Carte nationale de presse. Oui, et après ?

La Carte nationale de presse. Dans la mesure où le processus est enclenché, il est certain que nous allons entrer en sa possession. Mais bien naïf qui serait enclin à penser que ce document serait la panacée.

Il y a des problèmes objectifs auxquels les Rédactions font face depuis des lustres, et qui sont la conséquence de la mauvaise foi de la plupart de ceux-là qu’on appelle les patrons de presse. Certaines dispositions essentielles de la Convention collective étant royalement piétinées, on se retrouve avec des journalistes qui tirent laborieusement le diable par une queue qu’ils entrevoient à peine. Pendant ce temps, des ‘’patrons’’ de presse qui ont fait de leur outil un moyen de chantage et/ou un instrument de propagande lucrative, se la coulent douce. Ils le savent ou ne le savent pas, leur logique précarise les travailleurs et, par voie de conséquence, participe à la construction d’une mentalité de corrompu.

L’encadrement des nouveaux journalistes, l’intransigeance sur les règles et principes qui régissent la profession, l’honnêteté et la justice dans le traitement salarial… ils s’en foutent. Tant que leurs deals leur rapportent. Parfois le ‘’bon grain’’ n’est pas toujours là où on le pense.

Il est clair que sous ce rapport, nous sommes ici en face d’une question de responsabilité qu’aucune Carte nationale de presse ne peut résoudre.

Faisons abstraction du ou des modèles économiques des différentes entreprises de presse, des conditions de création des journaux (support papier ou digital), etc. Ces questions sont d’ordre légal, stratégique, technique et pratique. Pour dire ceci : la dépendance vis-à-vis de la puissance économique et du pouvoir politique ; la concentration de l’opinion sur des questions totalement périphériques ; la recherche du spectaculaire et le sensationnalisme ; les inexactitudes et la mauvaise compréhension des faits… Ces travers qui sont d’ordre éminemment cognitif et éthique, quelle Carte nationale de presse pourrait les extirper de la tête des journalistes ?

Un Code déontologique ? Alors qui pour le faire respecter ? Par quels moyens ? Peut-on au Sénégal imaginer un Ordre de la Presse ? La Presse est-elle capable de s’autoréguler ? Nous en doutons. Ce qu’il faudrait, avant de taper sur l’Etat (qui est en partie responsable de la misère de la presse), c’est que chacun commence par s’auto-discipliner davantage.

La vraie carte nationale de presse, en tout cas celle qui est supposée nous réconcilier avec nos propres critères de légitimité, ne se trouve nulle part ailleurs que dans la conscience de chaque journaliste.

Félix NZALE

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