En Guinée-Bissau, une mystérieuse hécatombe de vautours inquiète les populations

Le gouverneur de la région de Bafatá, Dundu Sambú, a déclaré que les autorités régionales n’avaient pas encore expliqué les causes de la mort de plus de 200 vautours ces derniers jours dans cette région orientale de la Guinée-Bissau. 

Dans l’interview exclusive avec l’hebdomadaire O Democrata, Sambú a déclaré que le gouvernement régional avait déjà créé une équipe de “réponse rapide” qui travaille pour surveiller et sensibiliser les populations afin d’empêcher tout contact possible avec les vautours trouvés morts dans les bois et autour des maisons.

Le plus grand flux de décès de vautours est enregistré davantage dans les secteurs de Bafatá, Bambadinca et Xitole. Selon le populaire, c’est la première fois que le phénomène se produit dans cette région, fait qui suscite d’énormes inquiétudes.

Les autorités régionales ont déjà communiqué au gouvernement central, en particulier aux ministères de la santé publique et de l’agriculture et des forêts. Les informations recueillies sur le terrain indiquent que les autorités régionales attendent l’arrivée d’une équipe technique pour examiner des dizaines de vautours.

Le gouverneur a expliqué au journal O Democrata qu’il avait réuni son cabinet d’urgence aux directions régionales de la santé et de l’élevage pour analyser le phénomène. Il dit d’adopter des mesures de précaution par le biais d’une sensibilisation de la population pour éviter le contact avec les vautours morts et ne pas permettre aux animaux domestiques de s’approcher ou de se nourrir des oiseaux, afin d’éviter toute contamination. 

Cause encore inconnu selon Gouvernement

Dundu Sambú a déclaré que le gouvernement régional, jusqu’à présent, n’était pas au courant de la cause de la mort des vautours, il a donc concentré son action sur la sensibilisation à travers des programmes radio pour conseiller les populations sur la manière de traiter les vautours morts.

«Nous avons créé une équipe d’intervention rapide qui comprend des éléments de mon bureau, du poste de santé régional, du bétail, de la police de l’ordre public, de la garde nationale et des forces armées. Cette équipe travaille davantage sur la collecte d’informations sur les zones où sont enregistrés le plus de décès de vautours, ainsi que sur la sensibilisation de la population afin d’éviter tout contact direct avec ces oiseaux », a-t-il déclaré.

«La zone la plus touchée est le secteur de Bafatá. Ce matin, nous avons appris que des vautours avaient été retrouvés morts dans le bol «Sintcham Bonko». Dans le secteur de Bambadinca, nous avons également des informations selon lesquelles 40 cas ont été identifiés. Dans le secteur de Xitole, il y a eu des cas », a expliqué le gouverneur. 

Les dernières données indiquent plus de 240 cas de vautours morts. Sambú demande à la population de se calmer et assure aux autorités qu’elles travaillent pour enquêter sur les causes du phénomène.

À ce sujet, le chef central de la région de Bafatá, Seco Sidibé, a expliqué au journaliste d’O Democrata que c’était la première fois que des vautours à grande échelle étaient enregistrés dans cette région. Il a donc exhorté les autorités régionales, en particulier les administrateurs de secteur, à travailler en coordination avec les structures locales pour la récupération des cadavres.

Il a demandé la collaboration du pouvoir traditionnel dans les zones touchées, en particulier pour sensibiliser les communautés afin d’éviter le contact avec les oiseaux morts et de s’assurer que leurs animaux domestiques ne les mangent pas.

Il convient de noter que le gouvernement guinéen a déjà publié une déclaration. Dans le document, il informe qu’il fait des efforts, par le biais des ministères de l’agriculture, de l’administration territoriale de la santé et du secrétaire d’État à l’environnement, pour identifier la cause de la mort des vautours. 

Dans la déclaration, il a promis que les techniciens collecteraient les échantillons pour les tests de laboratoire et que les cadavres des animaux seraient correctement incinérés, après avoir appelé la population à ne pas consommer la viande d’un oiseau ou d’un autre animal décédé dans des circonstances inconnues.

Un grand nombre de vautours menacés d’extinction

Selon le site associatif oiseaux.net, on trouve dans le pays cinq espèces de vautours : le vautour à tête blanche, le vautour africain, le vautour charognard, le vautour de Rüppell, le vautour percnoptère. 

Six des 11 espèces de vautours vivant en Afrique sont menacées d’extinction, avait alerté en 2015 l’Union internationale pour la conservation de la nature, cité par Sciences et Avenir. Ces oiseaux “sont également victimes des traitements antibiotiques ingurgités par les animaux domestiqués”, rapporte le site du journal.

Autre menace : les braconniers qui empoisonnent les animaux (éléphants, rhinocéros…) qu’ils pourchassent pour leurs cornes. Car les vautours, qui sont des charognards, tournent autour des carcasses braconnées, pouvant ainsi révéler la présence des bandits.

Par ailleurs, ces rapaces sont “chassés pour le commerce (de) parties de leurs dépouilles pour la médecine traditionnelle”, précise Sciences et Avenir.


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