Coronavirus : Bill Gates avait prédit la pandémie en … 2017 !

Le fondateur de Microsoft, ainsi que les analystes de la CIA, avaient averti sur les risques d’une pandémie semblable à celle du Covid-19. Lors d’une conférence sur la sécurité, en février 2017 à Munich (Allemagne), le fondateur de Microsoft avait appelé les dirigeants internationaux à investir dans la recherche pour se préparer à une pandémie mondiale.

Sur ce sujet, la deuxième fortune du monde avait alerté : «Qu’ils apparaissent dans la nature ou dans les mains d’un terroriste, les épidémiologistes disent qu’un pathogène transmis dans l’air et se propageant rapidement peut tuer 30 millions de personnes en moins d’un an».

Dans le même discours, Bill Gates avait annoncé une épidémie «dans les 10 à 15 ans à venir». «C’est pourquoi nous nous mettons en danger en ignorant le lien entre sécurité sanitaire et sécurité internationale», avait-il prévenu.

Une pandémie pourrait provoquer une perte de 570 Milliards de dollars 

Craignant également une grave et profonde crise économique, il espérait ainsi que les classes dirigeantes anticipent une éventuelle pandémie mondiale en développant des technologies pour créer des vaccins le plus vite possible. «Le coût global de la préparation à une pandémie est de 3,4 millions de dollars par an (environ 3,05 milliards d’euros). La perte qu’une pandémie provoquerait pourrait atteindre 570 milliards (environ 511 milliards d’euros)», avait-il estimé.

Depuis deux ans, par le biais de sa Fondation Bill & Melinda Gates, le fondateur de Microsoft envoie des tests de dépistage de la grippe classique pour étudier la propagation du virus.

« Quand j’étais petit, la catastrophe dont nous avions le plus peur était un conflit nucléaire », commence le fondateur de Microsoft. « Mais si quelque chose tue plus de 10 millions de personnes dans les prochaines décennies, ce sera plus probablement un virus hautement contagieux qu’une guerre. […] Nous avons investi beaucoup dans la dissuasion nucléaire, et très peu dans un système pour endiguer les épidémies. Nous ne sommes pas prêts. »

En ce qui concerne Ebola, « le problème était qu’il n’y avait pas de système », tranche Bill Gates, qui vient de suivre la progression, via son influente fondation humanitaire, de cette épidémie qui a fait plus de 10 000 morts au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée. « Nous n’avions pas d’équipe d’épidémiologistes prête à partir sur place, les rapports arrivaient sur papier et étaient inexacts. » L’OMS, dont ce serait le rôle, n’est pas armée pour le faire, souligne-t-il.

« Dans une zone comme il en existe en Chine… »

Un petit livre à la couverture rouge, plus ancien que la conférence de Bill Gates, est également réapparu sur les réseaux sociaux ces dernières heures. « Le nouveau rapport de la CIA : comment sera le monde en 2025 ? », dont l’édition française est parue aux éditions Robert Laffont en 2009, est la quatrième édition d’un rapport de l’agence de renseignement américain, qui tente régulièrement de prédire l’avenir du monde dans un horizon de quinze à vingt ans, en pointant l’émergence de facteurs susceptibles de provoquer conflits et tensions. Dans un encart intitulé « Le déclenchement possible d’une pandémie mondiale », les experts de la CIA y décrivent un scénario très proche de la crise du Covid-19, imaginant « l’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse ».

Le texte prévoit même dans quelle zone et dans quelles circonstances ce nouveau virus pourrait émerger : « Si une maladie pandémique se déclare, ce sera sans doute dans une zone à forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux, comme il en existe en Chine et dans le Sud-Est asiatique où les populations vivent au contact du bétail. »

Les pratiques d’élevage à l’œuvre dans ces zones sont des vecteurs de contagion virale au sein des populations animales et de transmission à l’homme, soulignent les auteurs en rappelant l’exemple de la grippe H5N1. « Dans un tel scénario, la maladie tarderait à être identifiée si le pays d’origine ne disposait pas des moyens adéquats pour la détecter », redoutent les analystes. « Il faudrait des semaines pour que les laboratoires fournissent des résultats définitifs confirmant l’existence d’une maladie risquant de muter en pandémie. »

Les premiers cas de Covid-19 ont été recensés le 31 décembre dernier, trois semaines après l’apparition des premiers symptômes chez des employés du marché de fruits de mer de Huanan, à Wuhan. L’OMS n’a déclaré l’état d’urgence sanitaire que le 30 janvier.

« Des tensions ne manqueraient pas d’éclater »

Alors, prédisaient les auteurs, les Etats tenteront de contrôler et limiter les mouvements de leurs populations, avec difficulté et sans garantie de succès. Là encore, la présence de malades asymptomatiques serait un facteur aggravant : « en dépit de restrictions limitant les déplacements internationaux, des voyageurs présentant peu ou pas de symptômes pourraient transporter le virus sur les autres continents ».

Le nombre de malades augmenterait alors de mois en mois, en l’absence d’un vaccin efficace. « Dans le pire des cas, ce sont de dix à plusieurs centaines de millions d’Occidentaux qui contracteraient la maladie », écrit la CIA, qui prévoit également un choc économique majeur, avec une « dégradation des infrastructures vitales et des pertes économiques à l’échelle mondiale ». Si le facteur pathogène s’avérait particulièrement virulent, un bilan humain mondial se comptant en centaines de millions de morts serait même à envisager.

Certes, le monde se prépare alors à une telle éventualité, rassure la CIA, rappelant que des centres de recherche travaillent à la mise au point de vaccins capables de prévenir ou limiter les pandémies de grippe : « Un résultat positif dans les prochaines années réduirait le risque que représente une telle pandémie pour les décennies à venir. »

Avec ce bémol :

« Si une telle maladie apparaît d’ici à 2025, des tensions et des conflits internes ou transfrontaliers ne manqueront pas d’éclater ».

Dans la foulée de l’épidémie d’Ebola de 2014-2015, le Conseil de sécurité national (NSC) de la Maison-Blanche se dotait d’une unité de lutte contre les pandémies, dirigée par des experts mondialement reconnus. En mai 2018, l’administration Trump supprimait cette équipe, la jugeant inutile. Vendredi 13 mars en conférence de presse, Donald Trump a rétorqué à la journaliste qui l’interrogeait sur cette décision que sa question était « méchante ».

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