Disparition de Jamal Khashoggi : l’incroyable scénario d’une boucherie

« Les faits sont très graves », a réagi Emmanuel Macron concernant la disparition d’un journaliste saoudien, Jamal Khashoggi travaillant notamment pour le « Washington Post ». Il a disparu depuis dix jours, après s’être rendu au consulat de son pays, à Istanbul (Turquie).

L’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a révélé l’existence d’enregistrements effectués à l’aide de sa montre connectée qui laissent supposer qu’il a été torturé et tué, a rapporté samedi le quotidien turc Sabah.

Jamal Khashoggi n’a pas donné signe de vie depuis qu’il s’est rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre dernier. Sa fiancée, qui l’attendait à l’extérieur, assure qu’il n’en est pas ressorti et, selon des sources proches des services de sécurité turcs, il y a été tué par une équipe d’une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays. Riyad, qui dément, a accepté de participer à l’enquête et une délégation saoudienne est arrivée vendredi en Turquie.

« Les moments où Khashoggi a été interrogé, torturé et assassiné ont été enregistrés dans la mémoire de l’Apple Watch », écrit l’auteur de l’article de Sabah, précisant que la montre était synchronisée avec son iPhone, qu’il a confié à sa fiancée avant d’entrer au consulat. Deux hauts fonctionnaires turcs avaient déjà indiqué à Reuters que Khashoggi portait une montre Apple connectée à un téléphone portable qu’il avait laissé à l’extérieur.

Selon Sabah, qui cite « des sources fiables appartenant à un service de renseignements spécial », le journaliste a activé la fonction d’enregistrement de sa montre avant d’entrer au consulat. Des membres des services de renseignements saoudiens s’en sont rendus compte après sa mort et ont utilisé ses empreintes digitales pour supprimer certains fichiers, mais d’autres ont pu être récupérés sur son téléphone, poursuit-il.

Jamal Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis il y a un an, craignant que ses opinions ne lui valent des représailles. Il a quitté l’Arabie en septembre 2017 quand les autorités l’ont sommé de cesser de s’exprimer sur Twitter.

Au cours de l’année écoulée, il a écrit une série d’articles publiés par le Washington Post, dans lesquels il dénonçait l’attitude de Riyad à l’égard du Qatar et s’indignait de la guerre au Yémen, de la répression politique ou de la censure.

Des agents secrets saoudiens présents en Turquie ?

Hier matin, un journal d’Istanbul explique que lorsqu’il est entré dans le consulat, Jamal Khashoggi a laissé à sa compagne, restée à l’extérieur, et son téléphone portable. Les images et le son de son agression auraient été transmises jusqu’au téléphone, via sa montre connectée. Une version jugée peu vraisemblable par des experts américains. En revanche, la police turque affirme, avec images de caméras de vidéosurveillance à l’appui, que 15 agents secrets saoudiens sont arrivés en avion à Istanbul ce jour-là, direction le consulat, avant de repartir le soir même.

Cette affaire devient de plus en plus embarrassante pour le prince Ben Salman, qui nie toute implication dans la disparition du journaliste. Aux États-Unis, Donald Trump s’est montré très ferme : « Si cette affaire est avérée, ce serait tout simplement effroyable et inacceptable. Il faut enquêter jusqu’au bout, et il pourrait y avoir de graves conséquences ». Pour autant, le président américain a affirmé qu’il était hors de question de remettre en cause les ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

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