Au Cameroun, les propos qualifiés “d’ingérence” de Macron ont révolté la population

Après qu’Emmanuel Macron a promis, dimanche, de mettre la « pression » à son homologue camerounais Paul Biya quant aux « violations des droits de l’homme intolérables » dans ce pays, plusieurs centaines de jeunes protestent ce lundi devant l’ambassade de France à Yaoundé.

Au Cameroun, des centaines de jeunes manifestaient dans le calme ce lundi 24 février 2020 devant l’ambassade de France à Yaoundé, s’indignant de propos du président français Emmanuel Macron, qui a promis samedi de mettre la pression à son homologue camerounais Paul Biya.

Entre 400 et 600 jeunes, selon une estimation de la police et de la gendarmerie, étaient mobilisés à la mi-journée à l’entrée de l’ambassade de France, chantant et dansant à la gloire de Paul Biya, tout en s’insurgeant contre l’attitude de Macron.

De nombreux gendarmes et policiers étaient également présents pour éviter tout débordement.

« Macron mêle-toi de tes oignons »
La plupart des manifestants portaient des drapeaux du Cameroun tandis que d’autres brandissaient des pancartes hostiles au président français.

M. Macron, le Cameroun n’est pas un Dom-Tom (départements et territoires français d’Outre-Mer), M. Macron mêle-toi de tes oignons, pouvait-on lire sur certaines pancartes.

Nous sommes ici pour riposter aux propos de Macron parce qu’il a manqué de respect à notre patriarche (Paul Biya), a expliqué un manifestant, Souley Aboubakar, président d’une des associations des jeunes partisans de M. Biya, à l’origine de ce rassemblement.

Il (M. Macron) est un président de la République. Il doit être respecté, mais il doit respecter notre président, a-t-il ajouté. Nous ne sommes pas une province de la France. Le Cameroun est un État souverain, indépendant depuis 1960, a-t-il poursuivi, invitant M. Macron à présenter des excuses. La même exigence a été exprimée par d’autres manifestants.

« Des violations des droits de l’homme intolérables »

Samedi, Emmanuel Macron avait dénoncé des violations des droits de l’homme intolérables au Cameroun, promettant de mettre la pression sur Paul Biya pour que la situation cesse. Il répondait à un activiste camerounais qui l’avait interpellé samedi lors du Salon de l’agriculture.

Le 14 février, 23 personnes dont une majorité d’enfants sont mortes au cours d’une opération militaire dans le village de Ntumbo, dans le Nord-Ouest du Cameroun, selon l’ONU.

Dimanche, Yaoundé a réagi, assurant vouloir rester maître de son destin, et a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu 22 villageois, dont quatorze enfants, tués.


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