Comment le Ghana est devenu le poste avancé de Google en Afrique

Moustapha Cisse (C), head of the Google Artificial Intelligence (AI) centre Ghana, talks with colleagues inside a meeting room in the Google AI office in Accra on April 10, 2019. This centre is the first AI centre established in Africa by Google. / AFP / CRISTINA ALDEHUELA

Google, le groupe américain ouvre un laboratoire d’intelligence artificielle dans la capitale Accra et voit, comme Facebook, l’Afrique comme un marché prometteur.

De prime abord, les locaux ressemblent à tous les locaux de Google dans le monde : le célèbre logo aux couleurs primaires est visible sur un mur, des ordinateurs sont posés sur des bureaux flambant neufs, une salle de repos accueille une console Playstation, le coin cuisine une machine à expresso et un micro-ondes… Seuls quelques détails trahissent le premier laboratoire d’intelligence artificielle ouvert en Afrique par le géant du numérique : les impressionnantes lignes de code sur les écrans de la dizaine de chercheurs qui travaillent en silence dans l’open space, un grand tableau rempli de formules mathématiques, mais aussi, au mur, des tentures et une collection d’éventails en kente, ces tissus du Ghana aux motifs géométriques et multicolores prisés dans toute l’Afrique. Les salles de réunion ont été baptisées Bojo et Labadi, du nom de plages de ce pays anglophone installé dans l’Afrique de l’Ouest francophone.

Pourquoi ouvrir un centre d’intelligence artificielle au Ghana ? Cette question intriguait les journalistes conviés mercredi 10 avril dans la capitale Accra pour visiter ce laboratoire annoncé en juin 2018 et ouvert en février dernier. Le pays jouit d’une stabilité politique et d’un bon niveau d’éducation en sciences, convient le directeur du labo Moustapha Cissé. Mais il y a une raison plus profonde, estime cette étoile montante de « l’IA » – un Sénégalais de 34 ans qui arpente les bureaux dans une élégante et longue chemise à col rond mais sans ses beaux mocassins, qu’il a enlevés : « Ouvrir un laboratoire ici, en Afrique, peut faire avancer la science en amenant une perspective différente de celle des chercheurs installés aux Etats-Unis ou en France. » Parmi les dix-sept centres d’Intelligence artificielle (IA) de Google, neuf sont en Amérique du Nord, cinq en Europe, deux en Asie et un en Israël. Le labo d’Accra se veut une réponse au manque de « diversité » et aux problèmes de « biais »dans la recherche, qui empêchent, par exemple, les logiciels de reconnaissance faciale de bien identifier les visages noirs, faute d’y avoir été assez entraînés.

Sources : Le Monde

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