Attentats de Toulouse : Abdelkader, le frère de Mohamed Merah condamné à 30 ans de prison

Après un mois de procès, à Paris, les juges de la cour d’assises spéciales ont alourdi la peine prononcée en première instance. Abdelkader Merah est condamné pour complicité d’assassinat et association de malfaiteurs terroristes.

Après quatre semaines de procès, la cour d’assises spéciale de Paris a rendu ce jeudi son verdict dans le procès d’Abdelkader Merah. Et condamné le frère de Mohamed Merah, assassin de sept personnes à Montauban et Toulouse en 2012, à trente ans de réclusion criminelle.

Pas plus que lors du premier procès, les juges n’ont entendu la défense du prévenu, qui, mercredi, avait demandé lors des plaidoiries l’acquittement, estimant qu’il n’y a pas dans le dossier de preuve d’une quelconque implication d’Abdelkader Merah dans les crimes commis par son frère. Une position jugée insupportable par les familles de victimes. Ils ont au contraire alourdie la peine prononcée lors du premier procès, en 2017.

Pourquoi l’accusation considère qu’Abdelkader est complice

Abdelkader Merah, 36 ans, est accusé d’avoir « sciemment » facilité « la préparation » des crimes de son frère en l’aidant à dérober un scooter et à acheter un blouson qui ont été utilisés lors des faits. Il est également accusé d’avoir participé « à un groupement criminel affilié à Al-Qaida prônant un islamisme djihadiste (…) en appliquant à lui-même et à son frère Mohamed les recommandations de cette organisation dont il possédait les enseignements et les conseils opérationnels ».

Lors de leur réquisitoire à deux voix, les avocats généraux Rémi Crosson du Cormier et Frédéric Bernardo ont demandé à la cour d’assortir la condamnation d’Abdelkader Merah d’une peine de sûreté de 22 ans. Ils ont également réclamé « entre 15 et 20 ans de réclusion criminelle » à l’encontre du deuxième accusé, Fettah Malki, un « délinquant multicarte » de 36 ans, condamné en première instance à 14 ans de prison pour avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur, en ayant connaissance de sa radicalisation. Les avocats généraux ont par ailleurs demandé l’inscription des deux condamnations au Fijait (Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes).

« Le nom de Merah doit être associé à une sanction ferme car ce nom est brandi encore aujourd’hui comme une fierté par des candidats au djihad », a lancé Frédéric Bernardo. L’accusation a décrit dans son réquisitoire le « parcours identique » de deux frères, « deux jeunes de la cité qui ont évolué dans une famille disloquée, ont le goût de la violence… et se radicalisent en prison ». L’un, Mohamed, « impulsif, agressif, prêt à l’action » ; l’autre, Abdelkader, « plus raisonné », qui « se voit en intellectuel » et sera « le mentor » qui armera le bras du tueur, selon l’accusation.

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