Brésil – Sénégal : Les véritables enjeux cachés derrière ce duel inédit…

C’est l’affiche dont rêvait bon nombre d’amateurs de football, depuis des décennies déjà, raison pour laquelle les Sénégalais attendent ce match Brésil – Sénégal avec impatience. Rien que le nom de ces deux grandes sélections, citées ensemble fait frémir de plaisir. Le simple fait d’imaginer le duel à distance qui opposera le numéro 10 des « Lions » Sadio Mané au phénomène Brésilien, Neymar Jr, donne un cachet exceptionnel à ce match « amical. »

En effet, cette rencontre prévue le 10 octobre prochain à Singapour, en Asie, revêt certes un aspect marketing indéniable, mais à y voir de plus près, il apparait clairement que le choix du Brésil, porté sur le Sénégal (Actuel n°1 Africain au classement FIFA, vice-champion d’Afrique de la CAN 2019) n’est pas fortuit. Il conviendra également de préciser qu’en plus des 300 millions de FCFA que devrait toucher la fédération Sénégalaise de football (FSF), le Sénégal aura durant 90 minutes, la chance de se mesurer à une référence mondiale, d’avoir un bref aperçu sur son standing sur l’échiquier du foot planétaire. Tout cela entre autres considérations à prendre en compte avant, mais également au cours de la partie jusqu’à la fin de ce duel dont les véritables tenants et aboutissants, sont à chercher sur, et en dehors de la pelouse.

Depuis le Danemark en 1977, et la France en 2002, les « Lions » chassent un top « Sparring Partner »

Un bref coup d’œil sur les matches amicaux disputés par l’équipe nationale de football du Sénégal permet de constater que les « lions » n’ont pas encore eu l’opportunité de se frotter à de grandes nations de football que ce soit en match officiel ou en amical. Mis à part la coupe du monde 2002, où le Sénégal qui découvrait les joies d’un mondial de foot, avait croisé en 2002, la France, championne du monde en titre à l’époque, le Danemark (croisé à trois reprises par le Sénégal le 2 février 1977 en amical, (3-2, pour les Danois) à Kaolack, puis lors du mondial 2002 et en 2010 en amical), la Suède de Larsson, L’Uruguay et la Turquie des équipes considérées comme étant « fortes » en ces temps-là, il faudra attendre la coupe du monde 2018 pour voir le Sénégal se jauger à des « Grands » d’Europe, d’abord en match de préparation contre la Croatie (2-1, le 8 Juin 2018), avant de se mesurer à la Pologne, le Japon puis la Colombie de Falcao lors des phases de groupes. Tout cela pour dire, si besoin en était, que l’actuelle fédération Sénégalaise de football (FSF), tient un gros morceau, un quintuple champion du monde, avec des « Top players. »

Pourquoi le Brésil a-t-il réellement choisi le Sénégal ?

Il faudra se mettre d’accord sur le fait que la fédération Brésilienne, elle-même, est à l’initiative de cette rencontre amicale. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si la Seleção a rendu public ladite rencontre en premier via son compte twitter officiel, annonçant dans la foulée deux matches amicaux contre le Sénégal puis le Nigeria. C’est quasiment 24h plus tard que la FSF en fera de même. Bref si la « Seleção » a été attiré par le pays de la Téranga, c’est bel et bien pour se mesurer à ce qui se fait de mieux en Afrique, présentement. En atteste la double confrontation prévue avec le vice-champion d’Afrique (Sénégal) et le troisième de la dernière CAN (Nigéria.)

Toutes choses qui font dire au consultant en football, Cheikh Oumar Aïdara, que ce match est le fruit d’un projet longuement mûri par la fédération Brésilienne. Par ailleurs, les récentes et régulières performances de la sélection Sénégalaise y sont pour beaucoup. « Il y a des enseignements à tirer avant et après le match. D’abord il faut comprendre que c’est une très grande reconnaissance du travail qui a été abattu au préalable par les dirigeants sénégalais. Le Brésil fait partie de ces grandes nations du football qui choisissent, lors des dates FIFA, leurs adversaires selon des critères bien définis. Il faut comprendre que c’est la direction technique de l’équipe qui prend le sujet en main, c’est-à-dire elle choisit contre quels adversaires jouer lors des matches amicaux. Finaliste de la CAN 2019, l’actuelle place du Sénégal, 20emondial, numéro 1 Africain n’est pas fortuite. A part la France en 2002, le Sénégal n’a jamais eu un adversaire de taille… » rappelle le consultant.

Un match très loin d’être « amical » pour la Seleção en quête de succès…

Au-delà de l’aspect marketing que beaucoup s’empressent d’évoquer pour justifier cette belle affiche entre Brésiliens et Sénégalais, brandissant à tort ou à raison l’argument des « 300 millions FCFA » que devrait toucher la Fédération Sénégalaise de Football. Passons, ça reste toujours du football, 90 minutes de jeu, de tactique, d’efforts intenses, et de spectacle, pour remporter la victoire au coup de sifflet final. Occulter le volet sportif de cette confrontation future serait une erreur colossale de la part des deux parties. De l’avis de Cheikh Oumar, interpellé sur ce point précis, le Sénégal jouera une sorte de match test contre l’une des meilleures nations de football : « Pour le match proprement dit ça va nous permettre de nous mesurer à un cador. Quand vous jouez contre le Brésil, il faut savoir que vous serez devant une nouvelle configuration, la formule brésilienne n’a rien à voir avec celle des autres équipes que le Sénégal a déjà eues à croiser par le passé. C’est du haut niveau. »

Selon son raisonnement les quintuples champions du monde partent largement favoris, une évidence qu’il conforte en ces termes : « Déjà il faut accepter le fait que l’équipe B du Brésil est largement supérieur à l’équipe A du Sénégal, sur le papier en tous cas. Il ne faudrait pas oublier que le Brésil prépare la prochaine coupe du monde 2022. Donc quel que soit le onze proposé par la Seleção, il sera meilleur que celui du Sénégal… Le coach Brésilien ne va pas jouer avec une équipe bis, ils ne courront pas le risque de subir une défaite contre le Sénégal, ils vont aligner une très bonne équipe » prévient-il…

Aliou Cissé face à l’équation Brésilienne, participer ou jouer la gagne ?

Il faudra exister dans ce duel qui s’annonce un peu déséquilibré, en tous cas sur le papier. Ce qui fait dire à l’expert qu’il faudra pour Aliou Cissé et son staff, trouver le bon système pour contrarier les plans de jeu adverses. « Pour le Sénégal, il faut surtout retenir qu’on n’est pas là pour le résultat final. L’avantage de ce match pour les « Lions » c’est de s’adapter aux Brésiliens, et essayer de les contenir au maximum. Il faudra qu’Aliou Cissé trouve la bonne formule pour permettre à son équipe de tenir le rythme du match, d’exister dans cette rencontre. On doit exister dans ce match au risque d’être laminé. Il faudra donc éviter de jouer avec un bloc bas au risque d’être acculé pendant 90 minutes. Les Sénégalais ont tout le temps réclamé des matches amicaux de taille, mais ce n’est pas si simple que ça à décrocher. » Une position que ne partagera peut-être pas le public Sénégalais, voire le staff de Cissé. Une chose est sûre, peu importe le résultat de la partie, qu’il soit un retentissant succès ou un cinglant revers, il comptera forcément, pour les deux sélections, au moment du bilan.

Un parfait baromètre pour les « Lions », un leadership à confirmer…

Malgré une finale perdue lors de la finale de la CAN 2019, contre l’Algérie (1-0), le Sénégal reste l’actuel meilleur pays Africain au classement FIFA (20emondial) un rang qui en fait, mine de rien, la meilleure sélection Africaine. Tenir tête ou battre à la sélection Brésilienne serait en soi un bel exploit, la validation de ce « leadership » sur le continent. Une position que partage largement le consultant Sénégalais qui voit dans cette affiche alléchante un examen de passage pour la Bande à Sadio Mané qui validerait un tant soit peu leur entrée dans l’élite. « Après le match il sera important de tirer un bilan. Lequel bilan devrait nous édifier sur la question de savoir : Est-ce que le Sénégal est prêt franchir un palier décisif dans les grandes compétitions comme la coupe du monde par exemple. Cette rencontre nous permettra de voir si la sélection Sénégalaise peut côtoyer le niveau international. Un bon résultat contre le Brésil confirmerait le rang des « Lions » au niveau continental. »

Pour assister à ce choc inédit entre deux des meilleures actuelles équipes au monde, à Singapour ce 10 octobre, à 12h00 GMT, il faudra casser sa tirelire. Les billets qui ont été vendus comme des petits pains, s’échangent contre 50 à 300 dollars US (30 000 à 180 000 Fcfa environ) de belles sommes pour avoir le privilège de voir les stars briller sur la pelouse du Stade international de Singapour.

Source : Dakaractu

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