Eumeu Sène, l’histoire d’un long parcours parsemé d’embuches

Le 28 Juillet restera gravé dans la mémoire de tous les amateurs de lutte, mais surtout de celui qui viens dêtre consacré nouveau roi des arènes : MAMADOU NGOM alias EUMEU SENE ! Champion d’Afrique à 17 ans et Roi des arènes à 40 ans ! Un long parcours fait de haut et de bas ! Voici l’histoire du leader de “TAY SINGHER”

LE REVENANT

L’histoire d’Eumeu Sène fourmille de retournements de situation à peine croyables, à l’image de son combat contre Gris Bordeaux, le 6 mars 2011, qu’il remporta après avoir frôlé la correction. Mamadou Ngom, à l’état civil, le lutteur au parcours sinueux, porte le nom de son grand père, Eumeu Sène Gueye, dans le milieu de la lutte. Né d’une famille de lutteur et dans une localité de lutte à Pikine, Eumeu Séne, jeune tôlier d’alors, va faire ses armes dans les ‘’mbapatt’’ combats nocturnes. Doté d’une technique hors norme et d’une force physique naturelle, malgré sa petite taille (1m 75), il ne tarde pas à s’imposer dans ces combats de quartier. A 17 ans seulement, il va surprendre plus d’un avec sa technicité et sa vitesse d’exécution. Des qualités qui vont conduire le jeune frère de l’ancien ‘’faux lion’’, Pape Ngom en équipe nationale pour les championnats d’Afrique de lutte aux côtés du futur ‘’roi’’ Yékini.

Auréolé avec le titre de champion d’Afrique, il éclot et devient la pépite de la grande écurie de ‘’Pikine’’ composés des ténors comme, Baboye, Mansour Diop, Ousmane Cissé… Après des victoires sur des lutteurs considérés à cette époque comme les ‘’princes’’ de la lutte avec frappe, Ouza Sow, Bassirou Gaye, Mbodji Diarra et Mbaye Diouf, il verra sa montée fulgurante arrêtée en avril 2004, par Gris Bordeaux. La défaite la plus dure de sa carrière. ‘’C’est le combat perdu qui m’a fait le plus mal’’, avoue-t-il. Il quitte l’écurie Pikine après ce revers pour celle Haal Pulaar, avant de rejoindre Bul Faalé de son idole Mohamed Ndao ‘’Tyson’’.

LE RENOUVEAU

Sous la coupe de son mentor, Tyson, peint comme une personne ‘’rigoureuse’’, ‘’sérieuse’’ et ‘’professionnelle’’, Eumeu Sène prendra un nouvel envol. Il apparaît rarement sur la place publique et se consacre à fond à sa carrière. Le lutteur ne fait que s’entraîner et dormir. Chose payante car, il fera un come-back en force. Avec ses belles victoires sur Soulèye Dop alias ‘’Hollyfield’’ et Zale Lô, il finit par se repositionner sur l’échiquier de l’arène comme dans l’écurie Bul Faalé en prenant la place de lieutenant poussant Coly Faye vers la sortie. Dans une bonne dynamique d’ascension, Eumeu va créer la sensation, le 08 mars 2008, en battant le ‘’lion’’ de Guédiawaye, Balla Gaye II à plate couture. Il est propulsé maintenant dans le cercle restreint des ‘’VIP’’ de l’arène.

TAY SHINGER, PLUS QU’UN MOT, UNE ÉCURIE

Les milliers d’amateurs au soir de ce 8 avril feront la connaissance d’un nouveau mot ‘’Tay shinger’’. ‘’C’est un cri de guerre, un cri de lion’’, explique Eumeu Sène. Après des débuts en fanfare dans l’arène et une évolution au ralenti, Eumeu Sène a confirmé son nouvel élan de vitesse dans son combat revanche contre son bourreau de 2004, Gris Bordeaux. Dominé aux points, Eumeu retourne la tendance. ‘’On refusait de me donner la place qui me revenait’’, déclare l’ancien lieutenant de Tyson. Auréolé par sa nouvelle victoire contre Gris et de son envie d’en découdre avec le ‘’Roi’’ des arènes Yékini, la minuterie d’une explosion de Bul Faalé déclenche loin des yeux et oreilles indiscrets. Son combat annoncé avec Modou Lô mettra à nu les problèmes internes de gestion et d’organisation de l’écurie qu’on pensait alors la plus structurée.  »L’homme au grand cœur », selon le lutteur Pape Cargot, perdra son sourire jovial après être  »victime d’abus de confiance » par le secrétaire général de l’écurie Bul Faalé, Momar Kâ dit Atta Diatta. Une affaire qui annonce l’orage dans l’écurie, puisque Eumeu sera traîné devant les juridictions par le promoteur Luc Nicolaï, et le procès est toujours en cours car étant à chaque fois renvoyé. Dans cette atmosphère de doute, Eumeu gèle ses activités avec son écurie  »Bul Faalé », puis quitte définitivement cette structure de son ancien mentor Tyson pour créer sa propre formation ‘’Tay shinger’’. Pour réussir son nouveau pari et aller à la conquête du titre de  »roi » des arènes, il s’est fait entourer par son grand-frère, Pape Ngom, et quelques anciens de Pikine. Appelé  »Sopi Khalat » (le futé) par les membres de son écurie, vu ses bagages techniques, Eumeu Sène devra sortir le grand jeu pour ne pas rater sa première sortie sous les couleurs avec  »Tay Shinger ».

ROI DES ARÈNES A 40 ANS

Sa détermination et son courage ont fini par payer. Ce samedi 28 juillet 2018, il a ouvert une nouvelle page de son histoire. Il a terrassé Bombardier et s’est emparé du prestigieux titre de roi des arènes.