Facebook veut aussi lutter contre la désinformation dans la santé

Sur le réseau social, les conseils douteux en médecine prolifèrent. Pour éviter que ces publications apparaissent trop souvent dans les fils d’actualité des internautes, le réseau social a amélioré son algorithme.

Pour soigner un cancer, faut-il opter pour une mixture à base d’aloe vera, de gingembre et d’ananas ou des graines de nigelle? Sur Facebook, il ne faut pas chercher longtemps avant de tomber sur des conseils douteux, voire dangereux, en matière de médecine. Récemment, deux articles publiés dans la presse américaine, The Washington Post et The Wall Street Journal , ont pointé du doigt l’existence de nombreux groupes dédiés à ce genre de contenus. Facebook a réagi dans un communiqué publié hier sur son blog, dévoilant avoir modifié son algorithme de classement le mois dernier. Le but étant que les publications de santé douteuses apparaissent moins souvent dans les fils d’actualité de ses utilisateurs.

«Il est impératif que nous minimisions les contenus liés à la médecine qui sont sensationnalistes ou fallacieux» écrit Travis Yeh, chef de produit de Facebook, sur le blog officiel du réseau social. La firme précise qu’elle a amélioré son algorithme en deux temps, en réduisant d’une part «les publications avec des affirmations liées à la santé qui sont exagérées et racoleuses» et d’autre part «les messages qui tentent de vendre des produits ou des services basés sur des affirmations de santé». Facebook explique également qu’il va adopter le même modus operandi qu’en 2017 pour les «clickbait», ces titres et contenus de pauvre qualité comme «Tagguez un ami qui mange sans fourchette» ou «Likez si vous êtes un vrai fan de Dick Rivers». À l’époque, le réseau social avait soumis des milliers de messages de ce genre à une intelligence artificielle. Cette dernière était ainsi en mesure de repérer les «clickbait» et de réduire leur portée dans les fils d’actualité. Facebook va donc procéder de la même manière pour les messages douteux liés à la santé.

Ce n’est pas la première fois que Facebook prend des mesures dans le domaine de la médecine. En début d’année, le célèbre réseau social a annoncé qu’il allait lutter contre la diffusion des messages anti-vaccins sur sa plateforme. La firme avait alors décrit la même approche que pour les «clickbait» et les messages douteux liés à la santé, soit réduire la visibilité des publications anti-vaccins dans le fil d’actualité et dans le fil de recherche. En février 2019, les «fake news» sur la vaccination sont devenues un problème sur d’autres plateformes, comme le site de partage d’images Pinterest. Ce dernier avait alors réduit la visibilité des posts de désinformation sur le sujet. YouTube, la plateforme de vidéos de Google, et Facebook lui avaient ainsi emboîté le pas.

YouTube s’engage également

Facebook n’est pas le seul à héberger des messages douteux liés à la santé: les articles du Washington Post et du Wall Street Journal évoquent des problèmes similaires sur YouTube. Par exemple, en tapant «cure for cancer» (littéralement «remède contre le cancer») sur la plateforme de vidéos de Google, le journaliste du Washington Post est tombé sur deux vidéos douteuses et pourtant très populaires parmi les meilleurs résultats. La première, visionnée plus de 1,4 million de fois, explique comment le bicarbonate de soude permettrait de guérir du cancer. Pour la seconde, qui comptabilise 7 millions de vues, il s’agit d’une interview où un soi-disant «expert» de cette même maladie raconte comment il est possible de guérir du cancer à l’aide d’un régime alimentaire qui alcalinise le corps, c’est-à-dire qui réduit le niveau d’acidité de l’organisme.

Mais YouTube semble peu à peu remédier au problème. Le journaliste du Washington Post a pour la première fois cherché «remède contre le cancer» en mai 2019. Mais lorsqu’il a retenté l’opération un mois plus tard, il a remarqué que les résultats étaient totalement différents. Les deux vidéos aux millions de vues (celle sur le bicarbonate de soude et l’interview) étaient toujours en ligne, mais n’apparaissaient plus parmi les premiers résultats. Le Washington Post a alors appris que YouTube cherchait actuellement pour faire remonter les sources vérifiées pour des recherches comme celles sur le cancer. Le service de vidéos travaille également avec des médecins pour améliorer les résultats sur ces sujets.

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