Me Assane Dioma Ndiaye sur le procès Khalifa Sall : c’est “un combat à mort, ou l’enjeu dépasse de très loin un enjeu judiciaire”

Khalifa Sall a bel et bien géré des "fonds politiques" puisque laissés à son pouvoir discrétionnaire en tant que maire. La précision est du défenseur des droits de l'homme et président de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh) qui liste les manquements et tire les enseignements du procès du maire de Dakar Khalifa Sall.

“Sur les fonds sur lesquels il est jugé, ce sont des fonds qui lui ont été remis, qu’il était censé gérer selon son pouvoir discrétionnaire. Chaque fois que des deniers publics sont laissés au pouvoir discrétionnaire, soit du président de la République ou de l’Assemblée nationale ou d’une institution, ce sont des fonds politiques. Nous avons regretté qu’on ait choisi ce maillon faible pour attendre une personne qui était jugée comme un candidat sérieux aux élections législatives ou présidentielles”, regrette Assane Dioma Ndiaye dans un entretien à Vox Populi, ce lundi.

Quid des enseignements à tirer du procès dont le verdict est attendu le 31 mars prochain ? “Notre grand défi, en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme, c’est simplement que ces genres de procès puissent disparaître de notre système judiciaire. Ce n’est pas l’apanage des gouvernants actuels. Si nous remontons à des temps lointains, de 2000 jusqu’à ce jour, chaque fois que nous avons une majorité présidentielle, ceux qui sont censés être contre ce pouvoir, sont sous le coup éventuel d’une procédure judiciaire. La justice ne peut pas être un instrument de règlement de comptes, ni un instrument d’entérinement des rapports de force”, met-il en garde.

“La leçon que nous en tirons, selon toujours l’avocat, c’est qu’on n’expose pas les magistrats, car (si) on analyse le déroulement de ce procès, on constate comment les juges sont vulnérables, car, comme je l’avais dit, nous ne sommes plus dans le cadre d’un procès normal, mais plutôt dans un combat à mort, ou l’enjeu dépasse de très loin un enjeu judiciaire”, conclut Assane Dioma Ndiaye.

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