Affaire Jamal Khashoggi : des proches du prince héritier saoudien indexés

Un manifestant déguisé en Prince sahraoui saoudien Mohammed bin Salman (C), le 8 octobre 2018, protestant devant les manifestants devant l'ambassade saoudienne à Washington, réclame justice pour le journaliste égaré Jamal Khashoggi. - Le président américain Donald Trump a déclaré que le 10 octobre 2018, il s'était entretenu avec les autorités saoudiennes "au plus haut niveau" pour demander des réponses sur ce qui était arrivé au journaliste manquant, Jamal Khashoggi. Trump a déclaré à la presse à la Maison-Blanche qu'il avait parlé "plus d'une fois" aux dirigeants saoudiens, depuis que Khashoggi, un résident américain et contributeur du Washington Post, avait disparu le 2 octobre après être entré au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. (Photo de Jim WATSON / AFP)

DIPLOMATIE – Selon le « New York Times », l’un des hommes identifiés comme faisant partie des responsables de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi appartient à l’entourage de Mohammed ben Salmane …

Plusieurs des hommes suspectés par les autorités turques d’être responsables de la disparition du journaliste ont des liens avec les services de sécurité attachés au prince, selon le New York Times. De plus en plus d’éléments mettent à mal la version donnée par l’Arabie saoudite.

Un des quinze hommes suspectés par les autorités turques de figurer parmi les responsables de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre à Istanbul, appartient à l’entourage du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, selon les informations du New York Times . Le quotidien américain affirme par ailleurs avoir pu confirmer de lui-même qu’au moins neuf de ces quinze suspects ont travaillé pour les services de sécurité et militaires d’Arabie saoudite, ou pour des ministères.

Selon le journal américain, qui publie plusieurs photos pour appuyer ses dires, Maher Abdulaziz Mutreb a notamment accompagné le prince lors de déplacements aux Etats-Unis en mars 2018 ainsi qu’à Madrid et à Paris en avril 2018. Les autorités turques ont diffusé une photo de lui arrivant à l’aéroport d’Istanbul.

Celui qui est surnommé « MBS » et son père le roi Salmane ont nié avoir connaissance du sort du journaliste saoudien, qui s’est installé aux Etats-Unis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince.

Un médecin légiste parmi les suspects

Le New York Times ajoute que trois autres suspects – qu’il identifie comme Abdulaziz Mohammed al-Hawsawi, Thaar Ghaleb al-Harbi et Muhammed Saad Alzahrani – ont été liés par des témoins ou d’autres sources aux services de sécurité attachés au prince de 33 ans. Un cinquième homme, un médecin légiste identifié comme Salah al-Tubaigy, a occupé des postes à hautes responsabilités au ministère saoudien de l’Intérieur et dans le secteur médical saoudien, poursuit le journal, soulignant qu’«un personnage de cette stature ne pourrait être dirigé que par une autorité saoudienne de haut rang».

Disparition de Jamal Khashoggi : l’hypothèse d’une «équipe d’assassinat» saoudienne

Des télévisions turques ont diffusé des images de vidéosurveillance montrant notamment l’entrée au consulat saoudien d’Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi et de l’équipe soupçonnée d’être responsable de sa disparition.

Pour le New York Times, la position des suspects au sein du gouvernement saoudien et les liens de plusieurs d’entre eux avec le prince héritier «pourraient rendre beaucoup plus difficile de l’absoudre de toute responsabilité» dans la disparition de Jamal Khashoggi. «Et la présence d’un médecin légiste spécialisé dans les autopsies suggère que l’opération pourrait avoir été préparée avec un objectif fatal depuis le début», relève le journal.

La version officielle saoudienne de plus en plus remise en cause

À ces informations s’ajoutent celles du Washington Post , qui estime pour sa part que onze des quinze suspects ont des liens avec les services de sécurité saoudiens. D’après cet autre quotidien américain, auquel collaborait Jamal Khashoggi avant sa disparition, Ankara a indiqué aux États-Unis détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Jamal Khashoggi a été «interrogé, torturé puis tué» à l’intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

D’autres médias américains rapportaient lundi soir que l’Arabie saoudite envisageait de reconnaître la mort du journaliste de 59 ans lors d’un interrogatoire au consulat. Selon CNN, citant deux sources anonymes, Ryad préparerait un rapport tentant de minimiser son implication dans la disparition. Selon une de ces sources, le rapport conclurait que l’opération a été menée «sans autorisation ni transparence» et que «les personnes impliquées seront tenues pour responsables».

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été dépêché à Riyad par Donald Trump pour en savoir plus sur cette affaire. Il s’est entretenu avec plusieurs dirigeants saoudiens. Selon lui, ils «ont promis de demander des comptes à chacune des personnes dont leur enquête aura montré qu’elle doit rendre des comptes», a déclaré Mike Pompeo aux journalistes. À la question de savoir si cet engagement était valable même pour une personne qui serait membre de la famille royale saoudienne, le chef de la diplomatie américaine a répondu: «Ils n’ont fait aucune exception concernant ceux à qui ils demanderaient des comptes». «Ils ont été très clairs», a insisté Pompeo. «Ils comprennent l’importance de ce problème, ils sont déterminés à aller jusqu’au bout» dans leurs investigations.

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