« Dérives » sur Internet : De quoi Macky Sall aurait-il peur ?

C’est la deuxième fois que Macky Sall lance un alerte et même un défi à l’endroit des acteurs de « dérives » sur internet. Et le plus étonnant est le contexte non approprié de son deuxième avertissement, tenu lors de la célébration de la Journée des Forces armées hier au Camp Dial Diop. La question que l’on se pose est pourquoi attendre à seulement 4 mois de la présidentielle ?

Pourtant, depuis plus de deux ans, le Président est la cible d’ « insulteurs » sur internet mais ne s’est jamais prononcé sur le sujet. Avant lui, d’honnêtes citoyens ont été diffamés sur les réseaux sociaux.

Cela amène à se poser la question de savoir si le président aurait -il peur du candidat redoutable que constitue internet avec les réseaux sociaux ?

En effet, tout le monde s’accorde à dire que les jeunes aujourd’hui ont massivement investis Facebook, WhatsApp, Tweeter … pour exposer leur opinion sur la marche du pays. Et pour des candidats comme Ousmane Sonko, les réseau sociaux représente une arme redoutable qui lui a permis aujourd’hui de partager ses idées et de se hisser rapidement au sommet de l’opposition. Et le moins qu’on puisse dire est que le même phénomène a récemment été observé au Brésil ou l’actuel président Bolsarano à largement bénéficié de Facebook pour être élu.  « Si nous perdons les réseaux sociaux, c’est terminé », avait affirmé le candidat populiste, arrivé au pouvoir le 28 Octobre dernier, au cours d’un de ses nombreux « directs » sur Facebook, où il est suivi par près de sept millions d’abonnés.

Aujourd’hui, Ousmane Sonko est le candidat qui a su gagner le pari des réseaux sociaux au Sénégal. Et il est facile de s’en rendre compte en tapant son nom sur Facebook et de voir les dizaines de groupes, de pages de profils qui soutiennent le leader du PASTEF.

D’autres candidats ont aussi massivement investi les réseaux sociaux même si c’est à des degrés moindre que Sonko. C’est le cas du leader du Rewmi d’Idrissa Seck, de Malick Gakou, etc.

Ailleurs, comme aux Etats Unis, Facebook a influencé les élections et permis à Donald Trump d’être élu président au moment où tous les sondages donnaient Hilary Clinton gagnant. Cette ingérence de facebook a été d’ailleurs été le scandale Facebook-Cambridge Analytica

Même si l’accès à internet demeure difficile dans certaines localités reculées du Sénégal, cela n’a pas empêché Sonko de se faire une place de leader dans l’opposition jusqu’à constituer une menace pour le pouvoir en place.

Dès lors, l’on peut aisément comprendre la décision du pouvoir de stopper les soit disant « dérives » (difficile à quantifier) sur internet. Mais c’est peine perdue pour Macky Sall, car il est difficile d’arrêter la mer avec ses bras. Et c’est d’autant plus compliqué pour le cas d’activistes sénégalais installés hors du pays. Ainsi, la nouvelle trouvaille du président de transformer les hommes de tenus en « cybertraqueurs » est voué à l’échec !

Samarew Infos

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