Urgent ! SOMMET G7: Donald Trump sabre l’accord final, Paris dénonce l’« incohérence » de M. Trump, Berlin l’accuse de « détruire la confiance »

Paris qui dénonce tout à la fois les « colères », les « petits mots », l’« incohérence » et l’« inconsistance » de Donald Trump. Berlin qui accuse le président américain de « détruire la confiance » avec ses tweets publiés après la fin du sommet du G7, samedi 9 juin au Canada. C’est peu dire que ce rendez-vous des sept pays les plus puissants de la planète aura tourné au fiasco.

Dans la nuit, après son départ du sommet du G7, Donald Trump a publié un tweet dans lequel il s’est désolidarisé du communiqué final du G7 sur le commerce, qu’il avait pourtant endossé dans un premier temps.

La volte-face est spectaculaire. Déjà parti au moment de la publication de ce fameux communiqué, Donald Trump avait fait savoir à la presse voyageant avec lui à bord d’Air Force One qu’il y souscrivait.

Avant de changer d’avis quelques heures plus tard après avoir pris connaissance des propos de Justin Trudeau. Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé que le président était « en colère ». Dans un second tweet, il a d’ailleurs traité le premier ministre canadien de « faible » quelques heures seulement après avoir vanté leurs relations en leur donnant la note de « 10 » (sur 10).

Dimanche matin, l’Elysée a réagi en déclarant que « la France et l’Europe maintiennent leur soutien au communiqué final du G7 ». « Tout comme, nous l’espérons, l’ensemble des membres signataires », a ajouté la présidence française

« Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements. Nous nous y tenons, et quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance », a fait valoir la présidence, soulignant que « la coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots. Soyons sérieux et dignes de nos peuples. Nous nous engageons et nous tenons ».

Durant le sommet, Emmanuel Macron avait été interrogé sur la possibilité que Donald Trump change d’avis et se lance dans une guerre commerciale. « S’il est cohérent avec ses déclarations bilatérales et ce qu’il a signé, il n’y aura plus de mesure unilatérale négative », avait-il répondu.

Le porte-parole d’Angela Merkel a également réagi, dimanche matin, en faisant savoir que « l’Allemagne soutient le communiqué conjoint ». Dans l’après-midi, le ministre allemand des affaires étrangères Heiko Maas a déclaré : « En quelques secondes, vous pouvez détruire la confiance en 280 caractères Twitter. » Il a ajouté qu’il faudrait beaucoup plus de temps pour reconstruire la confiance perdue.

Sabordage

Dans un revirement, le président américain a annoncé sur Twitter le retrait des Etats-Unis du texte, fruit d’intenses négociations, quelques heures après avoir quitté le Canada. En cause, selon le dirigeant, les « fausses affirmations » de Justin Trudeau, l’hôte du sommet, qui a dénoncé lors de la conférence de presse de clôture les droits de douane « presque insultants » sur l’acier et l’aluminium mis en place par Washington.

« Le PM Trudeau du Canada s’est montré docile et modéré pendant nos réunions au G7, tout cela pour donner une conférence de presse après mon départ dans laquelle il déclare que les droits de douane américains sont presque insultants et qu’il ne se laissera pas bousculer », a réagi Donald Trump. « Très malhonnête et faible », a-t-il ajouté.

M. Trudeau « nous a poignardés dans le dos », a affirmé, dimanche sur la chaîne de télévision CNN, Larry Kudlow, le principal conseiller économique de M. Trump, expliquant que le président américain avait réagi de cette façon pour ne pas « montrer de faiblesse » avant son sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Le cabinet du premier ministre canadien a répondu de façon laconique à ce sabordage en disant se concentrer « sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7 »« Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées avec le président », ont soutenu les services de M. Trudeau.

Vladimir Poutine, qui rencontrait, lui, ses homologues chinois et iranien lors de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghaï, a ironisé sur le « babillage inventif » des pays du G7, les appelant à « une vraie coopération ».

Les pays du G7 ont exigé samedi de Moscou qu’il cesse ce qu’ils ont décrit comme des tentatives de miner les démocraties. Ils se sont abstenus d’évoquer une réintégration de la Russie à leur club, dont elle a été expulsée en 2014 après l’annexion de la Crimée.

La France prend maintenant la présidence du G7 qui se tiendra à Biarritz l’été 2019.

 

Lemonde