Canada : Au moins 18 morts, le bilan de la fusillade s’est alourdit

Une quinzaine de scènes de crime, un tueur au mobile inconnu: alors que le Canada pleure ses morts, l’enquête sur la pire tuerie de l’histoire du pays, qui a fait au moins 18 morts en Nouvelle-Ecosse, s’annonce complexe et pourrait durer des mois selon la police.

Un message de condoléances de la reine Elisabeth II et des hommages musicaux et virtuels ont afflué ce mardi 21 avril alors que le bilan de la fusillade dans l’est du Canada en Nouvelle-Ecosse, la pire dans l’histoire du pays, est monté à 23 morts.

“Nous pensons qu’il y a 23 victimes, dont une âgée de 17 ans”, a expliqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) dans un communiqué.

Elle a précisé avoir retrouvé de nouveaux corps sur les lieux incendiés par le tueur, qui avait mis le feu à au moins cinq maisons et véhicules lors de son périple meurtrier, dans la nuit de samedi à dimanche..

La police n’a pas précisé si ce bilan incluait le tueur, qui a succombé à ses blessures après avoir été atteint par balles par la police dans une station-service dimanche midi en Nouvelle-Ecosse.

Depuis plusieurs jours, les hommages se sont multipliés: des musiciens ont diffusé en ligne leur interprétation de chansons ou d’air connus (comme “Hallelujah” de Leonard Cohen) en hommage aux victimes de cette tuerie, avant la “veillée virtuelle” nationale prévue vendredi sur Facebook, épidémie de coronavirus oblige.

Sur Internet également, le parcours d’un avion privé, parti depuis Halifax, a formé un coeur, autour de la région où a eu lieu le drame, visible sur le site de suivi des vols FlightAware.

“Je voulais tendre la main à la communauté. Je voulais être là avec eux. Je voulais leur dire que je les aime”, a expliqué le pilote Dimitri Neonakis à la chaîne CBC, ajoutant que sa “seule possibilité était dans les airs” en raison des mesures de distanciation sociale liée au coronavirus.

A l’étranger, la reine Elisabeth II, chef d’Etat en titre du Canada, a dit avoir appris avec “une profonde tristesse (…) l’horrible tragédie survenue en Nouvelle-Écosse” et a offert ses condoléances aux familles des victimes, comme l’avait fait la chancelière allemande Angela Merkel la veille.

L’homme a été abattu au terme d’une cavale meurtrière de plus de douze heures  et d’une centaine de kilomètres dans cette province. Ses motivations restent à ce jour un mystère.

Gabriel Wortman, un prothésiste dentaire de 51 ans, n’avait pas de casier judiciaire et portait un véritable uniforme de la GRC lors de sa cavale, a précisé la police.

Certaines victimes “ciblées”

Pendant sa cavale, il s’était aussi déplacé en partie à bord d’une voiture semblable à celle de la police et qu’il avait achetée aux enchères.

Hormis l’adolescente de 17 ans, toutes les victimes sont des adultes, dont certaines étaient connues du tireur, qui les a délibérément “ciblées”, selon la police fédérale.

D’autres victimes ont été identifiées: plusieurs couples avec enfants, une femme qui avait survécu deux fois au cancer, une femme enceinte, une infirmière, une institutrice, un pompier à la retraite.

L’enquête, répartie sur 16 scènes de crime, pourrait durer des mois, ont prévenu les enquêteurs.

La tuerie avait débuté samedi en fin de soirée dans une maison de la paisible commune rurale et côtière de Portapique, qui compte une centaine d’âmes. Appelée par des voisins qui avaient entendu des coups de feu, la police a découvert sur place plusieurs cadavres, à l’intérieur et devant une maison.

Des victimes ont également été tuées dans quatre autres villages.


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