Berceau d’une Tarikha !

La ferveur religieuse est contagieuse à Tivaouane qui célèbre la naissance du prophète Mohamed (Psl), dont l’œuvre est revisitée par les fidèles qui convergent vers cette cité par milliers.

Tivaouane, la religieuse, porte ses habits de Maouloud. La ville où reposent le vénéré Seydi El Hadji Malick Sy et ses illustres descendants vibre au rythme des zikr, de wazifa, de wird et de jahwaratoul kamal. La ville sainte est pleine à craquer. Des milliers de fidèles venus des quatre coins du Sénégal et du monde se sont donné rendez-vous au point culminant du bastion de la Tidiania. Aux sons des décibels et des haut-parleurs retentira une seule parole : «Il y a un seul Dieu et Mouhamed (Psl) est son messager.» Phrase magique qui illuminera la ville lumière musulmane et comblera de foi les fidèles musulmans. Qui se recueilleront devant les tombes des saints de Tivaouane.

En visitant les mausolées de ces saints, ils auront une pensée pieuse à leur âme, mais auront aussi un cœur dirigé vers la Kibla, la pierre noire pour se rappeler du saint des saints qui fut le prophète Mouhamed (Psl) parce que tous ces corps saints enterrés à Tivaouane entretenaient des relations mystiques et spirituelles avec le locataire du Rawda. Ils le vouent une estime et un respect sans borne. Sous l’égide de l’actuel khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, les fidèles vont communier ensemble dans la ferveur, la foi en Dieu, son unicité et le pardon concernant cette grande nuit marquant la naissance du prophète Mouhamed (Psl) jusqu’à l’aurore.

En attendant cette grand-messe religieuse, où le maître de céans, le khalife, s’adressera aux milliers de pèlerins pour leur rappeler les bienfaits de l’Elu de Dieu, l’exception de la créature divine, Mohamed (Psl), mais aussi l’œuvre de Maodo, pour l’expansion et le triomphe de l’islam et de son Prophète, l’ambiance à Tivaouane monte crescendo et va atteindre sa vitesse de croisière aujourd’hui, jour du Maouloud. La ville a presque fait le plein. Et de Thiès à Tivaouane, la file de voitures bondées de pèlerins reste ininterrompue. Des voitures qui convergent vers le même endroit, la gare routière, puisque la sécurité veille au grain, interdisant toute circulation en centre-ville, à l’exception des véhicules disposant de laissez-passer. Malgré cette disposition, le déplacement dans la ville relève d’un véritable parcours du combattant. Les rues sont bondées de monde et il faut jouer des épaules pour se frayer un passage. Une situation qui n’est pourtant rien, comparée à la marée humaine qui défile au niveau de l’esplanade des mosquées.

Lieux de recueillement et de spiritualité, les mausolées constituent une véritable passion pour les pèlerins. Et le Maouloud est une opportunité pour nombreux d’entre eux de se rendre dans ces sanctuaires de méditation. A quelques heures du Maouloud, une ambiance spirituelle règne sur l’esplanade des mosquées. Les fidèles n’ont pu résister à l’appel de la méditation. Par dizaines, ils visitent les mausolées de Seydi El Hadji Malick Sy et de ses fils. Ici, de longues files de fidèles attendant leur tour pour se recueillir sur les mausolées de leurs guides rappelés à Dieu, donnant ainsi du filet à retordre aux éléments de la Commission d’organisation au service de Khalifa Ababacar Sy (Coskas) en charge de les canaliser. De ces sanctuaires, celui du regretté khalife général Serigne Abdou Aziz Sy «Al Amine». Ce mausolée ne désemplit pas. Sur les lieux, les talibés, en deux rangs pour éviter que les femmes et les hommes ne se mettent ensemble, bravent le soleil, la faim et la soif pour pouvoir, ne serait-ce qu’un court instant, se recueillir et prier pour celui qui, pendant plus de 60 ans, a été le porte-parole de la Hadra de Seydi El Hadji Malick Sy. Pour dire que, même rappelé auprès du Tout-puissant, l’avènement au khalifat de son ami, frère et successeur, l’ombre de Al Amine plane encore dans la capitale de la Tidiania sénégalaise et son souvenir reste vivace dans l’esprit des fidèles. Selon un talibé Cheikh, «il y a des guides qui marquent leur époque et dont le souvenir résiste à l’usure du temps. C’est sûr que Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine et Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum en font partie». Son point de vue sera largement partagé par nombre de fidèles rencontrés sur les lieux. De ceux-là, Madjiguène Ndiaye, une jeune saint-louisienne qui faisait la queue devant le mausolée de Al Amine. Pour elle, il est hors de question qu’elle vienne jusqu’à Tivaouane sans se recueillir sur la tombe de son guide et prier pour lui. «Venir au Gamou sans venir au mausolée de Al Amine ? Je ne l’imagine même pas, car ce sera comme si je n’ai pas fait le Gamou.»

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