Au Kenya, 3 Américains ont été tués par des miliciens islamistes, 17 selon les Shebab

Les combattants du groupe islamiste somalien des shebab ont attaqué, dimanche 5 janvier 2020, à l’aube, une base militaire américano-kényane à Lamu, dans le sud-est du Kenya, près de la frontière avec la Somalie, faisant trois morts, un militaire américain et deux sous-traitants du Pentagone.

Les combattants du groupe islamiste somalien des shebab ont attaqué, dimanche 5 janvier 2020, à l’aube, une base militaire américano-kényane à Lamu, dans le sud-est du Kenya, près de la frontière avec la Somalie, faisant trois morts, un militaire américain et deux sous-traitants du Pentagone, selon le commandement américain pour l’Afrique (Africom).

Durant une attaque par les shebab, un groupe affilié à Al-Qaida en Afrique de l’Est, un militaire américain et deux sous-traitants du ministère de la Défense ont été tués sur la base de la baie de Manda, selon un communiqué.

Deux autres employés du Pentagone ont été blessés. Dans un état stable, ils sont en train d’être évacués.

Cette opération, près de l’île touristique de Lamu, est la dernière en date des shebab au Kenya depuis que ce pays a envoyé des troupes en Somalie en 2011 pour y combattre ce groupe affilié à Al-Qaida.

Le porte-parole de l’armée kényane, le colonel Paul Njuguna, a déclaré qu’il y avait eu une tentative à 5 h 30 de venir à bout de la sécurité sur la piste aérienne de Manda.  La tentative de [faire une] brèche a été repoussée avec succès. Jusqu’à présent, les corps de quatre terroristes ont été retrouvés. La piste d’atterrissage n’a pas été touchée. Après cette tentative infructueuse [des shebab], un incendie s’est déclaré, touchant des réservoirs de carburant situés sur la piste d’atterrissage.  L’incendie a été maîtrisé.

D’après un rapport de police interne consulté par l’AFP, deux avions Cessna, deux hélicoptères américains et plusieurs véhicules américains ont été détruits.

Le responsable de la police locale, Irungu Macharia, a déclaré que cinq personnes avaient été arrêtées près du camp et étaient interrogées.

Pour leur part, les shebab ont affirmé que dix-sept Américains et neuf soldats kényans avaient été tués.

Dans un communiqué, les shebab ont écrit qu’ils avaient attaqué avec succès la base militaire très fortifiée et avaient pris le contrôle d’une partie de la base.

Les Shebab ont mené plusieurs attaques à grande échelle à l’intérieur du Kenya, affirmant qu’il s’agissait de représailles pour l’envoi de troupes kényanes en Somalie en 2011 pour combattre le groupe, ainsi que pour viser des intérêts étrangers.

Malgré les coûteux efforts internationaux pour les combattre, les Shebab ont mené samedi l’une des attaques les plus meurtrières de la décennie en Somalie, causant 81 morts dans l’explosion d’un véhicule piégé à Mogadiscio.

Les attaques menées par les shebab montrent leur capacité à infliger des dommages importants en Somalie et dans la région, malgré la perte de contrôle des principales zones urbaines de la Somalie.

Chassés de Mogadiscio en 2011, ils ont perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes régions rurales d’où ils organisent des actions de guérilla et des attentats-suicides. On estime qu’ils sont actuellement entre 5 000 et 9 000 combattants.

La région de Lamu, située près de la frontière somalienne, est touchée par des opérations menées par les shebab, avec des attaques fréquentes menées le long de la frontière ciblant notamment les forces de sécurité avec des bombes placées en bordure des routes.

Dans un rapport publié en novembre, un groupe d’experts de l’ONU sur la Somalie a souligné le « nombre sans précédent » de bombes artisanales et d’autres attaques menées à travers la frontière entre le Kenya et la Somalie en juin et juillet 2019.

Jeudi 2 janvier 2020, au moins trois personnes ont été tuées lorsque des hommes suspectés d’être des shebab ont tendu une embuscade à un bus circulant dans la région.

Selon l’Institute for Security Studies (ISS), les États-Unis disposent de 34 bases militaires connues en Afrique, d’où ils mènent « des opérations avec des drones » mais organisent aussi « des entraînements, des exercices militaires » et « des activités humanitaires ».


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom