EDITO – La corruption au Sénégal (Par Kab Niang)

Comprenant que je dois défendre l’intérêt général de mon pays, j’ai constaté avec l’œil d’un patriote et notamment celui qui aspire à voir son pays et tout son continent s’unir pour lutter contre la corruption.

Le président sénégalais, Macky Sall, réélu le soir du 24 février 2019 avec 58 % des voix pour une deuxième fois à la tête du pays, promettait au peuple une gouvernance sobre et vertueuse. Aujourd’hui, ce que révèlent les faits actuels, on voit un président qui favorise sa famille et ses alliés au détriment de la population sénégalaise. Aujourd’hui les Sénégalais savent que leur pays est l’un le plus corrompu du monde. L’heure des comptes doit arriver.

Si les pays africains tardent à s’engager dans le combat pour lutter contre la corruption, c’est  qu’il n’ y a pas de volonté politique. Trop d’ambition personnelle, pour les dirigeants et leur entourage, quand aucune attention n’est portée à l’intérêt général. Le Sénégal se classe au 67ème rang des pays les plus corrompus dans le monde, selon le dernier classement établi par Transparency International (1). Evidemment, notre pays est moins mal classé que d’autres comme la Côte d’Ivoire (105ème rang sur 180) le Mali (120ème) ou le Congo (161ème). La Somalie fermant la marche (180ème et dernier rang) et l’Afrique est le continent le mieux représenté dans les mauvais élèves de de la planète. Mais, l’objectif est d’avancer, pas de reculer et, à mes yeux le Sénégal, n’en prend pas le chemin. En nommant des membres de sa famille ou ses amis à des postes de ministres ou à la tête d’administrations publiques, le président Sall ne fait que favoriser la corruption. Du haut en bas de l’État sénégalais ce type de comportement ne peut qu’encourager la corruption. Comment dans ces conditions peut-on faire croire aux Sénégalais que la nouvelle présidence va promouvoir un « gouvernance sobre et vertueuse » ? Ces propos s’oppose à la réalité.

Les dernières affaires de corruption ont pour la plupart été révélées par les enquêtes journalistiques. Selon la chaîne de télévision britannique BBC, dans une enquête publiée le 02 juin 2019,  Aliou Sall, le frère du président Macky Sall, aurait touché des pots-de-vin à l’occasion de l’attribution de concessions pétrolières et gazières dans les eaux sénégalaises. Selon cette enquête sérieuse, Aliou Sall, tout à la fois directeur de la Caisse des Dépôts et de consignation, président de l’association des maires du Sénégal,  président de la Banque de Dakar, maire de la ville de Guédiawaye, actionnaire du Sahel aviation, aurait reçu une somme 250 000 dollars de la part de l’homme d’affaires roumano-australien Frank Timis via la société Petro-Tim.

Alors au regard des scandales récents qui ont émergé, sur le pétrole, le gaz ou les trains express, les TER, comment ne pas conclure à une incohérence entre le discours et la pratique, entre les intérêts de quelques uns et l’intérêt de tous, entre les intérêts d’un clan et l’intérêt de la nation, entre le comportement politique et le comportement éthique. Chaque accord signé entre les dirigeants du Sénégal et les multinationales étrangères devient suspect. Les premiers ne perçoivent plus l’action publique que comme un moyen de s’enrichir personnellement, eux et leur proches, au détriment du pays lui-même. Quand Macky Sall nomme un beau-frère dans le gouvernement quel signal donne-t-il à la nation ? Il faut plus montrer du doigt les multinationales ou les sociétés étrangères, la première responsabilité revient aux dirigeants politiques africains. Les premiers responsables de la pauvreté en Afrique sont nos dirigeants.

La corruption en Afrique n’est pas une fatalité la Namibie (53ème) se classe juste devant l’Italie, le Cap Vert et le Rwanda (48ème) sont juste derrière l’Espagne, mais la question est de savoir si le Sénégal veut avancer dans ce classement des pays les plus corrompus, ou s’il accepte de s’enfoncer dans ce classement de la honte. La première mesure forte, essentielle, à prendre, est d’assurer une indépendance pleine et entière à l’organisme OFNAC comme aux magistrats du pays.

(1) Rapport sur l’indice de perception de la corruption 2018 de Transparency International

 

Kab Niang
Email : niangkab1988@gmail.com

PARTAGER

FAIRE UN COMMENTAIRE

SVP faire un commentaire !
SVP entrer ici votre nom