Dieuppeul : Les parents d’élèves refusent de payer les 3 mois sans cours de la période de COVID-19 et interpelle l’Etat

Au sortir d’une assemblée générale extraordinaire conjointe tenue ce samedi 31 octobre 2020 entre les Associations de Parents d’élèves de la Petite École Protestante, de Dieuppeul et de Wagane Diouf sous l’égide de leurs présidents respectifs Mame Abdoulaye Tounkara et Saliou Mbengue, les parents d’élèves ont exprimé leur refus de payer les trois mois de scolarité sans enseignements dus au Covid, avant d’en appeler à l’arbitrage de l’Etat.

En effet, malgré les trois milliards alloués par l’Etat aux écoles privées, ces dernières pour bon nombre d’entre elles continuent de réclamer aux parents d’élèves 3 mois de scolarité sans enseignement à cause du Covid. Et dans les deux écoles précitées, la rencontre avait pour but de statuer autour de l’unique point inscrit à l’ordre du jour concernant l’examen des conditions de reprise des cours en fonction de la pandémie de la Covid-19. Une réunion au cours de laquelle les parents d’élèves ont planché sur la problématique qui gangrène ces deux établissements et notamment le dialogue de sourds qu’ils vivent avec l’administration de l’école au sujet des trois mois de scolarité non enseignés aux élèves et réclamés par l’administration des écoles.

Les parents d’élèves avaient estimé impertinent de poursuivre la rencontre dès lors qu’ils ne pouvaient s’entendre sur l’essentiel, c’est à dire un accord sur l’affaire des trois mois. Or, lors de cette réunion, les représentants des parents d’élèves avaient même proposé de couper la poire en deux, ce qui veut dire, payer les 50 % de ces mensualités selon un moratoire à définir après les inscriptions. Contrairement au Comité de gestion de l’école qui exige la totalité de la somme qu’il considérait non négociable, sauf le dernier mois qui pourrait être payé selon un moratoire, souligne-t-on dans un document reçu.

Toutefois, à la rencontre de ce samedi 31 octobre 2020, l’assemblée a démocratiquement décidé de ne pas payer un seul franc de cette somme indûment réclamée. parce que, selon elle, le contrat opposant les deux parties n’ayant pas été respecté.

En définitive, « l’Assemblée a décidé de saisir l’État du Sénégal pour un arbitrage, afin de trancher cette lancinante question, au regard de l’imminence de l’ouverture des classes et de l’importance de l’éducation dans la vie de la Nation », renseigne toujours le texte. Les parents d’élèves pour leur part, menacent d’ester en justice « pour que le droit soit dit et que force reste à la loi ». Cependant, ils n’ont pas manqué de souligner « le non respect de l’esprit d’entraide qui occupe une place prépondérante dans l’appellation de l’entité qui régit les deux écoles : APES (Association Protestante d’entre-aide au Sénégal) ».

Dans le même ordre d’idées, ils ont listé, en tant que partenaires de l’école, leurs actions : toujours arrondir les angles avec les enseignants qui ont toujours menacé d’organiser une conférence de presse pour réclamer leur salaire, l’hébergement de leurs caisses par l’établissement qui utilise leurs fonds pour travailler, l’organisation et le financement de la fête de fin d’année, l’organisation et le financement de la ” Journée de l’enseignant “, de Journées médicales gratuites pour tous, de l’arbre de Noël, la mise en place de dojo pour arts martiaux, le lancement de la discipline ” Neuroscience “, l’organisation d’une soirée avec orchestre dont les bénéfices ont servi à renflouer leur caisse et celle de la coopérative d’habitat des enseignants, de substantielles contributions dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, contre Ébola, des appuis sociaux, etc.

Pour ces parents qui veulent sauver la scolarité de leurs enfants, « Il urge de mettre le focus sur le contrat liant ladite école au parent d’élève qui y a souscrit une inscription pour la scolarité de son enfant. Il est avéré que les neuf mensualités de l’année scolaire sont dues si peu que tout parent inscrit son rejeton dans un quelconque établissement privé que ce soit, même si l’élève rate le premier mois de cours. Ce qui sous – entend qu’il s’agit d’un contrat entre deux parties : le parent et l’école. En d’autres termes, l’institution scolaire offre des enseignements à l’enfant, dont le parent paie cette prestation de services. Autant dire que chaque co-contractant a l’obligation de remplir un engagement spécifique », rappelle-t-on.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, ils regrettent « un dialogue de sourds entre l’école qui réclame le reste des mensualités de l’année scolaire pour faire face à ses charges dont, entre autres, les salaires des enseignants, tandis que le parent d’élève rechigne à payer, faute d’enseignements reçus par son protégé. Cette situation inédite et difficile se pose avec acuité et plombe le fonctionnement desdits établissements eu égard aux classes intermédiaires dont nombreux sont les parents d’élèves qui se cramponnent sur cette position de non-paiement de services non effectués… Alors qu’ils ne puissent même pas disposer du carnet de notes de leurs enfants sanctionnant cette scolarité ».

Interpellant le chef de l’Etat Macky Sall, au vu de ce que représente l’Éducation dans tout pays, « pour ma part, cette situation de guerre froide qui augure des lendemains incertains où chaque partie croit, à juste raison, avoir raison, mérite recevoir votre arbitrage, puis votre appui à l’école privée », conclut Mame Abdoulaye Tounkara dans la lettre.


PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom