Échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël

    Le premier ministre libanais, Saad Hariri, a demandé dimanche «l’intervention» de la communauté internationale face à l’escalade des tensions.

    Les échanges de tirs dimanche entre le Hezbollah libanais et Israël à la frontière entre les deux pays sont « probablement terminés », a estimé dimanche 1er septembre l’armée israélienne. Ces tirs n’ont fait aucune victime côté israélien, a affirmé le porte-parole de Tsahal Jonathan Conricus, contredisant le Hezbollah libanais. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cependant déclaré avoir donné l’ordre à l’armée de rester « prête à tous les scénarios ».

    L’armée israélienne a annoncé un peu plus tôt dimanche mener des frappes dans le sud du Liban, en représailles à des tirs de missiles antichars ayant touché des cibles sur son territoire. « Des missiles antichars ont été tirés depuis le Liban vers une base et des véhicules militaires. Des cibles ont été touchées. [L’armée] riposte avec des tirs vers la source de ces frappes et cible le sud du Liban », a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué.

    Les militaires israéliens ont aussi bloqué l’accès à la frontière à des journalistes voulant s’approcher.

    « Les forces de l’occupation israélienne ont visé les environs des localités de Maroun al-Ras, Aïtaroun et Yaroun avec plus de 40 roquettes à fragmentation ou incendiaire, ce qui a provoqué des incendies » dans ces secteurs boisés, a affirmé l’armée libanaise dans un communiqué.

    La France veut « éviter l’escalade »

    Face à cette escalade, le premier ministre libanais, Saad Hariri, a réclamé dimanche l’« intervention » de Paris et de Washington, selon un communiqué de ses services. Il s’est entretenu par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et avec un conseiller du président français Emmanuel Macron pour demander « l’intervention des Etats-Unis, de la France et de la communauté internationale face aux développements de la situation à la frontière sud » du Liban, d’après le communiqué.

    La Finul, force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le sud du Liban à la frontière avec Israël, a appelé dimanche toutes les parties à « la plus grande retenue » et à « cesser toute activité qui mette en danger la cessation des hostilités ».

    « La France multiplie les contacts dans la région depuis les incidents du 25 août, en vue d’éviter l’escalade », affirme un communiqué du ministère français des Affaires étrangères publié dimanche soir. Le texte précise qu’Emmanuel Macron « s’est entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et avec le président iranien Hassan Rohani au cours des derniers jours ».

    « Nous sommes en contact permanent avec tous les acteurs libanais », ajoute le ministère des affaires étrangères, assurant que « la France entend poursuivre ses efforts en ce sens et appelle chacun à prendre ses responsabilités en vue d’un retour rapide au calme ».

    Les Etats-Unis, quant à eux « soutiennent pleinement le droit d’Israël à se défendre » face au Hezbollah qui « devrait s’abstenir d’actions hostiles qui menaceraient la sécurité, la stabilité et la souveraineté du Liban », a déclaré dimanche un responsable du département d’Etat américain. « Ceci est un autre exemple du rôle déstabilisateur des agents de l’Iran dans le sabotage de la paix et de la sécurité dans la région », a-t-il ajouté.

    Action revendiquée par le Hezbollah

    Le Hezbollah libanais a un peu plus tôt dimanche affirmé avoir « détruit » un véhicule de l’armée israélienne dans le secteur d’Avivim, dans le nord d’Israël, rapportant « des morts et des blessés », selon la chaîne Al-Manar, organe de la formation chiite. « A 16 h 15 » (15 h 15, heure de Paris), une unité de combattants du Hezbollah « a détruit un véhicule militaire sur la route menant à la caserne d’Avivim », dans le nord d’Israël frontalier du Liban, lit-on dans le communiqué du Hezbollah partagé par Al-Manar.

    Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait déjà annoncé samedi avoir décidé d’une « riposte » à l’« attaque » de drone survenue la semaine dernière contre son fief à Beyrouth et attribuée à Israël. Israël doit « payer le prix » de cette attaque et il s’agit pour le Hezbollah d’« établir des règles d’engagement et (…) une logique de protection pour le pays », avait-il déclaré.

    Israël n’avait pas confirmé l’attaque de drone, survenue le 24 août dans la banlieue chiite du sud de Beyrouth et qualifiée de « déclaration de guerre » par le président libanais Michel Aoun. L’attaque avait été présentée par Hassan Nasrallah comme « le premier acte d’agression » d’Israël au Liban depuis la guerre de 2006 entre l’Etat hébreu et le Hezbollah, qui a fait 1 200 morts côté libanais et 160 côté israélien.

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