Coronavirus : la Belgique annonce un confinement jusqu’au 5 avril (Vidéo)

La population belge est invitée à rester à la maison à compter de mercredi 18 mars à 12H00 locales (11h00 GMT) jusqu’au 5 avril afin d’éviter la propagation du nouveau coronavirus, annonce la Première ministre Sophie Wilmès.

La Belgique va entrer en confinement à partir du mercredi 18 mars à midi et jusqu’au 5 avril, a annoncé, mardi 17 mars au soir, la première ministre, Sophie Wilmès, à l’issue d’une réunion du Comité national de sécurité, qui réunit des représentants de l’Etat fédéral, des régions et des communautés.

La Belgique compte actuellement 1 243 cas dépistés au Covid-19 et dix morts. Au rythme actuel de contamination et sans mesures complémentaires, les services d’urgence auraient dû accueillir 5 000 patients dans une semaine, a affirmé le ministre-président de la Wallonie, Elio Di Rupo. Une situation jugée intenable pour le système hospitalier.

« Nous prenons des décisions difficiles parce que l’évolution de la situation nous y oblige », a fait savoir la première ministre, désormais appuyée par neuf partis, dont six siégeant dans l’opposition. Ils lui ont apporté officiellement leur soutien, mardi, lors d’un vote de confiance à la Chambre des députés.

Les voyages à l’étranger seront interdits

Dans cette nouvelle phase, tous les rassemblements seront interdits. Les magasins devront fermer leurs portes, sauf les commerces d’alimentation, les pharmacies et les maisons de la presse. Seuls les déplacements jugés essentiels, pour le travail notamment, seront autorisés. Les entreprises sont invitées à privilégier au maximum le télétravail et soumises, si elles continuent à fonctionner, à un contrôle strict et à de lourdes amendes, voire à une fermeture, en cas d’infraction aux consignes de « distanciation sociale ».

Dans les grandes surfaces, les entrées et la durée de présence des clients seront limitées. Les magasins de nuit devront fermer à 22 heures. Les transports en commun devront également assurer l’éloignement entre les passagers. Les voyages à l’étranger seront interdits s’ils sont jugés non indispensables. Les crèches resteront ouvertes et un système d’accueil est maintenu dans les écoles, en faveur notamment des parents qui travaillent dans les secteurs de la santé et de la sécurité.

« La Belgique privilégie le bon sens »

« Nous espérons ne pas devoir aller plus loin », a commenté Mme Wilmès. Sans exclure formellement la nécessité d’une prolongation des mesures d’interdiction au-delà de la date fixée. L’instauration d’un couvre-feu avait été évoquée après, notamment, une demande du président de l’Alliance néoflamande (N-VA, nationaliste), Bart De Wever, par ailleurs maire d’Anvers. L’idée n’a pas été retenue, la plupart des villes du pays étant d’ailleurs désertées depuis la fermeture des bars, restaurants et de la plupart des commerces, décidée le 14 mars.

La rumeur de contrôles exercés par l’armée a également été démentie. Et la question des amendes éventuelles à infliger aux contrevenants n’est, jusqu’ici, pas évoquée. « La France a une approche sécuritaire, quasiment guerrière, la Belgique privilégie le bon sens et l’aspect humain », analysait, mercredi soir, un commentateur de la RTBF.

Pour certains spécialistes du monde médical, cette approche plus douce pourrait toutefois ne pas suffire compte tenu, notamment, de la récente progression du nombre d’hospitalisations (109 de plus en un seul jour, lundi), qui traduirait l’insuffisance des mesures en vigueur jusqu’ici.


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