ALGERIE : Le dépôt de la candidature de Bouteflika annoncée contre vents et marées

MANIFESTATION – L’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel a fait descendre des dizaines de milliers d’Algériens dans la rue à nouveau dimanche, en Algérie mais aussi en France. Pour sortir de la crise, le président a promis – s’il est élu – d’organiser une nouvelle élection présidentielle anticipée où il ne sera pas candidat. Suivez en direct les dernières informations sur cette situation de soulèvement inédite dans le pays.

Abdelaziz Bouteflika va-t-il passer outre la colère d’une partie du peuple algérien ? Le président sortant est candidat à un cinquième mandat. Une annonce qui a déclenché une contestation sans précédent dans le pays en 20 ans de pouvoir présidentiel. Diminué par la maladie, Bouteflika ne s’est pas adressé aux Algériens depuis son AVC en 2013. Hospitalisé à Genève – officiellement pour des examens médicaux – il a pourtant officiellement déposé sa candidature ce dimanche 3 mars. Ou plutôt fait déposer sa candidature par ses proches.

Toute la semaine, le camp présidentiel a réaffirmé que la contestation n’empêcherait pas le scrutin de se tenir dans les délais. Dimanche 3 mars, la présidence a fait savoir qu’en cas d’élection, Abdelaziz Bouteflika s’engageait à organiser une élection présidentielle anticipée, à laquelle il promet de ne pas se présenter.

Le soutien de la France montré du doigt

A l’issue de cette nuit, la machine contestataire paraît pleinement lancée et une partie du peuple algérien pas prête à reculer. « Ils ne vont pas lâcher, on ne va pas lâcher », lance un marcheur nocturne. Cette nuit, la jeunesse n’a plus caché sa haine pour le président Bouteflika au pouvoir depuis 1999, semblant n’avoir plus une once de respect pour cet « homme agonisant »« Il est pire qu’un tsunami : en vingt ans, il a détruit 43 millions de vies [la population algérienne] », s’emporte Samir. On le traite de « voleur », d’ailleurs on le surnomme « Boutesrika » [srika signifie vol en arabe]. « On dit que la guerre civile de la décennie noire [années 1990] a fait 200 000 morts. Mais en vingt ans, combien de jeunes sont morts à cause de la drogue ou dans la mer Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe à cause de lui ? », lance comme effondré Walid, 22 ans, étudiant en gestion.


Chacun y va de sa plainte et de sa saillie : le réquisitoire de la jeunesse algérienne est implacable. Certains n’hésitent pas à souhaiter publiquement la mort « le plus vite possible » de Bouteflika. « Moi, je l’attends avec impatience », dit Adlane sourire glacial aux lèvres. Au-delà de la personne du président, c’est tout le système politique qui est sifflé. « Ces gens-là, ils peuvent sacrifier leur famille pour rester au pouvoir, ils ont bien sacrifié tout un pays », assure Walid près de qui des manifestants n’oublient pas de pointer le rôle de « Madame la France », selon eux, « complice » du régime algérien, le soutenant au nom de ses propres intérêts.

Un appel à la grève générale a été lancé, une nouvelle fois, par les jeunes contestataires. D’autres rassemblements doivent avoir lieu dans les prochains jours. La manifestation la plus importante est prévue pour vendredi 8 mars. Et cette troisième marche pour la dignité coïncide avec la Journée internationale des droits des femmes, alors les Algériennes promettent elles aussi de sortir en nombre.


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