une base politique un peu éparse mais la diaspora se voit en ce leader charismatique qui ne mâche pas ses mots. S’il s’unit à Idrissa Seck et au reste de l’opposition, il pourrait faire très mal au régime. En effet, il faudra compter sur Sonko dans les prochaines années.

Karim Wade, le précieux prisonnier du Qatar
Eh ma foi, il est où ce Karim? Le prisonnier le plus bankable du Sénégal. Depuis qu’il est libéré, pléthore de journaux quotidiens ont mis la clé sous le paillasson. Non, je suis d’un ton badin ce matin. Karim, viendra ou ne viendra pas ? That is the real question. Pour le savoir, il faudra demander ça à son pater, lui qui est dans le secret des dieux. Karim, se risquerait-il à fouler le sol sénégalais ? Les radios crachotent sur cela. Actuellement, il est un des politiciens qui font beaucoup de bruit. Il est présent sans être présent et maitrise sa communication. S’il vient, il fera le big buzz et calmera les ardeurs de certains de nos opposants. A défaut de Karim, les autres subsistent. Et cela se dit. Il ferait diversement un bon candidat face à Macky Sall qui n’aimerait pas le voir et même pas en peinture.

Khalifa Sall, l’homme politique esseulé du fond de sa cellule
Du fond de sa cellule à Rebeuss Island, rire jaune, Khalifa Sall, l’ancien baron de Dakar est seul, voire esseulé et quasiment lâché par son bras droit et maire de la Médina, Bamba Fall. Ce dernier a fait le buzz récemment où on le voit tailler bavette et s’enjailler voire s’encanailler avec Aliou Sall et au son du wooyane et du ngoyaane. A voir ça, on tombe des nues parce que l’on ne sait pas à quelle sauce sera mangé Khalifa Sall, le prisonnier politique le plus couru du Sénégal. En effet, l’on sait déjà que ce dernier sera condamné. Point de médiation pénale. Parce que Macky a dit non à toute intervention extérieure parce que ça ne l’arrange pas. Si Khalifa Sall sort de prison, le pouvoir sera menacé et il y aura ce fameux slogan que l’opposition connaît bien telle une sérénade,  le TsM « Tous sauf Macky ».

Bougane Guèye Dany, téléréalité ou realpolitik
Euh Bougane !? Que fait-il dans cette mare aux crocodiles ? Se demande un bon nombre de concitoyens. Diversion ou autre ? Essaie-t-il d’amuser la galerie, le patron de D-médias ? A quoi joue-t-il ? Se croit-il dans un jeu de téléréalité ? Diantre, où va-t-il ce petit Bougane ? En effet, ça se susurre qu’il a été récemment reçu par le président au palais de Roume. L’on sait qu’il n’a pas une base politique solide mais il est jeune et a le soutien de la jeunesse férue de sa télévision et surtout celle de la banlieue. Bougane, à mon humble avis, cherche à se positionner dans les années à venir et l’on pourra compter sur lui s’il ne lui arrive aucune anicroche. Eh oui, nous sommes hélas en Afrique !

Youssou Ndour, on ne sait pas sur quel pied danse le roi du mbalax
Il a fait une sortie un tantinet fracassante mais les spectateurs sont restés sur leur faim. Il s’est dit très déçu par les partisans du parti au pouvoir mais il n’a pas tout dit. Ce chanteur, très bien réseauté et doublé d’un bon businessman cache bien son jeu. Un fin stratège il est et il hume toujours la direction du vent. Girouette ou pas ? Demandez aux sénégalais. On sait que Youssou Ndour a le flair. Cela se sait et se sent à mille lieues sous les mers. Mais un Youssou, présidentiable ? L’on ne sait pas à moins que ses intérêts soient en péril. Lui, c’est son business qui compte. Macky a intérêt à l’avoir à ses côtés plutôt que de le lâcher dans la no man’s land politique.

Aliou Sow, l’homme pressé
De ce jeune politicien doté d’un bon pedigree intellectuel, l’on ne sait pas encore pour qui il roule. Tantôt avec Macky, tantôt avec Idy. On a le mal de tête quand on le suit. Il joue sur plusieurs registres. Il est très pressé vu sa fougue et sa jeunesse et est entouré de jeunes patriotes. Mais depuis quelque temps, il a pris ses distances avec son aîné, le président Sall. L’on dit qu’il n’a pas eu ce qu’il voulait. Présentement, il est avec Idy. En effet, 2019 ne figure pas encore dans ses plans mais il semble y penser quand il se rase tous les matins devant son miroir. Serait-il bien tenté par le livre de Barack Obama, The audacity of hope ? En effet, l’avenir joue en sa faveur, comme Sonko et il faudra compter sur lui dans les affaires de la Cité.
Le professeur Issa Sall, l’homme ‘’Pur’’
L’invité surprise des législatives passées a été le parti Pur créé sur les flancs d’une frange de la confrérie tidjane mais l’on ne sait pas exactement à quoi rime son programme politique. La religion ou l’apanage d’un guide charismatique, en la personne de Serigne Moustapha Sy. Dans l’histoire politique sénégalaise, il est rare de voir un parti religieux percer mais les temps, hélas, ont changé. L’Islam, quoique combattu par quelques lobbys, est revenu par la force des choses. Lentement mais sûrement. Et les hommes politiques savent que l’Islam est très singulier au Sénégal. En fait, le peuple se plaît dans cette situation et pourvu que ça dure ! Pour gagner 2019, il faudra s’allier avec ce parti né sur les braises encore incandescentes du Mouchtarchidinisme de feu Serigne Cheikh Tidjane Sy Al Maktoum dont l’érudition n’est plus à démontrer.

Abdoulaye Baldé, l’homme qui ne sait plus où brouter
Aphone ou invisible ? On ne sait pas quel qualificatif employer à l’endroit de l’édile de la capitale du sud. Les médias disent que Macky veut le récupérer vaille que vaille. A moins d’un deuil, oups ! Parce que Macky s’emploie ces temps-ci à tout raser sur son chemin, ne faisant fi ni des cérémonies de baptême et encore moins de deuil. Une drôle manière de faire de la politique sous nos cieux. Il faudra laisser les morts se reposer afin ! En effet, l’Afrique est singulière dans ses compositions culturellement politiciennes. Bamba Fall et Modou Diagne Fada en ont récemment fait les frais. Compter sur Baldé en ce moment, est-ce peine perdue ? L’avenir nous le dira et vivement l’atmosphère enfiévrée des présidentielles de 2019 !
POUYE Ibra

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