Attentat de Christchurch : les propos d’Erdogan jugés «irréfléchis», «ignobles» et «offensants» par le premier ministre australien

Alors que la ville néo-zélandaise enterre ses premiers morts, Wellington a dépêché son ministre des Affaires étrangères en Turquie et l’ambassadeur turc en Australie a été convoqué pour protester contre les déclarations d’Erdogan.

La tension monte entre la Turquie d’un côté et la Nouvelle-Zélande et l’Australie de l’autre, après les propos du président turc, dans la foulée de la tuerie de Christchurch qui a coûté la vie à 50 personnes. La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, va envoyer en Turquie son ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, pour «remettre les pendules à l’heure, en face-à-face». Il assistera, à la demande d’Ankara, à une réunion spéciale de l’Organisation de la coopération islamique. Parallèlement, le chef du gouvernement australien, Scott Morrison, a décidé de convoquer l’ambassadeur de Turquie. «Toutes les options sont sur la table» en ce qui concerne les relations entre les deux pays, a-t-il averti. Scott Morrison a condamné mercredi les propos «irréfléchis», «ignobles» et «offensants» tenus par Recep Tayyip Erdogan, après la tuerie de Christchurch.

“Il y a un siècle, vos aïeux sont repartis à pied ou dans des cercueils”

Le président turc avait en particulier lancé que les Australiens qui seraient hostiles à l’islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale. Dans une référence à la présence pendant ce conflit de contingents australiens et néo-zélandais engagés contre les forces ottomanes, il avait lancé: “Il y a un siècle, vos aïeux sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons”.

La bataille de Gallipoli, également appelée bataille des Dardanelles, a opposé pendant neuf mois en 1915 et 1916 les forces de l’Empire ottoman à celles de la Grande-Bretagne, de la France et de leurs alliés. Elle a fait des dizaines de milliers de morts dans les deux camps et s’est terminée par une victoire des Ottomans.

Les “excuses” présentées par l’ambassadeur rejetées

“Des propos ont été tenus par le président turc Erdogan que je considère extrêmement offensants pour les Australiens et extrêmement irréfléchis dans l’environnement très sensible dans lequel nous sommes”, a dit Scott Morrison. Le premier ministre a notamment qualifié d'”ignobles” des commentaires faits par le président turc sur les réactions de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande après l’attentat de Christchurch.

Scott Morrison a fait sa déclaration après avoir convoqué l’ambassadeur de Turquie et avoir rejeté les “excuses” qui avaient été présentées. “J’attends, et j’ai demandé, que ces propos soient clarifiés, soient retirés”, a déclaré le chef du gouvernement australien. “J’attendrai de voir ce que sera la réaction du gouvernement turc avant de décider d’autres mesures, mais je peux vous dire que toutes les options sont sur la table”, a-t-il insisté.

La Nouvelle-Zélande en colère

Il a appelé les Australiens qui se rendraient en Turquie à la prudence et a précisé que les autorités australiennes étaient en train de réexaminer leurs conseils aux voyageurs dans ce pays. Les déclarations de Recep Tayyip Erdogan ont également suscité la colère de la Nouvelle-Zélande. Dès lundi, le vice-premier ministre néo-zélandais Winston Peters a protesté contre l’utilisation politique par le président turc du massacre de Christchurch.

Cette utilisation est “totalement injuste” et “menace l’avenir et la sécurité du peuple néo-zélandais et de nos citoyens à l’étranger”, a-t-il déclaré. Winston Peters a annoncé mardi qu’il se rendrait en Turquie cette semaine à la demande d’Ankara pour assister à une réunion spéciale de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

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