AFFAIRE KHASHOGGI : L’Arabie saoudite sur le point de reconnaître le meurtre, Erdogan parle de dissimulations au consulat

Le régime saoudien serait prêt à reconnaître le décès du journaliste Jamal Kashoggi, survenu, selon les sources de CNN, à la suite d’un interrogatoire qui aurait mal tourné. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mardi 16 octobre que certains éléments avaient été soustraits aux recherches menées la nuit précédente par la police turque à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où le journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre.

L’Arabie saoudite se prépare à faire une annonce reconnaissant que le journaliste Jamal Kashoggi est décédé des suites d’un interrogatoire qui aurait mal tourné, rapporte la chaîne d’information américaine CNN citant deux sources, ce lundi.

L’une des sources précise que l’annonce est toujours en cours de rédaction et qu’elle peut encore être modifiée, ajoute CNN. La seconde source explique que l’opération a été menée sans les autorisations nécessaires et que les personnes impliquées seront tenues pour responsables.

Tué par une équipe de 15 Saoudiens

Le journaliste saoudien, qui s’était exilé aux États-Unis, est porté disparu depuis le 2 octobre, jour où il s’est rendu au consulat saoudien à Istanbul. Sa fiancée assure qu’il n’en est pas ressorti.

Selon des sources proches des services de sécurité turcs, il y a été tué par une équipe d’une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays.

Erdogan évoque des dissimulations au consulat saoudien

Des responsables turcs avaient affirmé que le journaliste avait été assassiné par des agents saoudiens dans l’enceinte du consulat le jour de sa disparition, ce que Riyad dément. Un convoi de six voitures était arrivé dans la représentation diplomatique lundi peu après 19 heures. Un groupe de Saoudiens censés participer à la fouille était arrivé sur place environ une heure plus tôt.

« J’ai l’espoir que nous puissions parvenir à des conclusions qui nous permettront d’avoir aussi vite que possible une idée raisonnable [de ce qui s’est passé] parce que l’enquête s’oriente vers de nombreuses pistes, comme l’utilisation de substances toxiques, et ces choses auraient ensuite été dissimulées et soustraites », a déclaré M. Erdogan devant des journalistes mardi.

Des sources diplomatiques turques ont confié à l’AFP que les enquêteurs envisageaient désormais d’étendre leurs recherches, mardi, à la résidence du consul.

Mardi matin, le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, dépêché par Donald Trump, était arrivé à Riyad pour faire la lumière sur cette affaire. Il rencontrera aussi l’homme fort du royaume, Mohammed Ben Salman, prince héritier de la dynastie des Saoud. La veille, M. Trump avait lui-même admis que la disparition du journaliste saoudien « pourrait être le fait d’éléments incontrôlables ». M. Trump a fait ces déclarations après s’être entretenu dans la journée, par téléphone, avec le roi Salman.

Mardi soir, le président des Etats-Unis a relaté sur Twitter avoir de nouveau parlé au prince héritier saoudien, qui lui a promis une « enquête complète » sur la disparition de Jamal Khashoggi.

Zones d’ombre

Si la nouvelle version que s’apprêterait à livrer Riyad peut augurer d’une sortie de crise après une montée des tensions entre l’Arabie saoudite et ses partenaires occidentaux, elle risque de se faire au prix du maintien de zones d’ombre autour de la disparition du journaliste saoudien. De fait, des responsables turcs ont fait émerger au cours des deux dernières semaines des éléments accréditant la préméditation du meurtre, mettant notamment en évidence certaines précautions prises en amont par « un commando de tueurs » en vue de faire disparaître le corps.

Par exemple, d’après des responsables turcs, un médecin légiste équipé d’une scie à os destinée à démembrer le corps de la victime pour mieux le dissimuler se serait trouvé parmi les quinze citoyens saoudiens accusés d’être liés à la disparition de M. Khashoggi. Ces derniers avaient atterri en jet privé à Istanbul le 2 octobre, jour de la disparition du journaliste, avant de se rendre au consulat du royaume.

 

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