Dr Traoré, DS de l’ISRA : “le riz brisé importé n’est pas destiné à la consommation”

« 950 mille tonnes de riz ont été importées au Sénégal pour l’année 2016. Pourtant, ce riz brisé est un déchet », accuse le Docteur El Hadji Traoré, directeur scientifique de l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA).

Selon lui, le riz brisé importé n’est pas destiné à la consommation. « L’accès au produit est une culture politique et sociale. Quand il manque dans tous les pays du monde, il y a problème. C’est un aliment très consommé, c’est pourquoi, il faut faire de sorte que tous les Sénégalais aient accès à ce produit surtout que le riz est très consommé dans notre pays tel que le riz brisé qui est une habitude alimentaire », souligne-t-il.

Mais le seul problème avec ce produit selon le docteur, est que non seulement le riz n’est pas destiné à la consommation, mais aussi la durée de son stockage dans les pays producteurs, est trop longue.

« D’ailleurs, beaucoup de gens se demandent pourquoi les Sénégalais le consomme, car c’est un déchet, le riz normal est utilisé pour autre chose. En plus, le riz que nous consommons, c’est un produit qui a beaucoup duré. Le produit importé, des fois, n’est pas du riz neuf contrairement au riz local. Aussi ce riz n’a pas les mêmes qualités organiques et chimiques que le riz destiné à la consommation », explique Dr Traoré.

Elargissement de la carte variétale du riz au Sénégal : de nouvelles variétés « ISRIZ » homologuées

Pour contribuer à l’autosuffisance en riz prôné par l’Etat, L’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) vient d’élargir la carte variétale de semences de riz local. Ces variétés sont divisées en quatre catégories : cinq variétés aromatiques (ISRIZ 1, 2, 3, 8 et 9), six variétés à très bonne qualité de grain pour la transformation et la cuisson (ISRIZ 4, 5, 6, 7, 12 et 15), deux variétés tolérantes à la salinité (ISRIZ 10 et 11) et deux variétés tolérantes aux basses températures (ISRIZ 13 et 14).

Portant ainsi le portefeuille semencier à plus d’une soixantaine (60) de variétés de semences en riz. Fruit d’un processus de deux ans qui a associé le CRA de Saint-Louis, la DISEM, la SAED et la DRDR de Saint-Louis, ce travail a été validé à l’issue d’un atelier qui s’est tenu le 27 décembre 2017 à Dakar à cet effet.

Qui plus est, répondent aux exigences des consommateurs sénégalais et donnent des rendements qui peuvent atteindre 13 tonnes à l’hectare. Pour s’assurer que les Sénégalais vont apprécier ces variétés de riz et leurs qualités, des tests organoleptiques ont été effectués à l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA), des tests de cuisson, de dégustation ainsi que des analyses de la qualité des grains dans différents laboratoires. « Nous espérons que ceci va beaucoup contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance en riz telle que prôné par le chef de l’Etat, Son Excellence Macky SALL. C’est ainsi que nous pouvons aider notre pays à régler certains défis.

 

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