En France, ce festival est le plus cher et, paradoxalement, se remplit plus vite que les autres spectacles

C’est à une vitesse record – moins de deux heures – qu’ont été écoulés les 55 000 passes pour les trois jours que dure le Hellfest, rendez-vous des musiques extrêmes qui se tient du 21 au 23  juin à Clisson (Loire-Atlantique)

Apparue sous ce nom en 2006 en rassemblant 22 000 personnes, la grand-messe des métalleux a vu sa fréquentation multipliée par huit au fil des ans pour se hisser au troisième rang des festivals payants de musiques actuelles en France, avec 60 000 spectateurs par jour. Un succès qui mérite explications de la part de son fondateur et directeur, Ben Barbaud.

Quel est le modèle économique du Hellfest ? Peut-on parler d’un « Vieilles Charrues du metal » ?

C’est vrai que cette histoire est la même que celle des Vieilles Charrues : je suis clissonnais depuis l’enfance, j’étais grand fan de punk-hardcore et je ne voyais jamais d’artistes venir chez moi. Quand je suis allé voir les élus locaux, je n’allais pas leur dire qu’on allait organiser un mégafestival de metal. Cette musique est trop clivante, les métalleux ont une image de buveurs de sang et d’égorgeurs de cochons, et les élus ne veulent pas se mettre à dos leur électorat.

Pour les rassurer, je leur ai parlé des Vieilles Charrues, un festival connu, en sachant que je ne pourrai pas compter sur des subventions. Elles représentent aujourd’hui une part infime : 25 000 euros versés par le département, sur un budget de 27 millions. Les 35 000 euros de la région nous ont été sucrés en 2016 après l’élection de Bruno Retailleau à sa présidence.

La 14e édition du festival des amoureux du metal, le Hellfest 2019, se déroule depuis jeudi à Clisson. Hier, la soirée a été marquée par l’absence plus que remarquée des vétérans américains de Manowar, qui ont planté au dernier moment les organisateurs pour un désaccord sur le spectacle qu’ils avaient prévu de donner sur la grande scène du festival. Une annulation aux causes encore mystérieuses, alors que le groupe se trouvait au Hellfest la veille, qui a plongé les fans dans le désarroi et la colère pour certains, exprimée sur les réseaux sociaux sans discontinuer jusque tard dans la soirée.

Mais la programmation du Hellfest et le spectacle a finalement pris le dessus avec le retour sur le festival, 10 ans plus tard, du groupe de metal progressif Dream Theater, des frenchies Lofofora, No One Is Innocent, Ultra Vomit, Mass Hysteria, ou encore Gojira. C’est le groupe de pop punk canadien Sum 41, qui aura finalement fait office de super guest de cette soirée. Ils seront suivis ce soir et demain de Kiss, ZZ top, Slash, Phil Ansemo…

Programmation 2019 du Hellfest : ce qu’il ne faut pas manquer

La programmation du Hellfest promet comme à son accoutumée la présence des plus grands rockeurs de ce monde. Les légendaires Tool feront escale pour la première fois sur les terres clissoniennes, et auront l’honneur de clore cette édition 2019 le dimanche 23 juin, entre minuit 20 et 2h05 ! Les adieux de Kiss, le retour de Slash avec Myles Kennedy and the Conspirators, la découverte de Richie Kotzen, que ne faut-il pas manquer de la programmation du festival le plus en vu de la planète métal ?

Des campements qui grandissent d’année en année

C’est le cas de la bande de François-Xavier et Sinouhé, dont les membres arrivent des quatre coins de la France. “On a commencé avec quatre ou cinq tentes, et maintenant on a une vingtaine de tentes, trois tonnelles… et ça s’agrandit ! Et ceux qui viennent cette année viendront l’année prochaine avec de nouvelles personnes,” raconte Sinouhé, le local – il habite Landemont qui domine l’assemblée en bout de table, sertie de cadavres de bouteilles de bière.

Y en a qui boivent des substances alcooliques, c’est sûr, reconnaît en souriant François-Xavier. Mais vu qu’on se voit qu’une fois par ans, on se raconte nos vies, ce qu’on fait le reste de l’année. Parce qu’on vit pas toute l’année au Hellfest !” ajoute le Lannionais.

La réunion d’amis de tous pays

Le camping du festival de Clisson est un lieu où se sont rencontrés de nombreux amis. “C’est un peu notre point de rencontre entre amis venus de toute la planète,” explique David, qui fête aujourd’hui son anniversaire en compagnie de Canadiens, Français, Australiens, Suédois et Norvégiens.

La troupe, abritée sous une tonnelle assortie d’un gigantesque drapeau suédois, se retrouve ici comme chaque année. “On s’est rencontrés ici,” ajoute le Londonien, qui entame un verre de whisky-coca. “Depuis, on se retrouve ici chaque année en juin. On s’est pas revu depuis cet hiver dernier à Gdansk (Pologne), où on a aussi participé à un festival,” rebondit Thomas, arrivé de Trondheim deux jours plus tôt.

“C’est pas que la musique, ce sont les rencontres”

Le Norvégien au bras noirci d’encre, qui participe depuis 2009 au Hellfest confie que ce sera sa dernière édition, même s’il conséidère qu’il se bonifie d’année en année : “je fais énormément de festivals métal en Europe, et le Hellfest est l’un des meilleurs avec le Wacken en All. Ils s’investissent énormément pour le bien-être des festivaliers.”

On boit, on discute, on fait du Brutal caddie, on va au Macumba. (…) J’adore.

A côté, Henrik abonde en son sens. “Pareil. Je deviens trop vieux pour ces conneries, souffle le Suédois. Pour moi, le Hellfest c’est pas que la musique, c’est aussi les rencontres,” glisse-t-il avant d’être interrompu par les railleries de ses amis. “On achète tous un an à l’avance nos tickets, sans même connaître la programmation, on sait qu’elle géniale chaque année de toutes façons. Ca devient secondaire : l’essentiel c’est de se retrouver.”

Eux aussi se sont connus en festival. Vêtu d’une armure de style pagan en suir, Yohan erre dans les allées du camping avec ses amis Max et Simon. “Le Hellfest c’est avant tout passer un putain de bon moment avec des copains,” résume Max, de Saint-Nazaire, les traits tirés et la voix cassée par le Knotfest de la veille.

Le Macumba, la boîte de nuit du camping

Yohan cherche tout d’abord une excuse, avant d’avouer qu’il l’aime quand beaucoup, ce camping. “On peut pas passer à côté. En faire le tour, rencontrer les gens, j’adore, sourit le Vendéen en armure. On boit, on discute, on fait du Brutal caddie. [un duel où deux personnes montées dans des caddies sont lancées à toute vitesse l’une contre l’autre, le premier par terre perd, NDLR] On va aussi au Macumba le soir. C’est une sorte de boîte dans le camping qui ouvre à la fin des concerts vers 2 heures et qui passe des sons des années 1980. On pogote là-bas, j’adore.”

Les trois copains comptent rester quelques heures au milieux des tentes, avant de bouger à 15 heures vers le site. “Je compte commencer sur la Main stageavec Godsmack. C’est du heavy métal plutôt… doux. On commence doucement. C’est parfait pour commencer un festival,” préconise Max.


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