Burkina Faso : 16 personnes tués alors qu’elles étaient en pleine prière dans une mosquée

Au moins seize personnes ont été tuées et deux blessées grièvement, vendredi soir, dans une attaque contre une mosquée à Salmossi, dans le nord du Burkina Faso, a-t-on appris samedi de sources sécuritaire et locale.

Une attaque contre des fidèles qui priaient vendredi 11 octobre au soir dans une mosquée a fait au moins 16 morts dans le nord du Burkina Faso. « Des individus armées ont attaqué la grande mosquée de Salmossi [à une vingtaine de km de Gorom-Gorom, une des grandes villes du Nord] entre 19h00 et 20h00, faisant au moins 16 morts », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire. « 13 personnes sont mortes au cours de l’attaque et 3 autres ont succombé quelques heures après », a-t-elle ajouté. « Deux autres blessés sont dans un état critique. » Les victimes sont « des musulmans qui étaient en prière au sein de la grande mosquée », selon un habitant de Gorom-Gorom.

Manifestation contre le terrorisme et « les politiques impérialistes »

Dans la capitale, Ouagadougou, un millier de personnes se sont rassemblées samedi pour « dénoncer le terrorisme et la présence de bases militaires étrangères en Afrique » à l’appel d’une dizaine d’organisations de la société civile à l’occasion des « journées anti-impérialistes ».

« Armée française et forces étrangères on n’en veut pas », « Armée française hors du Burkina Faso » et « forces étrangères hors d’Afrique », ont scandé les participants réunis à la Bourse du Travail en raison d’une interdiction de manifester en ville.

« Le terrorisme est devenu le prétexte idéal pour l’installation de bases militaires étrangères dans nos pays. Les armées française, américaine, canadienne, allemande et autres ont pris pied dans la sous-région pour, disent-elles, combattre le terrorisme. Malgré cette présence massive des plus grandes armées du monde, les groupes terroristes continuent à sévir et montent même en puissance », a lancé le porte-parole des organisations civiles, Gabin Korbéogo.

« Il faut donc se méfier de ces pyromanes nocturnes qui, dès le lever du jour, se transforment subitement en pompiers », a-t-il ajouté. « Ces puissances étrangères utilisent le terrorisme pour (…) contrôler les immenses richesses de la région ».

« Les bases militaires étrangères sont la perpétuation des politiques impérialistes », a affirmé le président du mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Chrisogone Zougloré.

Au Burkina Faso, la France est présente avec 200 hommes des Forces spéciale à Kamboinsin (banlieue de Ouagadougou) mais intervient régulièrement dans le pays au titre de la force Barkhane (4 500 hommes au Sahel). Ces dernières semaines, les militaires français déployés au Sahel ont multiplié les interventions au Burkina Faso.

Près de 500 000 personnes ont fui plusieurs localités en raison des attaques armées des groupes jihadistes, selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui fait état d’une « crise humanitaire en cours » touchant quelque 1,5 million de personnes dans le pays.

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom