«C’est aux Dakarois de décider du sort de la ville» : Soham Wardini s’oppose au projet de suppression de la ville de Dakar

    C’est la première fois que Soham El Wardini se prononce sur la suppression annoncée des villes dont Dakar qu’elle dirige depuis le 29 septembre 2018.

    Dans ses vœux de Nouvel an à ses administrés, Madame le maire de Dakar s’oppose foncièrement à une telle réforme. «Aujour­d’hui plus que jamais, c’est le devenir de notre territoire, notre avenir commun qui est en jeu. C’est à nous de décider, pour que d’autres ne décident pas à notre place, de l’évolution que nous voulons donner à Dakar, notre ville», a-t-elle d’emblée indiqué.

    En effet, le successeur de Khalifa Sall rappelle que «Dakar, ville plus que centenaire, ancienne capitale de l’Aof, ville ouverte à toutes les identités, à toutes les fraternités et à les solidarités, témoin de notre histoire commune, mérite plus de considération». Mieux, c’est «notre patrimoine représentatif du génie, de l’histoire et de la diversité de ses habitants». 

    Elle considère, en outre, que Dakar «c’est aussi une mémoire, une âme et une identité». Par conséquent, l’édile de la capitale estime que «toutes nos forces doivent être mobilisées pour préserver cet héritage commun et construire ensemble l’avenir de Dakar dans la liberté et la solidarité».

     «La suppression des villes n’est pas destinée à une personne» Selon Macky Sall

    Oumar Guèye n’a donc fait que porter la parole de son patron et ça ne pouvait être autrement d’ailleurs. C’est la première fois que le chef de l’Etat parle de la suppression des villes qui fait débat. Après avoir fait la genèse de la décentralisation, Macky Sall a indiqué que le statut de ville est devenu caduc. Sauf que certains voient dans cette réforme annoncée des «manœuvres politiques» pour combattre Khalifa Sall. «On n’a pas besoin de personnaliser les débats», a dit d’emblée le chef de l’Etat. Qui explique : «(…) En réalité, c’est le Parti socialiste – ce n’est pas pour provoquer – qui était là, qui a calqué sur ses coordinations, sur les communes d’arrondissement. L’Acte 3 a consacré le département comme collectivité territoriale. La ville flotte parce que les communes d’arrondissement sont devenues de plein exercice, donc d’égale dignité avec les mairies de ville. Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque et Thiès sont les 5 villes.

    Pourquoi Saint-Louis, Ziguinchor ou d’autres ne réclameraient pas le statut de ville ? Donc si c’était une question politique, même si on enlèverait la ville et on mettait le département, le vainqueur de la ville serait le vainqueur du département. Alors où est le problème ? La question est que la réforme entraîne la caducité du statut de la ville. Maintenant, l’argent de la ville doit descendre aux communes. Et il faudra trouver d’autres compétences aux départements comme la fiscalité. Donc c’est une réforme qui n’est pas destinée à une personne.» Macky Sall réfute, par conséquent, toute idée de peur de perdre Dakar. Et il argumente : «Depuis que je suis là, il y a eu 7 élections : J’étais premier au premier et second tour de la Présidentielle de 2012. Ma coalition a remporté les Législatives de la même année, mais elle a perdu Dakar aux Locales de 2014.

    En 2016 avec le Référendum, j’ai battu campagne et le ‘’Oui’’ a remporté à 55% le département de Dakar. En 2017, nous avons encore gagné les Législatives à Dakar, tout comme à la Présidentielle de 2019. Je remercie les Dakarois qui me renouvellent sans cesse leur confiance. Donc c’est moi qui suis redevable de Dakar. 7 combats, 6 victoires, 1 défaite et on dit vous avez peur de perdre Dakar. Pourquoi on aurait peur ? C’est vrai que les élections locales ne sont pas une élection nationale, c’est un combat à la base. Et moi je ne boxe plus dans cette catégorie. J’ai été maire de Fatick.»

    Le Président a rappelé d’ailleurs que cette question sera discutée dans le cadre de la Commission décentralisation et territorialisation des politiques publiques du dialogue national. Par conséquent, il estime qu’il n’y a pas de forcing. Selon lui, les Locales devaient se tenir, mais «c’est l’opposition qui a réclamé l’audit du fichier, qui date de 2016 d’ailleurs avec des cartes biométriques et l’évaluation du processus. Voilà ce qui a retardé les Locales. Quand ce sera fait, on ira aux élections. On ouvrira l’arène», a-t-il dit.


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