Coronavirus : que savons-nous de l’artemisia ?

Madagascar a attiré beaucoup d’attention en avril dernier lorsque l’île africaine a annoncé qu’elle utilisait une plante locale pour combattre le coronavirus.

Une boisson à base d’extraits de la plante d’artémisia a été promue par son leader, le président Andry Rajoelina.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rien ne prouve pour l’instant que cette plante – dont les composés agissent contre la malaria – puisse combattre le Covid-19.

Que savons-nous donc de cette plante et de ses propriétés ?

L’Artemisia annua est originaire d’Asie, mais elle pousse dans de nombreuses autres régions du monde où le soleil est présent et où il fait chaud.

Elle est utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2 000 ans pour traiter un certain nombre de maladies, dont la malaria, ainsi que pour soulager la douleur et combattre la fièvre.

Dans la médecine chinoise, il est connu sous le nom de “qinghao”.

On l’appelle aussi absinthe sucrée ou absinthe annuelle, et elle est utilisée comme thérapie alternative – et même mise dans certaines boissons alcoolisées.

L’artemisia pourrait-elle agir contre le Covid-19 ?

Le Président Rajoelina de Madagascar a déclaré en avril dernier que les essais menés sur la boisson Covid-Organics – qui utilise l’armoise – ont montré son efficacité contre la maladie. Il a réitéré cette affirmation en septembre.

Mais aucune preuve n’a été démontrée publiquement à cet égard.

Et la composition exacte de la boisson n’est pas connue, bien que le gouvernement affirme que plus de 60% est dérivé de la plante d’artémisia.

Madagascar a également commencé à produire des capsules et une solution injectable, sur lesquelles des essais cliniques ont déjà commencé.

Des scientifiques allemands et danois ont testé des extraits de la plante Artemisia annua, qui, selon eux, ont montré une certaine efficacité contre le nouveau coronavirus en laboratoire.

Les recherches – qui n’ont pas été examinées de manière indépendante par d’autres scientifiques – ont montré que ces extraits avaient une activité antivirale lorsqu’ils étaient utilisés avec de l’éthanol pur ou de l’eau distillée.

Ces chercheurs travaillent avec l’université du Kentucky pour réaliser des essais cliniques sur l’homme à un moment donné.

La Chine a mené ses propres tests, basés sur des médicaments traditionnels qui utilisent la plante artemisia annua.

En Afrique du Sud, des scientifiques ont effectué des tests en laboratoire sur l’artemisia annua et une autre variété de la plante – l’artemisia afra – pour déterminer leur efficacité contre le Covid-19. Mais il n’y a pas encore de résultats.

Que dit l’OMS à propos de l’artémisia ?

L’OMS dit qu’elle n’a pas encore eu d’informations détaillées sur les tests effectués à Madagascar.

Jean-Baptiste Nikiema de la région Afrique de l’OMS a déclaré à la BBC que l’organisation pourrait s’impliquer plus tard dans les essais – en fonction des informations qu’elle obtiendra sur les premiers essais.

Pour l’instant, l’OMS affirme qu’il n’y a pas de preuve que les produits dérivés de l’artémisia agissent contre le Covid-19.

Elle ajoute que toutes les plantes médicinales “devraient être testées pour leur efficacité et leurs effets secondaires indésirables” par le biais d’essais cliniques rigoureux.

Comment est-il utilisé contre le paludisme ?

Le principe actif présent dans les feuilles séchées de l’artemisia annua est appelé artémisinine, et il est efficace contre le paludisme.

Des scientifiques chinois ont été les premiers à découvrir ses propriétés lorsqu’ils cherchaient un remède contre le paludisme dans les années 1970.

Les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine – connues sous le nom d’ACT – sont recommandées par l’OMS contre le paludisme, en particulier les types qui résistent aujourd’hui à la chloroquine, qui est l’un des principaux traitements médicamenteux de la maladie.

Les CTA contiennent des dérivés de l’artémisinine combinés à d’autres substances, et ceux-ci réduisent le nombre de parasites du paludisme dans l’organisme.

L’accès accru aux ACT dans les pays où le paludisme est endémique a été cité comme un facteur clé pour aider à réduire le bilan mondial de la maladie au cours des 15 dernières années.Quels sont les risques de résistance aux médicaments ?

Comme les extraits d’Artemisia annua ont commencé à apparaître plus largement comme remèdes contre le paludisme, par exemple dans le thé, on craint qu’une utilisation non réglementée ne permette au parasite du paludisme de développer une résistance.

Cette résistance a déjà été observée dans un certain nombre de pays d’Asie du Sud-Est.

“Nous savons qu’avec le temps, le parasite [du paludisme] commencera à résister, mais cette période doit être la plus longue possible”, déclare Jean-Baptiste Nikiema de l’OMS.

L’OMS déconseille désormais l’utilisation de formes non pharmaceutiques d’artémisinine, craignant que cela ne conduise à une résistance croissante au paludisme.


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