Yémen : lourd bilan dans une attaque contre un bus remplis d’enfants

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Au Yémen, la coalition menée par l’Arabie saoudite a affirmé avoir mené une attaque «légitime» dans le secteur, mais sans dire si la cible en était un bus.

L’Arabie saoudite est en mauvaise posture. Jeudi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait savoir que 29 enfants au moins avaient été tués au Yémen, lors d’une attaque qui a frappé un bus sur un marché situé dans le nord du pays. La coalition sous commandement saoudien a de son côté fait savoir qu’une opération militaire « légitime » avait été menée dans ce secteur rebelle. Elle reconnaît qu’une frappe aérienne a touché un bus, mais soutient que celui-ci ne transportait aucun enfant, mais bien des « combattants houthis », a déclaré à l’Agence France-Presse son porte-parole, Turki al-Maliki.

Un hôpital de la province de Saada soutenu par le CICR « a reçu les corps de 29 enfants âgés de moins de 15 ans et 48 blessés, dont 30 enfants », a toutefois annoncé l’organisation sur son compte Twitter, sans donner de détails sur la nature de l’attaque ayant touché le marché de Dahyan. Un photographe collaborant avec l’Agence France-Presse dans la province a vu des enfants blessés pris en charge dans un centre de secours, pour la plupart ensanglantés. L’un d’eux était perfusé, recouvert d’une couverture de survie, avec un large bandage à la tête.

Les médias des rebelles Houthis ont pour leur part donné un bilan de 50 morts et 77 blessés, qui n’a pas pu être confirmée de source indépendante dans l’immédiat. «De nouveau, de nombreux enfants auraient été tués ou blessés lorsqu’un bus scolaire a été attaqué dans le nord du Yémen. Tous ces enfants auraient moins de 15 ans. Est-ce que le monde a vraiment besoin de voir davantage d’enfants innocents tués pour arrêter la guerre cruelle au Yémen ?», a réagi le directeur du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) pour le Moyen-Orient, Geert Cappelaere.

Les rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme) qui s’estime marginalisé dans un pays majoritairement sunnite, sont soutenus par l’Iran qui conteste toutefois leur fournir un appui militaire. La guerre au Yémen a fait plus de 10 000 morts depuis l’intervention de la coalition en mars 2015 et provoqué «la pire crise humanitaire» au monde, selon l’ONU.

La réaction des États-Unis

La coalition avait annoncé mercredi que la défense anti-aérienne saoudienne avait intercepté dans le sud du royaume un missile tiré par les rebelles houthis dont les débris ont tué un Yéménite et blessé onze autres personnes. Sur Twitter, Médecins sans frontières (MSF) s’est dit « profondément attristé » par l’attaque de jeudi, soulignant que cette zone, où elle fournit un soutien médical, est inaccessible depuis un mois pour des raisons de sécurité. « Les civils continuent de payer le prix le plus élevé après trois ans de guerre au Yémen, des milliers d’entre eux ont été tués, blessés ou amputés », a déploré l’ONG.

Les États-Unis n’ont pas tardé à réagir et ont demandé une enquête « approfondie » sur cette attaque. « Nous sommes très préoccupés par les informations […] sur une attaque ayant causé la mort de civils », a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’État. « Nous appelons la coalition dirigée par l’Arabie saoudite à mener une enquête approfondie et transparente sur cet incident », a-t-elle ajouté. Les États-Unis « prennent très au sérieux toutes les informations crédibles sur les victimes civiles » des conflits, a souligné Heather Nauert. « Nous appelons toutes les parties à prendre les mesures adéquates pour protéger les civils ».

 

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