1er juillet 1994 : Naissance de la première radio privée du Sénégal !

Après la libéralisation connue sur le plan politique et mettant définitivement fin au monopartisme, le président Abdou Diouf décide de davantage contribuer à la démocratisation de l’espace médiatique. Ainsi le monopole de l’information de la part de la Radiotélévision sénégalaise va-t-il disparaître petit à petit. La libéralisation du paysage médiatique, surtout pour ce qui concerne le support radiophonique, sera marquée par l’inauguration de la première radio privée du Sénégal, aujourd’hui 1er juillet 1994.

Entamée depuis 1992, la politique médiatique de l’Etat du Sénégal insiste davantage sur la libéralisation du support audiovisuel. Dans un contexte politiquement lourd et important, avec notamment les concertations menées par le Juge Kéba Mbaye, aboutissant au code consensuel de 1992, la démocratisation de l’information et de la communication devenait de plus en plus une exigence. En effet, face à l’organe médiatique gouvernemental qui ne laisse presque aucune place aux opposants, la naissance de radios privées allait apporter cet équilibre tant souhaité dans la marche d’une démocratie.

En inaugurant, ce 1er juillet, la première station radio privée du Sénégal, le président Diouf s’inscrit dans cette recherche d’équilibre et de transparence. Il s’en suivra d’ailleurs l’ouverture d’autres stations privées telles que Dunya Fm, Walf Fm, entre autres. Tout comme la radio Sud Fm, ces stations vont assurer la continuité du travail qui était déjà contenu sur les supports « papiers ». Avec ces organes privés, des émissions interactives du genre « Wax sa xalaat » (avis aux auditeurs) de Sud Fm permettront à l’auditorat de dire leurs mots sur les maux constatés dans la gestion du pays. En vérité, Sud Fm et ses acolytes ont joué un rôle de premier plan dans les deux alternances politiques que le Sénégal a connues en 2000 et 2012.
Le lancement de la radio Sud Fm a rendu possible la pluralité d’expressions parallèlement au pluralisme noté dans les partis politique. Elle aura, jusqu’à ce jour, beaucoup contribué au renforcement de la démocratie, à la consolidation de l’Etat de droit et de la liberté d’expressions. D’ailleurs c’est au nom de cette liberté d’expressions que l’organe était fermé en octobre 2005, suite à une interview accordée par le journaliste Ibrahim Gassama au chef rebelle Salif Sadio. Le personnel de la radio Sud Fm Dakar était interpelé par des éléments de la police qui avaient fait une descente audit lieu sur ordre du ministre Ousmane Ngom qui accusait la radio d’« atteinte à la sûreté de l’Etat ». En vérité, la phrase qui n’a pas été du goût des autorités de l’Etat était celle-ci prononcée par Salif Sadio : « je reviendrai à la maison après avoir chassé le Sénégal de la Casamance ».

En tout état de cause, la radio Sud Fm a fini par être le symbole d’une presse, libre, indépendante et totalement juste. Aujourd’hui, le professionnalisme dans cette boîte fait qu’il est très rare d’entendre des vociférations contre le groupe Sud Communication. Aussi bien la radio que les autres supports, les journalistes appartenant à cette agence de presse font preuve d’une expertise enviable qui n’a d’égale que leur si éloquent slogan : « toujours copié, jamais égalé ».

Par Ababacar Gaye
ababacarguaye@yahoo.fr

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