Commémoration de l’édition 2017 du Mawlid : forte affluence des fidèles vers la ville sainte de Tivaouane

Tivaouane est déjà dans la ferveur du Gamou. A 24 heures de la commémoration de la naissance du prophète, la ville sainte a presque fait le plein. Les disciples sont venus assister à la clôture du « Bourde » final. Ils en ont profité pour faire leurs « ziars » avant que la grande masse n’arrive.

Assis sur les rebords de la résidence des hôtes, un édifice flamboyant neuf, sur le côté qui fait face à la grande mosquée de Tivaouane, le vieux Gora Dia, 70 ans, jette son regard dans le vide. Il est épuisé par les épreuves qu’il vient de subir en attendant la clôture du « Bourde ». « Je suis arrivé à Tivaouane vers 15 heures. J’ai effectué tous mes « ziars ». J’attends maintenant la clôture du « Bourde » avant de retourner à Kaolack tôt le matin », explique ce vieil homme qui a blanchi sous le poids de l’âge. Depuis quelques années, il a choisi cette formule. Cela lui permet de renouveler le pacte d’allégeance avec son marabout, Serigne Babacar Sy, mais aussi de pouvoir accueillir ses hôtes dans son Kaolack où est célébré aussi le Mawlid. « Tous mes enfants sont des disciples de Baye Niass et célèbrent le Gamou à Kaolack, mais moi je suis disciple de Serigne Babacar Sy. Nous sommes de la même confrérie, la Tidjania, mais je préfère venir ici, à Tivaouane, pour commémorer la naissance du Prophète auprès de mon marabout », mentionne M. Dia qui ne se souvient pas avoir raté la clôture du « Bourde » depuis qu’il est devenu adulte. « Si c’est arrivé, ça doit être rare », relativise-t-il.

Autour de lui, les fidèles effectuent des va et vient incessants. Serigne Ndiaye a aussi trouvé sa formule. Après son « ziar », il est venu admirer ce joyau architectural qui est la résidence des hôtes construite grâce à l’appui du gouvernement du Sénégal. « Que c’est beau ! », apprécie-t-il avant de poursuivre : « Cette année, je suis venu plus tôt que d’habitude. Parce que les années passées, je venais la vieille mais c’était presque impossible d’effectuer correctement mes « ziars ». L’année dernière, je me suis fait piquer mon téléphone à l’entrée du mausolée de Serigne Babacar Sy. Pour éviter tous ces désagréments, je suis venu tôt cette année ».

A 24 heures de la commémoration de la naissance du prophète de l’Islam, Tivaouane, la sainte, a presque fait le plein. Toutes les rues qui mêne à la mosquée grouillent de monde. Les talibés tidianes ne veulent surtout pas rater la clôture du « Bourde ». Ce cadre dans le secteur privé qui requiert l’anonymat a même fait un sacrifice pour venir. « Tout juste après le boulot, j’ai pris le chemin de Tivaouane pour assister au « Bourde » final. Après, je fonce directement sur Dakar pour travailler avant de revenir pour assister au Gamou proprement dit, le jeudi », laisse-t-il entendre.

Avec cette grande affluence avant l’heure, les commerçants commencent aussi à se frotter les mains. Mor Kébé vient de Touba. Il fait une pierre deux coups. « Je suis venu pour vendre et pour commémorer le Gamou en même temps. Tu as vu que je suis sorti de la mosquée. Pour les affaires, nous remercions le bon Dieu. Les clients viennent petit à petit. Si cette tendance se poursuit, je pense que nous allons faire de bonnes affaires », dit-t-il. En attendant, Tivaouane continue de recevoir ses hôtes à bras ouverts.

Le Soleil


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