Au Sénégal, la mort par « torture » d’un conducteur de vélotaxi enflamme la ville de Fatick

Les conducteurs de velotaxis communément appelé  « Jakartaman » de la ville Fatick ne décolèrent pas suite au décès de leur collègue Lamine Koïta, victime selon eux de bavures policières.

Le jeune « Jakartaman » aurait été battu à mort par les forces de l’ordre après une arrestation qui aurait mal tourné. Une situation qui a fini de raviver la tension donnant lieu à des scènes de violence entre une partie des populations et les forces de sécurité. 

Le Ministre des sports en sapeur pompier

C’est dans cette atmosphère extrêmement tendue que le ministre des sports Matar Ba, par ailleurs maire de la ville de Fatick, s’est rendu auprès de la famille éplorée pour leur présenter ses condoléances.

Dans un message empreint de réconfort et de soutien, il a précisé qu’ils attendaient les résultats de l’autopsie pour connaître la conduite à tenir. « Nous avons tous appris avec consternation ce qui s’est passé. Et, nous attendons les résultats de l’autopsie. Dès que j’ai été informé de la nouvelle, j’ai pris l’initiative de venir m’enquérir de vos nouvelles et vous présenter mes condoléances. » A-t-il déclaré en présence des proches de la victime. 

Insistant sur la nécessité de rester serein malgré la gravité de la situation, le ministre d’inviter les populations, précisément les jeunes de la localité, à éviter de verser dans la violence. « Nous sommes originaires de Fatick, cette nouvelle nous attriste profondément. Toutefois, j’en appelle à la sérénité, il ne sert à rien de tenter de se faire justice tout seul. Cela ne sert à rien de brûler  des pneus, des voitures ou autres… Ceci ne règlera pas la situation », un appel à l’apaisement de la tension ainsi formulé par le natif de Fatick.

Les associations des droits de l’homme s’en mêlent

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) et Amnesty International Sénégal ont été informées du décès de Lamine KOITA survenu le 10 février 2020 suite à son interpellation par des agents du commissariat de police de Fatick.

Le défunt faisait partie d’un groupe de jeunes suspectés par la police de faire usage de chanvre indien. Selon des témoignages concordants et circonstanciés, la victime aurait été conduite à la plage par les policiers qui l’ont battu jusqu’à ce qu’il vomisse du sang. Il a été par la suite transporté à l’hôpital régional où il a succombé à ses blessures.

Les organisations des droits de l’homme exigent qu’une enquête impartiale et indépendante soit diligentée afin que la lumière soit faite sur ce décès et que les éventuels présumés coupables soient arrêtés et traduits devant la justice.

Les résultats de l’autopsie devraient lever un coin du voile sur les actes qui ont conduit au décès de Lamine Koïta.
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