Colombie: Un attentat contre l’école de police de Bogota fait 21 morts et 68 blessés

L’explosion d’une bombe dans l’école de police de Bogota, en Colombie, a fait 21 morts et une soixantaine de blessés, le 17 janvier 2019. police — JUAN BARRETO / AFP

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière dans la capitale colombienne depuis 2003. Un attentat à la voiture piégée a fait 21 morts, dont l’auteur des faits, et 68 blessés, ce jeudi, à l’école de police de Bogota. Le président Ivan Duque a décrété un deuil national de trois jours.

« Malheureusement, le bilan préliminaire est de 21 personnes décédées, dont l’auteur des faits, et de 68 blessées », a indiqué la police, jeudi soir, précisant que 58 blessés étaient sortis de l’hôpital. Le précédent bilan officiel était de 11 morts et 65 blessés.

Une camionnette chargée de 80 kilos d’explosif

L’attentat a été qualifié de « misérable acte terroriste » par le chef de l’État, qui depuis son arrivée au pouvoir en août a durci la lutte contre le trafic de drogue et contre l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla de Colombie. L’auteur de l’attaque a été identifié comme José Aldemar Rojas Rodriguez. Il est entré à 09h30 (14h30 GMT) dans l’enceinte de l’École des officiers Général Francisco de Paula Santander, au volant d’une camionnette grise chargée de 80 kilos de pentolite, un puissant explosif, selon le procureur général Nestor Humberto Martinez.

Les autorités n’ont pas précisé s’il était lié à l’un des groupes armés illégaux qui sévissent encore en Colombie, notamment dans le narco-trafic, depuis la paix signée avec l’ex-rébellion Farc en 2016. « Nous ne nous reposerons pas avant d’avoir capturé et présenté à la justice le reste des terroristes impliqués », a affirmé Ivan Duque, ajoutant avoir « décrété trois jours de deuil national (…) en honneur » aux familles des victimes.

L’ELN, la dernière guérilla du pays

L’explosion est survenue à l’issue d’une cérémonie de promotion de jeunes officiers. Il n’a pas été précisé combien de policiers figuraient parmi les victimes. Le procureur a précisé que le véhicule utilisé avait passé un contrôle technique en juillet dernier dans l’Arauca, un département frontalier du Venezuela, où l’ELN est présente. Une employée du service de santé des forces armées a précisé à la radio que la voiture piégée était entrée « soudainement » dans l’école, « percutant presque les policiers et tout de suite il y a eu l’explosion ».

L’attentat a été unanimement condamné, en particulier par le bureau de l’ONU en Colombie, les États-Unis, le Venezuela voisin et les Farc, qui ont exprimé leur solidarité avec les victimes. Avec environ 1.800 combattants, l’ELN est considérée comme la dernière guérilla du pays, depuis le désarmement et la transformation en parti politique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) à la suite de l’accord signé en 2016 avec le précédent gouvernement.

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