Au Sénégal, la timide renaissance des salles de cinéma face aux plates-formes

La réalisatrice Mati Diop avant la projection de l’avant première à Dakar du long métrage Atlantique de la réalisatrice Franco-senegalaise Mati Diop.

Les cinémas restent peu nombreux malgré quelques créations, notamment de la part du groupe Vivendi qui a ouvert à Dakar au Sénégal en 2017 une salle de 300 places.

Dans toutes les salles de Dakar qui ont montré Atlantique, la projection s’est ouverte sur le logo de Netflix. Le soir de l’avant-première au Grand Théâtre, la plate-forme américaine avait même dépêché un technicien d’Afrique du Sud pour s’en assurer. Généralement peu enthousiaste à l’idée de voir ses acquisitions à l’affiche des salles, Netflix, qui a acheté une bonne partie des droits mondiaux du premier long-métrage de Mati Diop au moment du Festival de Cannes, avait tout intérêt à ce que le film fasse au moins une apparition dans les cinémas sénégalais : il faut en effet qu’un titre ait été exploité au moins une semaine dans les salles de son pays d’origine pour pouvoir être candidat à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Or, Netflix est pris d’une inextinguible soif de statuettes, exacerbée par les critiques dithyrambiques qu’Atlantique a collectionnées dans la presse anglo-saxonne au moment de Cannes. La plate-forme a par ailleurs des vues sur le marché africain qui offre d’immenses perspectives de croissance. Au Sénégal, les abonnés, qui se multiplient, paient à peu près le même tarif qu’en France et consomment souvent les programmes sur leur téléphone.

Ces aspirations africaines de Netflix, Oumar Sall, le producteur sénégalais du film de Mati Diop, les a prises comme une aubaine : « L’exploitation en salle au Sénégal n’offre pas un retour sur investissement », explique ce quadragénaire qui n’est pas pour rien dans les prémices de la renaissance du cinéma sénégalais. Producteur également des deux films d’Alain Gomis, Tey et Félicité,lauréats de l’Etalon d’or au festival de Ouagadougou, il a su monnayer ces succès auprès de l’Etat sénégalais qui a créé un fonds, le Fopica, doté aujourd’hui d’un milliard de francs CFA (1,5 million d’euros).

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