Comment ont évolué les performances du réseau Free Mobile en France ?

L’Arcep a dévoilé aujourd’hui sa dernière enquête annuelle sur la qualité du service mobile en France. Si Free rattrape son retard petit à petit, comment le réseau a-t-il évolué depuis l’année dernière ?

L’enquête du régulateur regroupe plusieurs critères, comme le débit descendant, la qualité d’une vidéo ou la rapidité d’affichage d’une page web en utilisant le réseau mobile. Sur 1.5 million de mesures réalisées cette année, l’Arcep peut ainsi déterminer le pourcentage de réussites des opérations réalisées et le débit moyen atteint par les utilisateurs de chaque opérateur. En comparant les données de cette année à celles de l’année dernière, on peut ainsi voir l’évolution de chaque opérateur, tant dans l’ensemble de la France qu’en zone rurale.

Des débits en hausse, mais un retard important

Ainsi côté débit, on peut voir que Free Mobile a encore du retard à rattraper sur la globalité du territoire français, avec une augmentation de 17 Mb/s en un an pour atteindre 37Mb/s, quand les autres opérateurs ont au moins doublés leur débit descendant, comme c’est le cas pour Orange, qui passe de 40Mb/s à 85Mb/s. En revanche, côté zone rurale, l’opérateur de Xavier Niel passe de bon dernier à premier, proposant 29Mb/s en moyenne, contre 28Mb/s et 27Mb/s pour les autres opérateurs, avec une augmentation de 18 Mb/s depuis l’étude réalisée en 2018.

Les performances sont meilleures et Free grapille beaucoup de points

Côté performance vidéo, c’est à dire le visionnage d’une vidéo de 2 minutes en qualité parfaite, l’opérateur de Xavier Niel accuse encore beaucoup de retard, mais s’améliore bien plus que ses concurrents. En effet, le visionnage est un succès 68% du temps, contre 64% l’année dernière. Si les chiffres sont bas par rapport à ses rivaux, on note que c’est le seul à s’améliorer sur la globalité du territoire, quand Bouygues reste au même niveau et Orange et SFR accusent une baisse respective d’un et trois points. En campagne, Free a carrément bondi de 9 points par rapport à l’année dernière.

Pour la navigation, soit l’affichage d’une page en moins de dix secondes, c’est une hausse générale pour tous les opérateurs. Free a en effet vu ses performances augmentées de 11 points sur l’entièreté du territoire et 20 points dans les zones rurales. Ses concurrents, ayant déjà un taux de réussite supérieur l’année dernière, ont quant à eux vu leur pourcentage de réussite amélioré mais moins drastiquement, comme Orange qui gagne trois points par rapport à l’année dernière.

En somme, les performances du réseau Free Mobile continuent de s’améliorer cette année, avec une hausse sur tous les points étudiés par l’Arcep et ce, même dans les zones rurales. Avec la hausse du taux d’utilisation du réseau propre Free Mobile et l’activation de nombreuses antennes 700MHz, on peut s’attendre à une amélioration encore plus nette, et qui sait, voir Free Mobile rattraper son retard.

Free passe à l’offensive contre Orange au Sénégal

Tailler des croupières au champion local, c’est un métier. Une spécialité, même, dont Xavier Niel a fait sa marque de fabrique. La dernière offensive du propriétaire d’Iliad, la maison-mère de Free en France, se déroule au Sénégal. A travers un consortium franco-africain, auquel participe Xavier Niel via sa holding personnelle, le « trublion des télécoms » a récemment mis la main sur l’opérateur Tigo. Ce mardi, celui-ci a été renommé en Free Sénégal. Lors d’un grand show, son état-major a dévoilé plusieurs offres de téléphonie mobile à bas prix.

Free Sénégal se targue de proposer de la 4G, bien plus rapide que la 3G, la précédente génération de communication mobile. Une avancée importante, même si ce sont très probablement les habitants des zones les plus urbaines qui pourront en profiter. En outre, l’opérateur a annoncé le lancement de Free Money, un service de transfert d’argent. Ses dirigeants ont aussi indiqué qu’une Freebox sera bientôt commercialisée.

Free casse (encore) les prix

Xavier Niel, qui a mis la main sur l’opérateur sénégalais Tigo via un consortium franco-africain, l’a renommé en Free Sénégal. Il mise sur de nouvelles offres de téléphonie mobile pour concurrencer Orange, qui possède la moitié du marché.

L’objectif de ce nouveau Free Sénégal, qui possède 25% du marché, est clair : dézinguer Orange. L’opérateur joue à fond la carte de la data à prix cassé pour ferrer des abonnés. On trouve par exemple un forfait de 30 minutes, avec 2 gigaoctets de données et des appels illimités via WhatsApp pour 1.000 francs CFA (1,50 euro). Celui-ci est valable 30 jours. Au même prix, Orange Sénégal propose 90 minutes d’appels supplémentaires, mais seulement 300 mégaoctets de data. Surtout, cette offre n’est valable qu’une journée ! Orange propose de la data au mois, mais au prix fort. Le pass de 2,5 gigaoctets mensuel est disponible à 2.000 francs CFA. Soit le double de l’offre de Free.

Cette offensive risque donc de faire mal à Orange Sénégal qui, du haut de ses 9,2 millions de clients mobiles, possède environ la moitié du marché. Orange Sénégal pèse lourd dans les activités d’Orange Afrique. L’an dernier, elle a généré 718 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sachant que les activités africaines d’Orange pèsent aux alentours de 5 milliards d’euros. A noter qu’Orange est propriétaire à 42% de la société Sonatel, qui commercialise les offres mobiles Orange Sénégal.

Encore une fois, Xavier Niel recourt à des prix cassés pour grappiller des parts de marché. En France, c’est cette stratégie qui lui a permis de siphonner des abonnés mobiles à la concurrence, et de s’imposer comme un poids lourd des télécoms. Plus récemment, il a fait de même en Italie, où il s’est lancé en tant que quatrième opérateur mobile. Au grand dam de la concurrence, et en particulier de Telecom Italia, l’opérateur historique.


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