Aujourd’hui, 8 juillet 1993 : L’Etat du Sénégal et le MFDC signent un accord de cessez-le-feu

Au début des années 80, un conflit éclate au Sud du Sénégal entre l’Etat et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qui réclame l’indépendance. Le président Abdou Diouf qui venait d’accéder au pouvoir est ainsi invité à intervenir pour faire revenir l’ordre et préserver la paix dans cette contrée du pays. Après des années de conflit particulièrement violent, le gouvernement du Sénégal signe un deuxième accord de cessez-le­-feu avec le MFDC, aujourd’hui 8 juillet 1993.

L’un des nombreux accords signés entre les deux entités (Etat du Sénégal et MFDC), le cessez-le-feu du 8 juillet 1993 fait suite aux développements du conflit qui devient de plus en plus inquiétant. Eclatée depuis le 26 décembre 1982, avec comme  principale revendication l’indépendance de la Casamance, la guerre finit par s’installer au fil des années. Si le début du conflit était marqué par des manifestations violentes et particulièrement réprimées par l’armée, avec un nombre assez important de morts et d’arrestations, ce n’est qu’à partir de mai 1990 que le MFDC engage la lutte armée et entre dans une guerre (ou guérilla) contre l’Etat du Sénégal.

Pour mettre fin au conflit, des négociations vont aboutir au premier accord de cessez-le-feu signé le 31 mai 1991 à Cacheu (Guinée Bissau) entre le gouvernement sénégalais et le MFDC conduit par le chef d’état-major Sidy Badji. Il ressort de cette rencontre que les deux parties devront observer un moment de répit en plus d’une loi d’amnistie qui prévoit la libération de tous les rebelles arrêtés. Pour autant, cet accord signé pendant que l’abbé Diamacoune était en prison ne réussira pas à faire taire les armes. Dès sa sortie de prison, le symbole de la contestation désapprouve l’accord de Cacheu et provoque la scission du MFDC en deux : la partie qui lui est acquise (le Front Sud) décide de continuer la lutte et la partie avec Sidy Badji (le Front Nord) dépose les armes.

A partir de ce moment, le conflit reprend de plus belle. La Casamance va connaître deux années de guerre sans répit avec des affrontements entre l’aile radicale du MFDC et l’armée sénégalaise qui feront des milliers de morts. Selon l’AFP, « près d’un millier de personnes ont trouvé la mort en Casamance entre juillet 1992 et juillet 1993 ». Le bilan est assez lourd pour que les parties concernées renouent avec le fil du dialogue rompu depuis 1991. C’est ainsi qu’un deuxième accord de cessez-le-feu verra le jour le 8 juillet 1993 entre l’Etat du Sénégal représenté par le ministre des Forces armées Madieng Khary Dieng et le MFDC représenté cette fois-ci par l’abbé Augustin Diamacoune Senghor.

Par Ababacar Gaye

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom