Afrique du Sud : 25 ans après la fin de l’apartheid, bonjour la xénophobie

L’Afrique du Sud célèbre, ce samedi 27 avril, les 25 ans de sa démocratie. Le 27 avril 1994, des millions de Sud-Africains pouvaient voter pour la première fois et avaient élu Nelson Mandela comme premier président. Depuis, le parti du premier président noir du pays, l’ANC est toujours au pouvoir, mais son aura s’est étiolé.  De profondes inégalités persistent dans le pays, une situation qu’a reconnue et déplorée l’actuel chef de l’État Cyril Ramaposa dans son discours à Grahamstown, dans Le Cap-Oriental, la région natale de Mandela.

Pour paraphraser les militants tchèques des sixties qui appelaient le spectre de Lénine à revenir tirer les oreilles à ses successeurs « devenus fous », le citoyen sud-africain pourrait scander : « Mandela, réveille-toi, ils sont devenus mous ! »

Mous de l’idéologie, mous du volontarisme, mous de l’exemplarité. Un quart de siècle après l’arrivée au pouvoir de Madiba, et à une encablure des élections générales du 8 mai prochain, l’Afrique du Sud est en proie à une désillusion surlignée par des faits indiscutables.

Cyril Rampahosa a livré un discours teinté d’émotions. Il s’est rappelé de son vote en 1994. Tous les Sud-Africains se souviennent de ce jour où, pour la première fois, ils ont glissé un bulletin dans l’urne.

Il a bien sûr rappelé le niveau de vie des Noirs sud-africains sous l’apartheid et comment ce jour de 1994 a révolutionné leur vie.

« La route est encore longue », a cependant averti le président Ramaphosa qui se présente à la présidentielle dans dix jours. « Tant qu’il y aura autant de pauvres, nous ne pouvons pas nous considérer comme une nation complètement libre », a-t-il ajouté.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa serait responsable du vent de xénophobie qui souffle dans le pays à en croire Daniel Dunia, secrétaire général du Réseau de solidarité Afrique, une organisation basée à Durban et qui représente les étrangers. Selon lui, le discours de Ramaphosa sur les migrants illégaux a alimenté les attaques contre les étrangers qui ont secoué Durban en mars.

“Le président Cyril Ramaphosa est responsable de tout ceci. C’est lui qui pousse les gens à attaquer les migrants ou les étrangers. Lorsqu’il a lancé son manifeste en janvier, il a déclaré qu’il ciblerait les étrangers qui opèrent illégalement dans la commune. Et c’est là que les problèmes ont commencé. Cette déclaration elle-même était problématique”, a pesté Daniel Dunia.

Les élections comme catalyseur

Selon M. Dunia, chaque fois qu’il y a des élections en Afrique du Sud, il y a des tensions, qui sont souvent alimentées par les partis politiques qui font campagne en disant que les étrangers sont la source de leurs problèmes. Des déclarations qui renforcent l’inimitié de certains Sud-Africains contre les étrangers.

Même si l’ONG parle de xénophobie structurelle en Afrique du Sud, le président Ramaphosa, à l’image de la classe politique nationale, a condamné des attaques regrettables et rappelé que la santé de l‘économie sud-africaine dépend en grande partie des relations commerciales avec d’autres pays africains.

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