Chronique : Macky Sall, un vrai complexé à la tête de l’Etat

« Consommer local ». Le locataire du palais de la République ne cesse de rabâcher cette rengaine. Mais, au moment où il encourage les Sénégalais à se détourner du riz importé notamment, lui se goinfre d’aliments venus de l’extérieur. Pourtant, cela aurait été une aubaine si ses interminables appels à l’expertise extérieure se limitaient à l’entretien de sa forme.

Macky SALL commence à habituer aux Sénégalais le banc de touche pour mettre sur le terrain des coiffeurs expatriés. S’il s’agissait seulement de leur confier le drapeau national. En plus des couleurs, Macky dépose nos maigres ressources à leurs pieds. Malgré les 65% de l’électorat sénégalais dont il est drapé, il refuse de s’émanciper et n’hésite pas à le manifester à travers des largesses et des courbettes.

Il a éjecté ceux qui étaient chargés de sa communication au moment de galère. Quand il n’était qu’un opposant de plus. Président de la République, cherchant à se faire réélire, il fait appel à un Français pour s’occuper de polir son image. Ne tirant aucune leçon de la débâcle de ses prédécesseurs, Macky SALL est allé louer les services d’un fils de l’ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner pour lui tailler un costume que les Sénégalais, adeptes de la bonne sape, apprécieraient sans même prêter attention à son porteur. Parce qu’en fin de compte, c’est ce que Macky cherche. Son bilan, il n’entend guère s’y appuyer pour inciter les Sénégalais à lui renouveler leur confiance. Un pari qui n’a réussi ni à Abdou DIOUF ni à Me Adoulaye WADE.

En enrôlant un sorcier blanc comme chargé de communication, Macky ne fait continuer une tendance qu’il est en train d’inscrire en tradition. En effet, il fait de plus en plus appel à des sorciers blancs pour s’occuper de tâches que de nombreux autres Sénégalais auraient pu gérer. En faisant de Philippe Bohn, le Directeur général de la nouvelle compagnie aérienne du Sénégal, Macky manifeste cette préférence. Pourtant, il est bien placé pour comprendre que ce poste, des centaines d’autres sénégalais auraient pu l’occuper sans faire moins que le sieur Bohn dont les compétences ne dépassent point le lobbying.

Mais faut-il reprocher au président SALL le fait d’avoir confié des postes de responsabilité à des étrangers alors qu’il n’a pas hésité à charger un organisme international l’exécution de projets nationaux ? Mis en place pour impulser des « transformations économiques et sociales nécessaires pour un Sénégal émergent en 2035… », le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) a été confié au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), avec un budget initial estimé 113 milliards de CFA totalement mobilisé par le Sénégal.

Et pour justifier ce choix qu’aucun n’autre président de la République n’avait osé, Macky SALL tape sur les Sénégalais et met en avant leurs tares. « J’ai confié l’exécution du PUDC au programme des Nations unies pour le développement. Conformément aux accords qui lient notre pays au PNUD. Signés depuis 1987, ces accords nous permettent de collaborer pour apporter des réponses urgentes aux besoins du monde rural dans de meilleures conditions de performance et de respect des exigences de transparence et de bonne gouvernance… J’ai demandé aux ministres de redoubler d’efforts. Parce que si le PUDC marche avec le PNUD et que du côté du gouvernement ça ne marche pas, moi je vais tout transférer », a déclaré le président SALL lors du lancement du PUDC à Diamniadio mardi 7 juillet 2015.

Et que personne ne pense que Macky SALL n’a pas tenu parole, de ce côté-là. S’il n’a pas donné tous les postes de responsabilité à des étrangers, pour ce qui concerne les marchés stratégiquement juteux, c’est à eux qu’il fait régulièrement appel. Il n’est guère besoin de revenir sur le Train express régional (TER). « Puisque les Sénégalais ne savent pas quoi faire des rayons du soleil qui les carbonisent journellement, vaut mieux aller les exploiter et leur refourguer l’énergie ». Qui dit cette phrase, que chacun le cherche. En tout cas, Macky a cassé la tirelire du Sénégal pour nous payer des lampes solaires. Et, il n’est même pas question de la Société nationale d’électricité (SENELEC) qui, à l’instar de la SONATEL, en passe d’être totalement dépouillée et transformée en succursale à travers l’installation de nombreuses centrales photovoltaïques appartenant à des privés prenant pied en France. Pour un projet qu’elle aurait pu piloter, Macky SALL fait appel, non pas aux investisseurs nationaux mais, au groupe français Fonroche. 87 millions d’euros (57 millions 68 millions 259 mille de francs CFA) qu’il file à une entreprise privée française.

Ceux qui battaient le tam-tam au lendemain de la visite du Président Macron au Sénégal devraient sortir les tambours. Pendant qu’Emmanuel Macron tenait le micro de sa main gauche annonçant fièrement la contribution de dix millions d’euros de la France pour la protection de la Langue de Barbarie, sa main droite avait déjà signé un contrat concédant à son pays un pactole de 87 millions d’euros. En plus !

On nous l’a vendu sans qu’on ait le temps de marchander. Il est « né après les indépendances » a été dressé, tel un bouclier, devant lui empêchant ainsi à de nombreux Sénégalais de s’attarder sur ses préférences. Après cinq ans, il est de plus en plus clair que Macky SALL qui boit de l’eau de « Pierval » et qui chausse Bocage marche sur les pas de Léopold Sédar SENGHOR. Il cherche visiblement à nous ramener des années-lumière derrière. En politique, il est dans la même dynamique. Comme le premier président de la République du Sénégal, il brime ses adversaires, organise ses élections et se donne les résultats qui lui convient, ses collaborateurs choisissent qui est Sénégalais et qui ne l’est pas en confisquant des pièces d’identité. Dur avec ses compatriotes, au garde-à-vous à l’étranger. Triste destinée !

CHRONIQUE DE WATHIE

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