Agression mortelle de Mamadou Barry : Le Ministre de l’intérieur français annonce l’ouverture d’une enquête

Les faits se sont produits vendredi soir, juste avant la finale de la CAN. Les proches de la victime parle d’un acte « raciste ».

Un Guinéen de 31 ans, enseignant-chercheur à l’Université de Rouen-Normandie, est mort de ses blessures après avoir été roué de coups vendredi soir près de Rouen, au cours d’une agression qualifiée de « raciste » par ses proches.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a réagi dimanche sur Twitter :

De sources policières, Mamoudou Barry a été agressé à Canteleu, dans la banlieue de Rouen. Pris en charge par les secours, il a été hospitalisé au CHU de Rouen, où il est mort samedi.

« Les faits auraient été commis entre 20H00 et 21H00, sous réserve du résultat des investigations à venir », a indiqué le procureur de Rouen Pascal Prache dans un message à l’AFP.

« Les investigations sont en cours. Les auditions et vérifications devraient permettre de préciser le déroulement des faits », a-t-il ajouté sans plus de précision.

Mamoudou Barry était enseignant-chercheur à l’Université de Rouen-Normandie, a-t-on appris auprès de l’établissement. Il avait soutenu une thèse de droit sur les « Politiques fiscales et douanières en matière d’investissements étrangers en Afrique francophone » le 27 juin dernier à Rouen, selon le site de l’Université.

Âgé de 31 ans, marié et père d’une fille de 2 ans, le jeune chercheur a été pointé du doigt par son agresseur, à la hauteur d’un arrêt de bus, alors qu’il rentrait chez lui en voiture avec son épouse vendredi vers 20h30, a raconté à l’AFP Kalil Aissata Kéita, enseignant chercheur à l’Université de Rouen, lui aussi Guinéen et « ami proche » de la victime.

Des insultes racistes prononcées

« L’agresseur les a pointés du doigt et a dit : Vous les sales noirs, on va vous niquer ce soir », a relaté M. Kéita, alors que l’Algérie et le Sénégal s’affrontaient le soir même en finale de la coupe d’Afrique des nations de football.

L’agresseur était « de type maghrébin » mais « on ne sait pas si c’est un Algérien », a précisé M. Kéita, qui a néanmoins parlé d’une « agression raciste ».

M. Barry serait descendu de sa voiture pour demander des explications à son agresseur qui l’aurait alors roué de coups. « C’est au 4e coup qu’il est tombé sur la nuque », a indiqué M. Kéita, qui a raconté avoir été aussitôt appelé par la femme de la victime.

L’agression a, selon lui, été filmée par des caméras de vidéosurveillance et s’est déroulée devant plusieurs témoins. « La police fait très bien son travail. Elle a pris l’affaire à bras-le-corps », a-t-il salué.

M. Kéita a ouvert une cagnotte en ligne avec des amis pour aider au rapatriement du corps de M. Barry en Guinée et « accompagner sa femme et sa fille ».

« Débordant de projets, Mamoudou Barry forçait, par son travail, l’admiration de ses collègues et de ses étudiants », a réagi Joël Alexandre, président de l’Université de Rouen-Normandie, dans un communiqué. « Nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame ».

« Le racisme à en pleurer »

« L’enquête doit nous apporter toutes les réponses et mettre ses agresseurs face à leurs responsabilités. Nous le devons à sa femme et son enfant », a commenté sur Twitter la députée LREM de Paris Laetitia Avia, elle-même cible constante de propos racistes sur les réseaux sociaux.

Le député LR Éric Ciotti s’est dit « scandalisé par ce crime barbare »tandis que la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s’est dite également « choquée ».

« Le racisme à en pleurer. Une femme, une fille dévorées par le chagrin parce que la vie de celui qu’elles aimaient a rencontré un abruti », s’est indigné pour sa part le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

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